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Insidious : Chapitre 3

Insidious-3-150403-03 Je me motivais depuis le matin pour aller voir Vice-Versa, mais vous savez, chassez le naturel toussa… Je me suis donc finalement assise dans la salle qui projetait Insidious : Chapitre 3. Et j’ai choisi ma place, le plus au fond possible, dans un coin. Jamais je ne m’étais assise à un endroit pareil, mais je voulais être le plus loin possible du chahut, contrairement à Annabelle où j’étais au premier rang. Les spectateurs ont été plus ou moins calmes, en tout cas beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé. Avant de rentrer dans la salle, j’ai demandé à un UGCman comment étaient les séances aujourd’hui, où il m’a répondu que c’était de toute façon la même typologie de film et de spectateurs que pour Annabelle. Il en a finalement résulté hier en de bonnes agitations lors de scènes post-tension / jump scares pour relâcher la pression, mais le reste de la séance s’est déroulée sans problème notable.

Changement de réalisation pour ce troisième opus car il n’a pas réalisé par James Wan, à qui on devait les deux premiers, mais par Leigh Whannell. Rien de bien méchant quant on sait que les deux sont intervenus sur la licence Saw. Je voue quand même un culte à James Wan car c’est également lui qui a réalisé Conjuring : Les Dossiers Warren et produit Annabelle. Leigh Whannell est habitué à jouer dans les films d’horreur, notamment les siens, puisqu’il y joue Steven Specs, l’un des deux chasseurs de fantômes et qu’il est le scénariste des trois volets (et vu l’histoire loufoque des premiers, heureusement que nous n’avons pas perdu le scénariste en route).

Trop de tension dans ce film. Insidious est très fort à ce niveau là car l’accent a toujours été mis sur les effets sonores tout au long de la trilogie. Rien que le lancement du titre du film à l’écran est représentatif de l’envie de mettre les spectateurs sur les nerfs. Les scènes avec des violons saturés, les sons graves, les volumes déplaisants, tout est fait pour susciter de l’angoisse et cette licence y parvient vraiment bien.

J’ai trouvé très intéressant qu’ils prennent l’exemple de Paranormal Activity Tokyo Night, en choisissant comme personnage principal une femme ayant les deux jambes dans le plâtre (voire pire par la suite) qui ne peut absolument pas se défendre face à ce qui va tenter de l’atteindre. Cette position d’infériorité renforce le fait qu’on ne puisse que difficilement contrer les événements qui arrivent, et donc l’horreur de la situation. Bien qu’il y ait des jump scares attendus, certains m’ont complètement étonnée, et la salle entière par la même occasion. Hélas, comme pour les précédents opus, j’ai trouvé que le dénouement et les explications pseudo rationnelles se faisaient trop rapidement pour la dose d’information à assimiler.

Bien que préquel à l’histoire des deux premiers, Insidious Chapitre 3 trouve sa place et ne donne pas trop l’impression d’être simplement un élément ajouté pour faire du business. Si vous aimez avoir peur, le film joue très bien le jeu.

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Une Nouvelle Amie [Ozon 2014]

Une fois n’est pas coutume, je vous glisse la bande-annonce avec l’affiche du film, puisqu’elle est des plus représentatives de l’oeuvre. J’ai ressenti un mélange d’humour et de tension dans ces deux petites minutes, qui m’ont immédiatement donné envie d’aller voir le film. Je me réveille le lendemain matin avec un mail d’UGC qui m’invite à l’avant-première avec François Ozon, c’est parti !

C’est donc un François Ozon tout guilleret et heureux de répondre à nos questions qui vient nous rencontrer à l’UGC La Défense. Il nous parle de Romain Duris, de son choix, mais dévoile peu sur le film car la salle ne semble rien savoir et ne rien vouloir savoir avant le lever de rideau. Pour ma part j’avais déjà regardé des interviews d’Ozon sur le sujet et vu la BA : je savais pourquoi je venais. Rien que le générique de début de film transcende. Je vais malheureusement vous laisser sur la fin pour beaucoup de choses, car pléthore de scènes surprennent. Je ne vais donc pas vous les raconter, mais soyez sûrs que vous ne serez pas déçus.

une_nouvelle_amie C’est Mandarin Cinéma qui s’occupe de la production, ce qui est d’ailleurs le cas depuis 2010  avec Potiche, en ce qui concerne Ozon (studio à qui on devait par exemple OSS 117 également). Je ne vais pas oublier les qualités d’actrice d’Anaïs Demoustier, mais j’ai été subjuguée pour celles de Romain Duris. Sans mauvaise foi, je ne me suis jamais pâmée devant lui. Mais ici, je me suis pâmée devant « elle« . Romain Duris est métamorphosé pour ce rôle, qui lui va comme il irait à peu d’acteurs français. On le sent sur le fil d’un bout à l’autre du film et on est tout de même obligés de rester ébahi devant sa plastique, qui ferait pâlir d’envie une bonne partie des femmes.

 Adapté du livre Une amie qui vous veut du bien de Ruth Rendell, le film est pour moi une réussite sur beaucoup de plans. Egalement, malgré le sujet propice au débat, ce n’est pas un film engagé. Sans meurtre, il parvient à jouer sur les accords d’un film policier à suspense, de par la tension qui s’en dégage. On ne s’ennuie pas une seule seconde et cela fait plaisir, un peu de poésie française parmi tous les blockbusters.

Et fan que je suis il fallait bien que j’en parle, outre un passage tourné au centre commercial de Levallois, on a droit à une scène filmée chez Marks & Spencer, j’ai failli en avaler ma part de cheesecake ~

Annabelle [Film 2014]

Je suis consternée par le fait de ne pas pouvoir faire une critique viable du film.
Car je suis consternée d’être allée le voir le mercredi de sa sortie, à 13h50 précisément.

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Jamais je n’avais assisté à ce point à une séance de film d’horreur qui ne ressemblait à rien. Entre les petites pétasses qui rigolent pour rentrer dans la salle interdite aux moins de 12 ans, puisqu’elles avaient feinté en prenant une place pour les Gardiens de la Galaxie, avant de se faire refouler par le vigile présent dans la salle qui n’était pas si bête que ça. Entre mon voisin de gauche qui renverse par terre le pot de pop-corn de 8 kilos qu’il avait acheté pour son groupe d’amis et qu’il essaye de remplir avec ses pieds sans que ses amis ne s’en rendent compte. Entre mon voisin de dos qui semble s’obstiner à prendre mon fauteuil pour un sac d’entrainement de kick boxing et mon voisin de devant qui respire je ne sais comment puisqu’il passe son temps à se moucher, éternuer et bailler, parfois tout en même temps. Et puis surtout avec tout le reste de la salle (approximativement 200 personnes) qui ont passé toute la durée du film à mâchouiller leurs sucreries sur haut-parleur, décrocher leur téléphone, se rouler des pelles bruyamment et rire toutes les trente secondes, JE NE SAIS PAS COMMENT J’AI FAIT POUR TENIR LE COUP.

J’ai toujours fait partie des gens un peu réac’ qui gueulent (discrètement) quand les personnes font trop de bruits au cinéma. Mais là, c’était du grand art. A tel point que deux agents de la sécurité sont restés avec nous pendant la totalité du film, c’est dire ! J’ai toujours eu du mal à me concentrer dans des cas pareils mais là c’était le summum. MAIS. Mais cette ambiance « camp de vacances » m’a tout de même fait apprécier le film. Annabelle est un film flippant. J’ai préféré cent fois Conjuring, mais Annabelle utilise les codes des films d’horreur et ne s’en distingue, ni en bien ni en mal. Selon les scènes, il s’inspire de la peur inspirée par Paranormal Activity ou The Grudge, ce qui permet de belles scènes d’angoisse. Pour resituer, je venais passer un bon moment avec mon meilleur ami et un plaid qui remplissait tout mon sac (pas de film d’horreur au cinéma sans plaid ok ?). Là, devant tant de chaos, l’atmosphère du film en étant tellement changée qu’elle en était encore plus angoissante. Des cris venant du public qui me faisaient remarquer des détails à l’écran que je n’avais pas aperçus, des francs éclats de rire devant l’énormité de certaines situations (alors que pourtant, je grogne toujours quand on rigole devant un film qui ne le permet pas) ou bien encore des applaudissements émergeant de la salle entière comme d’un seul homme, m’ont permis de passer un bon moment. Les moments d’angoisse étant si forts et si réussis, que ces rires ont aidé à laisser retomber la pression. A tel point que j’avais l’impression d’être totalement droguée en sortant de la séance : tous mes sentiments s’étant mélangés sans raison apparente, jusqu’à parfois exacerber la peur provoquée par certaines scènes.

Vous l’aurez compris, j’aurais beaucoup de mal à critiquer le film à part « J’ai bien aimé mais il m’est impossible de le décrire outre mesure puisque la salle en elle-même a accaparé toute mon attention« . Je peux juste vous conseiller d’y aller, mais s’il vous plait, n’allez jamais, ô grand jamais, voir un film d’horreur le jour de sa sortie.

(A part ça j’ai vu Dracula Untold hier et, une bonne dizaine d’incohérences mises à part, il se boit comme du petit lait.)

J’adore le personnel UGC

Et ce n’est pas ironique. UGC, les puristes et les anarchistes (autrement dit les contestataires) diront que ça pue le marketing à plein nez, que les places de cinéma sont à des prix exorbitants et que ça ne sert à rien de payer pour des films qu’on peut trouver sur le net. De tellement bons et justes arguments, qu’il ne servirait à rien que je revienne dessus, surtout pour m’énerver. Le fait est qu’à UGC je me sens comme chez moi, même mieux. Il y a de beaux fauteuils rutilants, des vendeurs aux petits soins, de jolies lunettes 3D sentant bon les lingettes nettoyantes, des Häagen-Dazs à foison et de la musique zen pour nous faire patienter et nous détendre en attendant la séance.
Justement, n’ayant rien à faire un dimanche soir, à part attendre impatiemment quelqu’un, qui deux heures plus tard me prendra dans ses bras aux pieds de la Tour Eiffel, j’ai eu l’idée d’aller me prélasser bien au chaud au café de l’UGC de la Défense, avec un bouquin et de la musique douce.

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– Excusez-moi, avec la carte illimitée, je peux rentrer dans l’enceinte de l’UGC pour aller simplement prendre un café sans prendre une place de cinéma ?
– Normalement non, surtout en période d’affluence comme ce soir (quand résonnait dans les hauts parleurs « The Social Network et Paranormal Activity 2 complets ») mais comme pour vous ça ne change rien du tout, prenez une place pour n’importe quel film et on vous laissera passer à l’entrée.
– Ok bon je vais choisir un film en peu en retrait, histoire de ne pas prendre une place que je laisserai vide.
– Ouais, alors prenez « Elle s’appelait Sarah », il commence dans 5 minutes et il reste 170 places, ça aidera un peu le film en plus.

Il était adorable, et de surcroît il était mignon.