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Slasher

Autant les films d’horreur se font rares au cinéma, autant les séries d’horreur sont quasiment inexistantes, hormis AHS évidemment et Scream Queens, bien que cette dernière était aussi violente … que drôle. On sent donc un nouvel air frais quant au genre depuis quelques temps, et c’est Slasher qui ouvre cette année le bal macabre.

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Série américano-canadienne, elle est réalisée par Aaron Martin et se focalise, à l’instar de Seven, sur des meurtres liés aux sept péchés capitaux. Diffusée depuis le 4 mars 2016, huit épisodes seulement composent cette première saison. Sarah Bennet retourne dans la petite ville de son enfance, où ses parents ont été sauvagement assassinés. Très vite, une série de meurtres du même acabit se propage et les secrets enfouis depuis longtemps refont surface. Attention, n’allez pas consulter la page Wikipedia de la série car chaque victime du tueur en série est associée à un numéro d’épisode, il serait donc bête de commencer la série en sachant déjà la durée de vie des habitants de la ville (et donc en excluant de fait des suspects potentiels).

Faisant irrémédiablement penser à Seven de par le fil rouge des meurtres, mais également à Scream de par la présence du serial killer masqué, qu’on devine pourtant proche de nous en termes de personnage (voire même au Slender man quand on voit l’affiche), Slasher est une série qui montre qu’elle sait où elle va et qui n’hésite pas à rythmer ses épisodes par des décès bien sentis. Comme d’habitude nous avons droit aux clichés inévitables quant aux habitants : la vieille bigotte, le couple gay, le policier qu’on a dans la poche, la barjo, la belle héroïne, la femme qui est dans le coma depuis des années et un autre tueur qui nous donne des indices car il veut nous aider. Si ce n’est pas une belle brochette de suspects ça !

Si vous êtes fan du genre (meurtres en série commis au sein d’une petite communauté), je peux aussi vous conseiller Harper’s Island avec ses treize épisodes sortis en 2009, avec un côté plus jovial puisque l’action se déroule … lors d’un mariage =]

Pourquoi [N°1] : Les gens se font-ils du mal ?

Suite à de nombreuses réflexions, je sais qu’il y a beaucoup de questions que je me pose. Dans le même temps, j’ai peut-être des éléments de réponse face à des interrogations plus générales souvent demandées. Je crée donc une rubrique « Pourquoi ? » qui tentera de répondre à ces questions, en tordant le cou aux clichés ou en enfonçant les portes ouvertes. Tout article sera évidemment et scandaleusement objectif, car je ne détiens malheureusement pas encore ni la science infuse, ni la vérité absolue.

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Le premier article de cette série est dédiée aux personnes qui se font sciemment du mal, sur le plan physique. On parle d’automutilation en tant que globalité, mais cela est souvent réduit en tant que : scarification et coupage de veines. Cela en fait bien sûr partie, mais est bien loin d’en être la majorité. Exit donc les brûlures volontaires et la trichotillomanie par exemple, sur lesquels je reviendrai un peu plus loin. Dans le même temps réside une totale incompréhension face à ce genre de comportements, que je vais tenter d’élucider.


Déjà, rétablissons les vérités sur les formes d’automutilation de façon générale. Outre le fait de se scarifier (pratique médicale ou sociale dans un premier temps), beaucoup d’autres actions peuvent être faites par ces personnes, bien souvent à tendances suicidaires. En effet, près de la moitié des hommes et femmes se mutilant meurent. Non pas des suites de leurs blessures, qui sont le plus généralement superficielles (superficielles = non mortelles, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit), mais d’un acte de suicide commis par la suite.

L’automutilation va donc prendre plusieurs formes, dont il est difficile de faire une liste exhaustive. On peut parler des brûlures corporelles faites de façon intentionnelle, de griffures, de cognement (se frapper la tête contre les murs au sens premier du terme ou contre le marbre d’une table de chevet par exemple), d’ingestion de substances dangereuses (l’eau de Javel pour ne citer qu’elle) ou bien encore de trichotillomanie. Appelée également trichomanie, elle consiste en l’arrachage de cheveux de façon systématique et compulsive. Comme beaucoup des actes d’automutilation, elle est considéré comme un TOC, au même titre que l’onychophagie (le fait de se ronger les ongles).

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Les personnes procédant à ces actes inconsidérés vont également être confrontées à la phobie d’impulsion (ou obsession impulsive). C’est à dire être dans un climat de peur permanent de se faire du mal ou à autrui. Concrètement, l’individu incriminé éprouvera une répulsion à marcher dans la rue, par peur de se jeter sur un coup de tête sous une voiture. Ou bien évitera de se retrouver seul dans une cuisine, toujours par peur de se saisir d’un couteau de manière impulsive et de se trancher la gorge. J’utilise ici le mot peur, bien que l’obsession impulsive ne soit à proprement parler pas une phobie, mais bien un Trouble Obsessionnel Compulsif. On peut comparer cet état d’esprit à celui des femmes lors de la période post-partum, qui seront amenées à maltraiter leur nouveau né, ou a minima à le penser. On tombe alors dans la névrose obsessionnelle de Freud, où se mélangent l’envie et la peur de faire une action (grosso modo, car je n’ai jamais su interpréter la plupart des théories freudiennes de façon simple).


Retournons à l’automutilation donc et maintenant à ses explications, ses motivations. Je vais évidemment mettre de côté l’algolagnie, qui ne correspond pas vraiment au thème de ce billet. Même s’il est facile de faire des parallèles partout, je doute que le BDSM ou la volonté de se faire étrangler en faisant l’amour fassent partie des formes de mutilation liées à des tendances suicidaires. Egalement, je mets sciemment de côté la destruction corporelle qui passe par l’anorexie et son inverse (toutes les formes de troubles de la conduite alimentaire en fait), préférant me concentrer sur les actions qui engendrent directement de la douleur physique.

Pourquoi donc certaines personnes souhaitent-elles de leur plein gré s’infliger une souffrance physique ? Il y a plusieurs raisons à cela. Commençons par la plus terre-à-terre car la plus scientifique. Nous savons que beaucoup de facteurs psychologiques influent sur ce genre de comportements. Pour citer Wikipédia (mes plus plates excuses), nous pouvons déjà savoir que : « Un environnement dans lequel les parents punissent leurs enfants de leurs émotions, telles que l’expression de la tristesse ou de la douleur, peut contribuer à une difficulté d’exprimer certaines émotions et s’exposent à des risques élevés d’automutilation. Tout type d’abus ou de traumatisme durant l’enfance est considéré comme facteur de risque élevé, incluant le deuil et certains troubles des relations parentales ou avec un partenaire« . D’un point de vue psy, ce comportement a des bases solides et ne pourra être endigué que par un traitement sur le long terme ou, à défaut, par une très grande volonté. Pour l’explication scientifique dont je vous parlais plus haut, il faut comprendre que l’automutilation libère de l’endorphine. Chaque acte de mutilation corporelle, peu importe sa nature, va procurer du bien à la personne. Comme avec toute drogue qui libère de l’endorphine, va venir l’accoutumance et donc le besoin de se mutiler plus souvent et / ou plus fort. On peut alors parler d’une euphorie venant avec la douleur où ces actes deviennent un réel besoin.

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En outre, l’automutilation s’apparente sous bien des formes à une réelle punition. Une punition physique, comme beaucoup d’enfants ont pu le ressentir lorsqu’ils faisaient une bêtise. Une personne souhaitant se faire du mal, va par exemple se donner de fortes claques (souvent même en s’insultant) comme pour stopper le mal psychique qui l’occupe au moment M. Comme pour se punir d’être triste. La claque, ou la scarification profonde, ou le fait de rentrer dans un bain bien trop brûlant, a ici un rôle d’électrochoc dans l’idée de sortir de cet état de torpeur, de tristesse et de soumission face à ces émotions négatives. L’effet est la plupart du temps à court terme, ce qui implique une automutilation à répétition, comme dans le cas expliqué par l’endorphine.

Egalement, l’expression physique de cette douleur mentale est un vrai appel à l’aide. Qu’il s’additionne ou remplace les deux tentatives d’explication précédentes, cet acte montre tout de même une envie de s’en sortir, grâce aux autres. L’individu présentant des bleus ou des marques de brûlures pour ne citer que ces exemples, souhaite montrer qu’il souffre et attend qu’on lui tende la main pour l’aider à s’en sortir. L’automutilation étant un trouble de la personnalité borderline, la personne concernée aura aussi bien une mauvaise image d’elle (repli sur soi, envie de se cacher), qu’une volonté de se montrer ainsi que ses blessures. Quand on se réfère aux caractéristiques de la TPB citée dans la phrase précédente, on comprend que l’automutilation, comme le suicide ou du moins ses tentatives, sont des manières de décharger l’angoisse de l’homme ou la femme.


Je vais m’arrêter là, car je sais pertinemment que je ne pourrais pas me stopper si je continue à parler des troubles cités par le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), dont l’automutilation fait évidemment partie. Je pense que c’est une réelle maladie et qu’elle se soigne. Il faut donc qu’elle soit traitée, le plus tôt possible si vous en avez l’occasion. J’ai l’impression de dramatiser le sujet mais il faut également savoir que c’est un état d’esprit en dents de scie. L’automutilation va survenir sur des périodes pouvant aller de quelques semaines à des années, selon les circonstances. Evidemment, plus les rechutes sont fréquentes (pour bien des raisons : mort d’une personne proche, déception amoureuse, mal-être général, etc.), plus la période de passage à l’acte sera longue. Si vous connaissez des personnes atteintes, ne les blâmez pas, rassurez-les, comprenez-les tout en les encourageant à exprimer leurs émotions par le biais d’autres supports : lecture, dessin, chant, etc. Les occupations les plus simples, qui se rapportent bien souvent à l’enfance, sont tout aussi efficaces. Soyez près d’elle mais ne les étouffez pas, car se sentant surveillées, elles auront tendance à expier plus facilement leur désespoir par la mutilation, synonyme également d’interdit, une fois seules.

Sa faim justifie les moyens

Hier soir, j’étais plus ou moins détendue, j’attendais tranquillement à la porte de Pantin pour le concert de Oomph, rock / métal industriel allemand, précurseur de la vague Rammstein. Puis j’ai commencé à réfléchir à des choses et d’autres jusqu’à finir une heure après en larmes avec mon ex au téléphone. Là, j’étais de suite moins détendue. Ni une ni deux, mon estomac se tordant et réclamant de quoi vivre, je me dirige vers le McDo du coin pour m’accorder une petite portion de frites. Il faisait beau, il faisait chaud, je les « déguste » (si tant est qu’on puisse déguster de la bouffe aussi dégueulasse) adossée à la devanture en attendant la demoiselle porteuse de nos invitations presse pour Oomph.

Vas-y, donne-moi tes potatoes !
Euh … non ?
Ouais bah c’est ça garde-les. (wesh)
Faudrait quand même savoir ce que tu dis …
Mais ta gueule !
Tu viens me parler et tu me dis de me la fermer ? Commence à réfléchir à ce que tu dis et alors, peut-être pourrons-nous avoir une discussion cohérente. Pas forcément intelligente, mais cohérente ce serait déjà pas un mal.
Ouais bah dégage, t’es devant chez moi là, c’est ma zone.
Si t’aimes pas la gueule des gens qui sont dans la rue, le mieux serait que tu rentres chez toi
(sous-entendu : va t’y pendre).

Le fait qu’il avait deux têtes (et sûrement deux années) de moins que moi, qu’il tenait une canette de bière à la main et que j’étais dans le même temps fortement à fleur de peau ce soir-là, m’a poussée à lui tenir tête, ce petit merdeux qui ne venait parler aux gens dans le seul but de les faire chier. Le fait qu’il y avait une bonne poignée de personnes devant le McDo à me porter secours si jamais il laissait dégainer un coup de poing aussi … Et puis c’était tellement caricatural, un jeune basané (comme on dit dans le politiquement correct) qui règne sur son territoire en grand maître des cités. On lutte évidemment, mais cela reste assez dur de ne pas penser involontairement aux préjugés quand on traine dans un coin mal famé à minuit passée.

Violence Perverse

Violence perverse, c’est ainsi que l’on nomme le harcèlement sexuel.
Je feuilletais un livre dont le nom m’avait tout de suite sauté aux yeux « Le Harcèlement moral : la violence perverse au quotidien». Ce n’est pas tant le titre qui m’a attirée mais plutôt le fait que l’on fasse un livre brut, tel quel, sur le sujet. Alors plutôt que de vraiment le survoler dans les grandes lignes, ce qui est tentant mais ne sert à rien, j’ai lu la quatrième de couv. Et là où je pensais que ce harcèlement ne s’appliquait qu’au monde du travail ; comme il est souvent question dans les médias, cet outil de paranoïa indispensable ; celui-ci s’applique aussi en famille, en couple, entre « amis ». Je ne peux parler du sujet aussi clairement et honnêtement  que si j’avais lu le livre mais je ne peux pas non plus m’empêcher d’y penser et d’avoir envie d’en parler.
Chose que je ferais peut-être, si j’achète le livre, peut-être, et que je le lis, sûrement.

Revenge is a Dish best served Cold

C’est viscéral, c’est une obsession.
Un couteau. Voir un couteau et le prendre, le faire glisser tout doucement le long de mes mains et le faire tourner comme d’autres le font avec un stylo bic dans une salle de cours. Le plaisir de voir les yeux de la future victime se refléter dans la lame étincelante quand on tire son crâne en arrière, avec le sourire sournois des gens qu’on appelle psychopathes. Que ceux qui ne comprennent pas appellent ainsi, faisant de nous des incompris.
Ils ne comprennent tout simplement pas que l’on puisse aimer la douleur, aimer voir et faire souffrir, mais toujours physiquement, on ne touche pas au moral. Pour être ainsi et se faire traiter de désaxé. On a juste eu une enfance douloureuse comme m’ont souvent répété les psychologues, cette explication tout juste digne de faire un film de serial killer en plus.

Non, on aime la douleur physique parce qu’on en a pris goût à contrecœur il y a longtemps et que c’est maintenant la seule façon se de déverrouiller intérieurement. On donne une fausse image de soi, comme le Docteur Jekyll qui sauve le Mister Hyde qu’il faut à juste titre cacher.
Une obsession telle qu’une fois que les violences forcées n’étaient du jour au lendemain plus là qu’on était obligé de se les endiguer soi-même. Et puis sont arrivés les drogues, l’alcool et les hommes, avec tout ce que cela comportait de positif comme de négatif. Histoire de soigner le mal par le mâle.

Mais on ne touche toujours pas au moral.
Les violences physiques n’ont résulté qu’en un esprit fragile et fragilement dépendant. C’est ce qui nous a formé mais nous blesse encore. Les coups, les vrais, ne me font rien, ils me font même doucement sourire. Les violences morales, les paroles blessantes, elles ont toujours autant raison de moi et ne parviennent qu’à renforcer ce sentiment rancunier. Pouvoir rendre ce sentiment d’impuissance, de peine, au centuple, même si cela doit prendre des années pour que la vengeance n’ait jamais aussi bien porté son nom.

Un cri. Un bruit. Le silence.

Un cri. Non dans la nuit mais un cri tout de même, et pas des plus inaudibles.

Il me suffit de quelques secondes pour m’apercevoir d’où il vient : de la maison voisine sans l’être ; voisine car oui c’est la seule maison aux alentours de la mienne ; non voisine car elle est à une centaine de mètres et ses habitants ne m’ont jamais adressé la parole.

Viennent les premières paroles que je vais entendre de mes « voisins », une fois féminine, forte je vous laisse l’imaginer puisqu’elle arrive à me parvenir « Arrête de me frapper ! Arrête ! Arrête ! ».

Des bruits sourds et on ne peut plus bruyants, des portes qui claquent, et moi, allongée dehors qui me redresse peu à peu, mettant ma main en visière pour affronter avant tout le soleil.

Une fois le moment de surprise passé vient la question, question informulable, qu’on aimerait de pas avoir à se poser : Qu’est-ce que je fais ?

Je ne connais pas leur nom, pas leur visage non plus ; le propriétaire m’avait juste dit de ne pas trop faire de bruits en traînant la nuit dans les hangars environnants car son cher futur locataire pouvait arriver à tout moment …armé. Et j’ai bien vu à son regard qu’il ne rigolait pas.

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J’en étais là, en train de jouer à pile ou face avec le bon bout de ma raison, si fier à Gaston Leroux quand j’entendis une autre phrase troubler le silence, une phrase, un appel sans appel « Au secours ! Il veut me tuer ! » et puis une voiture avec un homme, seul, qui s’en va.
Etre sur le fait accompli et devoir réfléchir avant d’agir complique les choses au plus haut point. Le danger c’est pourtant ça qui m’attire, qui me passionne, le danger inconnu un peu moins. Appeler ? Pour décrire une scène courante, interprétée par des personnages que je ne connais pas, à un nom qui j’ignore et une adresse qui ne m’est ainsi dire pas familière ? Oui, car c’est comme ça que ça se passe, et là, il ne faut pas avoir peur des représailles, ni peur des autres. C’est ainsi, pendant dix minutes ou peut-être une heure que je m’interrogeais. Je vais voir comment elle va ? Que faire s’Il revient ? Toutes ces questions qui semblent dérisoires une fois formulées mais qui pourtant restent sans réponses.

Et là un bruit, plus qu’un bruit, un son. Un son qui ne m’est pas inconnu mais que je n’ai jamais entendu ici. Le son d’une sirène, une ambulance qui arrive, suivie par la gendarmerie.

Bien. Elle est en sécurité entre leurs mains désormais. Mais je n’ai rien fait. Et le bruit que fait le silence n’est là que pour me rappeler et faire résonner en moi le son de la culpabilité.