Roland Garros

Roland Garros, mon Amant. [3/2]

Troisième article, sur deux prévus initialement. Un premier sur ma passion de toujours, le tennis, un deuxième sur le tournoi de Roland Garros en lui-même, côté spectateur. Et aujourd’hui un troisième et pour le moment dernier, toujours sur Roland Garros, mais côté staff cette fois-ci.

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Car derrière cet événement mondialement connu, des milliers de collaborateurs et hommes de main agissent dans l’ombre. Des arbitres aux journalistes, en passant par les hôtesses d’accueil, les vendeurs en tous genres, les policiers apprêtés pour l’occasion, les ramasseurs de balles, la sécurité intérieure et extérieure, les restaurateurs et les logisticiens, entre autres, car il me serait impossible d’en faire une liste exhaustive. Les célébrités que sont les tennismen et women ou encore les spectateurs et spectatrices à la Pippa Middleton ont en général tôt fait d’éclipser tout ce bas monde, difficile de dire si cela est à raison ou non. L’envers du décor est tel qu’il n’est pas amené à être dévoilé aux visiteurs lambda, dans l’optique légitime de maintenir la vision idéaliste et magnifique qu’est ce tournoi du grand chelem. Mais ne vous méprenez pas, travailler à Roland Garros n’a rien d’un enfer (avec un seul L à Roland s’il vous plait, tout le monde semblant s’être mis d’accord pour détruire ce prénom), cela reste juste un travail.

Et quoi de plus agréable pour un/une passionné(e) de tennis d’aller chaque jour fouler des pieds ce stade ? Comme de brandir son accréditation à l’entrée avec le moins de fierté possible ? De prendre son temps, avant de reprendre le travail, à la terrasse d’un stand Nespresso tout en écoutant un orchestre jouer la bande son de Super Mario ? Tout simplement de ne pas trainer les pieds en aller au travail, et ça, ça n’a pas de prix.

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Roland Garros, mon Amour. [2/2]

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Il fait chaud, très chaud sur le court Philippe Chatrier. Gaël Monfils frappe à loisir ses balles en direction du public, qui en redemande. Le tennisman prend plaisir à jouer, et cela se voit, sans savoir que son prochain match lui sera fatal. Un peu plus loin, un autre lieu, un autre jour, Nadal fait claquer le filet de ses frappes fortes, précises et décisives, n’esquissant un sourire qu’en de très rares occasions. Il aura fait chaud ces deux semaines, mais par intermittence, le soleil ayant préféré se faire discret pour mieux taper sur les épaules et le dos des spectateurs une fois sorti des nuages.

Par temps de pluie ou sous les rayons du soleil, ce sont des milliers de visiteurs qui se croisent dans les allées mitoyennes des dizaines de courts différents de Roland Garros. Dans ces allées, des boutiques officielles à la pelle, vendant souvenirs, boissons, glaces, casquettes, draps de bains, raquettes et balles de tennis. Ce stade entier, aux allures de grand village se satisfaisant à lui tout seul, paraît complètement invisible vu de l’extérieur parisien. Toujours dans ses allées, les visiteurs se promènent entre les matches programmés, tantôt une glace à la main, tantôt une balle de tennis dans la poche, en attente d’être dédicacée. Les Jardins de Roland Garros, le restaurant principal du stade, voit se retrouver sur ses terrasses un flot de spectateurs désireux de déguster une bonne bière fraîche ou un café revigorant dans des verres Nespresso consignés, faisant l’événement fleurer bon l’état d’esprit des festivals.

Aujourd’hui, jour de finale Messieurs, les pas se font plus rapides en direction du court principal, chacun brûlant d’impatience de retrouver au plus vite sa place dans les gradins. Les clans sont faits depuis longtemps, opposant les fans rouges et jaunes et leurs « Vamos Rafa » tonitruants, aux pro-suédois, envieux de voir le champion tomber de nouveau de son piédestal. Les olas vont bon train, comme à chaque match, instants de fièvre entre les minutes de silence réservées aux joueurs à peine la balle lancée en l’air.

Chaque spectateur repartira de Roland Garros des étoiles plein les yeux, que ce soit ceux évanouis à cause de la chaleur ou simplement ceux heureux d’avoir pu assister à de tels matches, réunissant non seulement de grands sportifs mais aussi de fortes personnalités.

Roland Garros, mon Ami. [1/2]

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Ou l’histoire de l’un des plus grands noms liés au tennis connus en France qui n’est même pas tennisman…

Les grands regrets de ma Vie tiennent sur les doigts d’une main. Parmi eux, avoir arrêté de pratiquer le tennis trop jeune.
Aussi loin que mes souvenirs me permettent d’aller, j’ai toujours adoré le tennis et tous les sports de raquettes, pour peu qu’elles soient au bout des poignets et non sous les pieds. J’ai commencé assez jeune dans un club. Malheureusement je me suis très vite lassée. Je trouvais le tennis, que mes camarades et moi pratiquions à nos dix ans, trop scolaire, trop naïf et ludique alors que je le voyais professionnel, comme à la télévision. C’était moi la naïve à l’époque. Je n’ai pas abandonné à cause d’épreuves trop dures mais plutôt car celles-ci n’étaient pas à la hauteur de mes ambitions. Je voulais du spectacle, des coups puissants et une sortie du court en sueur d’avoir tant donné de ma personne. Au lieu de cela j’avais devant mes yeux des heures et des heures de différenciation entre un simple service à la cuillère et un revers, des remises cérémonieuses de balles blanche et jaune et des adversaires qui loupaient mes lancers une fois sur deux. Stupidement, j’ai décidé de stopper toute activité sérieuse concernant le tennis.

Je n’ai pourtant jamais réussi à tourner définitivement la page, continuant d’acheter raquettes sur raquettes et sentir l’odeur particulière des balles Dunlop neuves, prêtes à déraper et chauffer la résine à même le sol. A chaque période de vacances, une force que je ne tentais pas de contrer, me projetait sur les courts de tennis les plus proches. J’y passais des heures. Des heures, en plein soleil du mois de Juillet, tantôt contre un mur, tantôt en simple ou double. J’en ressortais avec une peau brûlante mais avec un soulagement immense, comme émergeant d’un orgasme qui aurait duré quatre heures.

Chaque année, fin mai, je me sens comme le phénix qui renaît de ses cendres. Tout mon corps se remplit à la fois de plaisir et de regrets. Pendant deux semaines, à moins d’une dizaine de kilomètres de chez moi, la Porte d’Auteuil ressort ses plus beaux revêtements, ses meilleurs joueurs et sa plus belle météo pour célébrer la quinzaine de Roland Garros. Qui, pour faciliter le tout, se déroule toujours pendant la période baccalauréat / partiels, rayez la mention inutile.