Waiting For The Barbarians

Deauville Film Festival : 11 septembre 2019

Retour tout d’abord sur ma séance d’hier soir. Bien qu’ayant ma propriété à cinq minutes à pied du cinéma Le Morny, c’était la toute première fois que j’assistais à une séance ici. Il faut dire que ma carte UGC Illimité me pousser à aller au cinéma plutôt en Ile-de-France. J’ai trouvé la salle toute mimi. Il y avait même des fauteuils individuels, trop choupi. Et comme au CID, de la place pour mes jambes de géante ! Je n’ai pas réussi à trouver la capacité de la salle, mais elle était à vue de nez remplie à 98%, pour voir :

Waiting for the Barbarians

On sent dans ce film la grosse production américaine (décors, costumes, acteurs), et ce n’était pas pour me déplaire, après les précédents que je venais de voir. Attention, NE LISEZ PAS LE SYNOPSIS DE WIKIPEDIA car il résume en quelques lignes l’intrigue d’à peu près 1h20 du film sur 1h52. Vous me direz, si un film peut être résumé en quelques lignes c’est qu’il est bien pauvre. Que nenni. Il n’y a pas que le final qui importe, loin de là, mais tout le déroulement et les péripéties qui amènent à cette fin, je ne vous apprends rien. On va dire que ce film nous raconte l’histoire d’un campement britannique en plein désert, qui vit en paix avec le peuple nomade qui est établi dans les contrées (les barbares). Mais les agissements d’un colonel arrivé sur le camp va mettre à mal l’accord tacite de non agression entre les deux camps. Jusqu’à nous faire nous demander qui sont réellement les barbares de l’histoire.

J’ai beaucoup aimé ce film. Les jeux d’ombres et de lumières sont omniprésents, les couleurs chaudes nous emportent véritablement dans ce désert (la photographie au global est magnifique) et les personnages peu nombreux, mais avec des personnalités bien marquées, ont fait que je n’ai pas vu passer le temps. Les quelques plans larges sur les paysages sont superbes, mais utilisés avec parcimonie et Robert Pattinson est vraiment toujours aussi pâle !

Pas de temps pour cette nouvelle journée, où je me suis programmée 4 films !

The Peanut Butter Falcon

Avec Zack Gottsagen (acteur atteint du syndrome de Down qui connaissait les réalisateurs depuis plusieurs années et qui lui ont écrit spécialement ce film pour qu’il joue dans son premier long-métrage), Shia LaBeouf et Dakota Johnson, ce film est une réussite et est pour moi le deuxième coup de coeur que j’ai eu pendant ce festival jusqu’alors. Empli de joie de vivre, le film montre qu’on peut tout aussi bien traiter d’un sujet grave avec légèreté, à travers une quête initiatique. Le trio d’acteur est au poil et semble avoir pris plaisir à jouer. Certains passages sont véritablement comiques (filer un coup de poing à un gosse malpoli, c’est quelque chose qu’on ne voit que trop rarement dans les films !), voire même carrément surréalistes mais rentrent parfaitement dans le cadre établi par le film.

Je suis vraiment contente de cette bonne surprise car je ne sais pas si je serai allée le voir hors du festival. Le public était très réactif et cela faisait également plaisir à voir. Que cela m’a fait du bien de rire un peu après tout le carcan américain des banlieues glauques et ennuyeuses vues dans les précédents films, et je ne dois pas être la seule à penser cela car les applaudissements à la fin de la projection ont duré plus longtemps que la plupart des autres films.

Watch List

Deuxième public au monde à pouvoir visionner ce film, nous assistons à l’enquête d’une mère de famille aux Philippines face au meurtre inexpliqué et gratuit de son mari, découvert avec de la drogue sur lui alors qu’il n’en connaissait et n’en vendait plus. Dur, dès les premières paroles, le film est une production philipino-américaine (ou l’inverse) qui nous donne donc une vision différente de celle mise en avant par les autres films présentés. Ouf, pas de banlieue américaine ici. J’ai pris beaucoup de notes sur l’histoire en elle-même (que je ne souhaite pourtant pas vous spoiler) et peu sur mon avis.

Watch List m’a gênée car l’héroïne est entraînée dans un engrenage qui lui fait perdre de vue l’objectif premier du film : trouver l’assassin de son mari. Vient ensuite une seconde quête qui prend le pas mais le personnage principal ne semble pas se rendre compte de l’évidence et est assez naïve sur certains aspects. La vision du monde tel qu’il est décrit est stupéfiant et a du demander un énorme travail de réalisation mais je n’ai pas été conquise par la façon dont a été menée l’histoire.

Charlie Says

J’avais hâte de voir ce film car je suis assez calée sur les tueurs célèbres, dont Charles Manson. A savoir que ce long-métrage se focalise sur trois des disciples de Manson, alors emprisonnées à vie, qui vont revenir sur cette époque charnière et peut-être, en tirer des enseignements. Boudiou que j’ai trouvé que ce film était lent. J’ai pris plaisir à retrouver deux actrices que j’apprécie beaucoup (dont Merritt Wever), mais à part cela je n’en ai pas retenu grand chose. C’est peut-être en raison du sujet que je connaissais déjà de bout en bout et qui ne m’a pas semblé apporter quelque chose de novateur. Les images sont sans grande prétention et je ne suis pas particulièrement ravie du choix de l’acteur pour incarner « Charlie ». Bref un bof.

American Skin

J’ai fini cette journée chargée en beauté par American Skin, qui me titillait beaucoup depuis que je savais qu’il avait eu droit à une standing ovation de plus d’un quart d’heure lors de sa diffusion au CID l’avant-veille. Et quelle claque. J’ai pris deux pages complètes de notes tellement tout me semblait intéressant à noter.

Tout commence par un contrôle de police dans une banlieue américaine (oui, encore), qui va déraper. Un homme et son fils sont contrôlés et ce dernier est tué par un des policiers. S’en suit un procès où il est déclaré non coupable et une volonté du père de faire justice soi-même en prenant en otage un commissariat, peu importe qui se trouve dedans. J’ai trouvé que créer un climat anxiogène en mélangeant policiers, taulards, civils terrorisés et père à soif de vengeance était une idée de génie. Le tout saupoudré de dialogues et de réflexions pertinentes sur les bavures policières (ce qui n’est pas sans faire écho au cas de Steve en France), le conflit racial, ou encore la place de chacun dans la société. De bons arguments sont en plus portés par les deux camps, ce qui est appréciable et montre une volonté de ne pas prendre partie dans une certaine mesure, quand l’heure n’est pas à pointer du doigt le coupable. Il y a tant à dire sur ce film (l’aspect documentaire travaillé, les acteurs sublimes, la dynamique du montage, la violence de l’altercation policière, etc.) que je résumerais en disant qu’il était haletant jusqu’à la dernière scène et que c’est bien la première fois que j’utilise ce terme depuis le début du festival. Je vous invite véritablement à aller voir ce bijou dès qu’il sera disponible en salles.

Fiou, j’espère avoir un peu plus de temps libre demain car depuis quelques jours c’est vraiment du sport !

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Deauville Film Festival : 10 septembre 2019

 Normalement, la journée la plus froide de la semaine – ce lundi – est derrière nous ! Ce n’est pas que je passe le plus grand de mon temps à l’extérieur, bien au contraire vu le contexte, mais je ne serais pas contre passer un peu de temps à me promener sur la plage (ce sont quand même mes vacances estivales mince !).

Je pensais vraiment voir tous les films en compétition mais je ne suis sciemment pas allée voir Bull ce matin. Il y était question d’un ancien torero dans un quartier défavorisé, et franchement ça ne faisait pas vraiment partie de mes aspirations. J’essaye d’être le plus ouverte possible et c’est également cela que j’apprécie et j’admire dans un festival : pouvoir voir des films différents, être surpris et sortir de ses préférences. Pour autant, j’ai préféré aller voir le second festival du coin qui se déroule en même temps : le festival Off-Courts de Trouville, dédié aux courts-métrages.

Bon en fait, ça c’est ce que j’avais écrit ce matin en me levant. Mais motivée par l’esprit du festival (et réveillée tôt comme d’habitude), je suis allée faire quelques emplettes à Trouville, suis passée vers Off-Courts (mais les courts-métrages sont plutôt diffusés l’après-midi, en même temps que les films en compétition à Deauville) et ai pris le bac pour rallier Deauville. Il était peu de temps avant la diffusion de Bull et j’ai donc décidé d’aller assister à la projection.

Avant d’aller plus loin, je suis très fière de vous annoncer qu’à défaut d’avoir trouvé un tableau peint avec un goéland argenté, j’ai pu me procurer à l’Office de Tourisme de Trouville une peluche de mouette. C’est un bonheur simple à mes yeux que je souhaitais souligner.

Bull

Bien que la réalisatrice n’ait pu être présente, cette dernière nous a toutefois laissé une petite vidéo de présentation de son long-métrage. Centré comme je le disais précédemment sur le milieu des toreros (que j’avais dans ma tête confondu avec la corrida, ce qui faisait que je ne voulais pas aller le voir), le film ne montre jamais de passages avec de la cruauté envers les animaux. Il nous parle du rapprochement de deux êtres que tout oppose : les passions, l’âge, le sexe, la couleur de peau. Mais chacun va donner un sens à la vie de l’autre, apprendre à le découvrir, ainsi que ses aspirations et ses blessures. Comme le film suivant, c’est un film « tranches de vie », ce qui n’est pas du tout mon domaine de prédilection. Le film, tourné à Houston, est beau sur le fond, et peut être une leçon de vie pour des adolescents qui se cherchent, mais je n’ai pas franchement réussi à ressentir les émotions des personnages et il m’a laissé de marbre.

Mickey And The Bear

Après un opening bien punchy et les éléments mis en place (une lycéenne qui travaille dans un atelier de taxidermie pour rapporter de l’argent à la maison et qui vit avec son père, ancien Marine accro aux médocs), on se rend vite compte que le film reste creux dans sa globalité. Le thème de l’addiction est vite mis au second plan et ne semble pas être réellement le sujet du film. J’aurais plutôt pensé à un syndrome de Stockholm et à la vie de tout adolescent devant jongler entre les études, un petit boulot et un ou deux parents spéciaux.

Les scènes charnelles présentes à plusieurs reprises pendant le film sont toutes évoquées avec pudeur, qu’elles soient pleines d’amour ou d’horreur. Mickey And The Bear peut avoir la volonté de nous sensibiliser au sujet de l’addiction médicamenteuse, réel problème aux Etats-Unis, mais ne réussit pas forcément à aborder le point avec explications et ouverture. Comme pour Bull, je suis restée assez neutre pendant la projection, jusqu’à la fin, poignante, sans pour autant que cela ne sauve le film à mes yeux.

J’espère rattraper le coup ce soir, car (et c’est pourquoi je poste mon article si tôt aujourd’hui), je file me mettre les pieds sous la table au Berbère (dont j’avais déjà parlé ici) avant de croiser les doigts pour avoir de la place à la projection au Morny de Waiting For The Barbarians avec Johnny Depp.