les Autres

Blocage Extérieur

zoom-when-you-see-it-4-LOn peut oublier son passé, ne plus vouloir vivre avec tous les jours, mais il faut que les proches puissent faire de même. On me demande de ne plus y penser mais je souhaiterais que tout le monde le fasse, pour ne pas sentir cette impression de continuer à se traîner un boulet aux pieds parce qu’avec le recul on a pris les mauvaises décisions, les seules qui semblaient bonnes à l’instant X.

Etre bloqué dans la voie que l’on souhaite prendre à cause d’éléments du passé que les autres ne peuvent oublier est encore plus frustrant quand on a soi-même effectué la phase de deuil nécessaire. Et qu’on souhaite rebondir, aller de l’avant, profiter à nouveau, comme en l’an 40, ou en l’an 2000. Mais réaliser que quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, on restera prisonnier de son passé aux yeux des autres pendant un temps indéterminé. Reste dans tout cela tout de même la force que l’on ressent face à la victoire de passer outre ses propres erreurs.

Vivre, c’est juste faire acte de présence

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Passer son temps à se reconstruire, années après années. A se reconstruire une vie, à se reconstruire soi-même avant tout. Passer son temps à se reconstruire, mais surtout prendre son temps pour le faire. Se répéter avec un accent italien empli de candeur que la vie est belle après tout, même sans trop y croire. Mais se le dire, s’en persuader. Pour oublier ses aspects rugueux qui écorchent la peau et les organes internes. Ses irrégularités qui égratignent le corps, le cœur et l’esprit.

Jours après jours, semaines après mois, après années, rebâtir sa pyramide de Maslow dévastée ; retrouver une certaine confiance en soi, un besoin de se sentir aimé, de compter pour quelqu’un. Et puis se jurer, qu’ô grand jamais personne ne nous fera plus jamais de mal. Que personne ne nous fera plus souffrir. Le fait d’avoir souffert pour plusieurs et pendant plusieurs années rend bien moins tolérant à la violence psychologique. Le fait d’avoir assez donné de sa personne pour sentir qu’une peine plus grande qu’une autre pourra nous briser, à jamais.

Alors petit à petit on se sent mieux. Pas encore forcément bien, mais déjà mieux. On commence à pouvoir regarder les autres en face et les voir autrement que des ennemis destinés à nous rendre la vie détestable. On se surprend à sourire, rire même. En se forçant au début, puis en prenant le pli, le faisant par réflexe défensif et – se rendant compte qu’il est bien mieux vu qu’un hochement de tête approbateur – on finit par l’adopter, par habitude plus que par véritable envie.

Et puis vint le jour où l’on se croit prêt. Prêt à profiter de la vie, comme tous ces insouciants qui courent les rues et les jardins. Prêt à vouloir refermer les blessures du passé, prêt à les laisser au fond du placard en se disant qu’elles n’étaient que de mauvais rêves. Se dire que finalement la vie vaut peut-être le coup d’être vécue et balayer d’un revers de la main ce qui servait encore pourtant à nous faire prendre compte des erreurs passées pour ne plus les commettre par la suite. Ne jamais faire confiance aux Autres, jamais.

Mais on recommence, on se laisse vivre, on se laisse avoir donc. C’est là que l’on se rend compte qu’on ne pourra jamais être de nouveau prêt. S’abaisser à vouloir être heureux n’est ni plus ni moins qu’un piège monté de toutes pièces par les aléas de la vie. Faire confiance à quelqu’un, quel qu’il soit, n’est au final qu’un lancement d’un compte à rebours de bombe qui ne préviendra jamais quand il fera exploser votre vie, vos espoirs et vos perspectives d’un avenir heureux.

Facebook et ses perdants

C’est lorsque j’espionne les murs d’anciens collègues d’école/collège/lycée que je sens une intense satisfaction personnelle monter… Ceux qui en ont fait le plus baver sont aussi ceux qui sont les moins intéressants aujourd’hui… =D !
C’est en voyant ce statut Facebook de mon adorable (et adorée) Julie que j’ai réalisé cette vérité qui me trottait pourtant depuis un bon moment dans l’esprit. Quelle satisfaction revancharde de voir que ceux se croyant les représentants de Dieu sur terre pendant leurs années bénies du collège sont ceux qui en ont tiré le moins d’enseignements. Tous ces petits roquets qui pensaient réduire les autres à des moins que rien par des mots parfois, des actes souvent, ne se sont pas rendus compte qu’il leur faudrait dépasser ce stade pour devenir quelqu’un de respectable.

Plus qu’une satisfaction, c’est une véritable jouissance de se sentir revivre par le biais de leur situation actuelle ; qu’ils soient kikoolol, filles se prenant en photo avec leur portable face à un miroir, garçons ne sachant pas aligner deux mots sans y glisser une demi-douzaine de fautes d’orthographe, motards musclés semblant pratiquer une sorte de diététique du cerveau, ou ayant volontairement oublié de l’alimenter.

Mais le plus jouissif n’est-il pas de ressentir cette certaine revanche sur la vie pendant que ces anciens coupables ne se rendent pas même compte de leur propre échec ? Rendant imminent le pic de leur inintéressante actuelle, accumulée au fil de ces dernières années, passées à me reconstruire à partir des ruines de mon enfance dont la poussière colle encore aux baskets de mes persécuteurs.

Delilah – Partie 1/2

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Jusqu’à l’âge d’à peu près 10 ans, Delilah était une fille tout ce qu’il y a de plus normal. En soit, rien ne la distinguait alors des autres enfants de son âge. Ces dix années passées qu’elle considère à présent comme bénies représentaient alors toute l’insouciance de la jeunesse, sans les préoccupations morales qui ont tôt fait d’apparaître. Elle naviguait sans danger entre sa famille omniprésente et son cercle d’amis, comme n’importe quelle préadolescente sans être alors consciente de l’être vraiment.

10 ans, date marquante de la fin de sa première décennie de vie marquera aussi la fin de sa vie tranquille et insouciante.
Ce tournant radical se concrétise par son passage au collège. On dit souvent que les « enfants » sont stressés à l’approche d’une rentrée dans un nouvel établissement scolaire. Delilah ne l’était pas car elle était confiante, elle se sentait bien dans sa peau malgré ses rondeurs et affichait toujours un sourire radieux qui n’était à cette époque pas mensonger.

Delilah rentre maintenant dans un monde qui lui était alors inconnu. Un monde où seul le physique peut plaire, au détriment des facultés intellectuelles. Le monde des bimbos d’il y a une dizaine d’années, pourtant moins poussé à l’exagération qu’il peut l’être de nos jours. C’est dire. Elle qui ne s’était jamais souciée plus que ça de son physique, vestimentaire comme corporel, vient de se prendre une claque, et une belle.

Pendant quatre années, Delilah va subir brimades, mise à l’écart et humiliations. Belle claque car elle n’avait jamais imaginé de pareilles conduites et de pareils ressentiments dans lesquels elle vient de plonger à la manière d’une douche froide. Brusque et désagréable sous bien des aspects.

Prétextant que Delilah était une enfant « pas comme les autres » de par son goût pour les livres d’Agatha Christie quand les filles de son âge lisaient les magazines people en se panant sur les posters des LinkUp et par son corps quelque peu rondouillard, les filles de sa classe la dénigraient, ne la laissant jamais faire part de leurs groupes sauf quand elles y gagnaient et les garçons la pointant du doigt le jour et la frappant à la tombée de la nuit lorsqu’ils rentraient de cours.

Elle ne s’en remettra jamais. Son sourire était toujours là mais avait perdu de son éclat. Il ne voulait plus rien dire mais servait à afficher une certaine candeur qu’elle avait l’impression d’avoir perdue à jamais.

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Fuck Them All.

Continuer de manger, encore et encore. Quoiqu’à ce rythme là ce n’est plus manger mais simplement se goinfrer. Manger pour remplir un corps et un esprit vides de tous sentiments, de toute culpabilité mais surtout pas de désespoir. Roxane a 12 ans et la tristesse qui lui ronge les entrailles. Tous les matins avant de retourner au collège, elle s’arrête à la boulangerie au coin de la rue pour acheter bonbons, chocolats et autres gourmandises. Et ce pour deux raisons bien distinctes.

La première, pour manger pendant les cours. Chaque jour, elle cache de la nourriture dans sa trousse pour grignoter pendant les cours de mathématiques ou de français qu’elle écoute d’une oreille plus que lointaine. Tous les jours, elle ingurgite une quantité énorme de nourriture, la rendant encore plus difforme qu’elle n’est déjà, mais elle n’y fait même plus attention. En tout cas elle le pourrait très bien si ses camarades ne le lui rappelaient pas à longueur de journée. A quel point elle est laide, pataude et idiote.

La seconde raison, évidemment liée à la première, pour laquelle elle ne fait que dépenser son argent en victuailles, est que de cette façon, elle peut en offrir à ses bourreaux, espérant qu’ils lui seront redevables et deviendront ses amis. Ce sera peine perdue, mais elle ne le sait pas encore. Ces derniers ne sont jamais de reste pour venir lui demander des chocolats et des confiseries. Ils lui sourient et elle leur rend la pareille, enchantée de voir tant de gentillesse autour d’elle. Elle n’en a vraiment pas l’habitude ; aucune chance qu’elle en soit un jour blasée. Mais comme à chaque fois ses poches vides d’avoir tant donné, elle redevient tantôt dans l’ignorance, tantôt cible de la méchanceté de ses compagnons de scolarité.

Le lendemain, elle ira de nouveau dépenser ses francs auprès de la boulangère du coin qui la regardera d’un œil torve en guise de compassion et d’impéritie, envers cette jeune fille qui sera marquée à jamais par ces années de tourment.

I think I’ll wait another year …

La_Defense_10_by_Eddy_C

Je ne suis pas aussi courageuse qu’on le pense. Mais, mine de rien, la vie n’est pas aussi difficile quand je ne bois pas. J’ai mes amis et mes études. Je vais commencer à payer moi-même les factures. Je prends de la maturité et j’emmagasine des connaissances petit à petit.
Je vais attendre encore une année.
Je n’ai pas envie de me laisser rouiller et rendre les choses encore plus difficiles qu’elles ne sont. Et puis j’ai seulement 19 ans. Ma grand-tante est morte à 94. Ca me laisse encore un bout de temps si j’arrête de fumer.
Je pense que je vais attendre une année de plus.
Je ne veux pas laisser les Autres interférer. Mais je veux les garder auprès de moi, pour conserver le meilleur de tout ça. Les amis qui comptent sont ceux qui s’effacent mais il suffit simplement de prendre du recul pour comprendre. Pour les comprendre.
Mais je crois que je vais attendre encore un peu.
Tu disais que tu m’aiderais à reprendre de la confiance en moi mais je sais que ça prendrait bien trop de temps.
Je pense que j’attendrai bien encore une année.

Ce sera la meilleure et la plus belle année, à jamais.