Thomas Cook

Une semaine en Egypte !

Le mois dernier, j’ai réalisé un de mes grands rêves depuis de longues années : visiter l’Egypte. Comme on me l’a demandé sur place : « Mais pourquoi tu n’es pas venue avant ? », je me dois de répondre que c’était un mélange de différentes excuses, mêlant argent, frayeur de l’insécurité, et je crois un peu l’appréhension d’être déçue, après avoir imaginé ce pays depuis très longtemps. Pour résumer : les prix touristiques actuels pour l’Egypte sont plus que corrects, je ne me suis jamais sentie en danger lors de mes excursions et je n’ai pas le moins du monde été déçue.

Voyager seule ou sans passer par le biais d’une agence ne me dérange pas. Mais pour cette destination atypique où je n’étais pas vraiment sereine de faire le voyage en totale autonomie, j’ai choisi de réserver via un tour opérateur français (Thomas Cook) et une agence d’excursion égyptienne (Kuoni, circuit « Gloire des Dieux »). Je préfère déjà rassurer toutes les personnes qui, comme moi auparavant, n’ont jamais effectué de vacances en voyage organisé : vous êtes bien accompagné mais bénéficiez d’un bon nombre de temps libre pour ne pas vous sentir enfermé. A l’aéroport d’arrivée par exemple, j’ai été tout de suite récupérée par l’agence, qui devait me remettre mon Visa pour entrer sur le territoire. J’avais quelques appréhensions de ne pas trouver la personne devant me réceptionner, mais une fois sur place, et devant le nombre de panneaux et de personnel présents, j’ai réalisé qu’il aurait été impossible que je passe à côté et sois alors reconduite à la frontière. Ou ailleurs. Je ne sais pas trop ce que j’imaginais. Bref, tout est réglé et récupéré pour vous chaque jour : les billets d’entrée dans les musées ou sites, les calèches, minibus ou autres moyens de déplacement et les repas (entre autres, je ne vais pas faire une liste exhaustive mais vous avez juste à vous soucier des boissons et des petits extras). Je précise aussi qu’il y avait très peu de touristes sur les lieux que nous avons vus au fil du séjour, en raison du faible attrait qu’a hélas la région en ce moment.

Le premier jour fut assez dur, puisqu’après deux avions, je suis arrivée à bord de mon bateau à 1h30 du matin, avant de me lever à 6h le dimanche pour commencer les visites au cœur d’Assouan. Et comme c’était la première nuit de ma vie que je passais sur un bateau de croisière, je ne crois pas avoir beaucoup dormi, mais ça ne m’a pas dérangée pour autant. L’excitation d’être enfin là surement. Je ne vais pas rentrer dans le détail de toutes les visites car d’un point de vue extérieur cela peut être assez rébarbatif. Dimanche donc : visite de Louxor, de l’allée des Sphinx, de la vallée des Rois, du temple d’Hatshepsout et des colosses de Memnon. Nan ça, ce n’était que le matin ! L’après-midi étant dédiée à la visite des temples de Louxor et Karnak, avant le retour sur le bateau pour commencer la navigation vers Edfou.

Vous l’aurez compris, le programme est assez chargé mais nous passons à chaque fois assez de temps sur chaque lieu touristique. Le guide francophone Kuoni nous expliquant sur place tout ce qu’il y a à savoir, avant de nous donner quartier libre et nous retrouver à un endroit prédéfini. Cette deuxième nuit sur le bateau fut également agitée, non en raison d’un quelconque mal de mer (j’ai la chance de ne pas être atteinte par cela), mais plutôt du passage de l’écluse d’Esna en plein milieu de la nuit. Pour resituer le contexte, le bateau dans lequel je dormais était des plus luxueux (digne des romans d’Agatha Christie et rempli seulement à moitié) et j’étais au quatrième étage (juste sous le pont), avec depuis ma chambre une vue sur le Nil. Quelle n’a pas été ma surprise de me faire réveiller dans la nuit par un égyptien qui vendait des objets à hauteur de ma fenêtre alors que j’étais en pleine navigation sur le fleuve. C’est en ouvrant délicatement mon rideau que j’ai compris que les locaux se servaient de l’écluse comme point de vente aux touristes. Ce qui peut être assez surprenant quand on ne s’y attend pas.

Nous sommes partis le lundi à la découverte du temple d’Edfou, dédié au dieu Horus (à tête de faucon) et au temple de Kom Ombo consacré à Sobek (à tête de crocodile). L’occasion de visiter par la même occasion le musée du temple, regorgeant d’une collection assez impressionnante de momies crocodiles. Je rebondis sur le fait que les visites commencent très tôt le matin, en raison de la chaleur du climat : à 7h, il fait déjà plus de 30 degrés à l’ombre.

Le mardi matin, visite du temple de Philae, dédié au culte d’Isis (qui avait été déménagé suite à la construction du Haut-Barrage), puis du Haut-Barrage lui-même, protégé comme une centrale nucléaire (détecteurs, militaires, snipers, la totale). A savoir que tous les lieux que nous avons visités comprenaient la présence de gardes armés et de détecteurs, car il est à titre d’exemple interdit de se promener avec un simple couteau. Attention aux photographes également, car certains lieux (comme c’est le cas de la vallée des Rois) n’acceptent pas les appareils photos et caméras (téléphones portables acceptés sur soi mais prises de vues interdites). L’après-midi, promenade en felouque autour de l’île Kitchener et visite du jardin botanique. Avec en option pour le soir le spectacle sons et lumières au temple de Philae (qui n’a pas pu avoir lieu exceptionnellement en raison de pluie – il n’avait pas plu à Assouan depuis quatre ans).

Le mercredi, excursion à Abou Simbel (départ tout schuss à 4h30 du matin car il faut trois heures de bus pour atteindre la destination) et nous nous envolons dans l’après-midi pour Le Caire, à un peu plus d’une heure de trajet, avant d’arriver vers minuit dans notre hôtel, avec vue sur les pyramides depuis la piscine. What else ?

Le jeudi, visite du Caire avec évidemment le musée du Caire et sa collection dantesque de momies superbement conservée. La salle des momies humaines (car il y a aussi chats, chiens…) est en option et coûte plus cher que l’entrée au musée en elle-même, mais je vous rassure, cela ne correspond au final qu’à cinq euros. Il était inconcevable que j’aille en Egypte sans voir de mes propres yeux des momies. Je ne vous montrerai pas de photos car elles sont interdites pour des raisons de conservation évidentes. L’après-midi étant dédiée à la visite du bazar de Khan El Khalili avant de retourner nous reposer à l’hôtel devant (choisissez) la piscine / un mojito / une chicha / la vue des pyramides. En fait je n’ai pas choisi. Afin de parfaire cette journée, j’ai pris en option le spectacle sons et lumières devant les grandes pyramides, à seulement un quart d’heure de bus de l’hôtel. Il faut également savoir que la conduite en Egypte n’est pas comparable à la conduite en Europe. C’est ici la loi du plus fort et du plus téméraire, où se mêlent sur le périphérique à 100 kilomètres / heure piétons, ânes, vans, voitures (en panne ou non) et scooters.

Vendredi, dernier jour de visite, et pas des moindres, puisque le Saint-Graal m’attendait : la visite du plateau de Guizeh, avec le Sphinx et les pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos, ainsi que la pyramide à degrés de Saqqarah. Nous étions au plus près de ces illustres monuments et j’ai même poussé le vice jusqu’à visiter l’intérieur d’une des trois. Il faut savoir que les égyptiens sont ouverts à toutes sortes de théories concernant les pyramides et ne sont pas offusqués quand j’ai abordé la théorie des anciens astronautes (qui m’est très chère, particulièrement en ce qui concerne les pyramides). Eux-mêmes ne sachant toujours pas pourquoi elles ont été construites, ils estiment cette croyance aussi valable que de vénérer des dieux à tête d’animaux. En effet, aucune momie n’a été trouvée à l’intérieur et elles ne comportent pas d’inscription, contrairement aux temples et nécropoles. Dernières haltes avant de rentrer à l’hôtel : un magasin de coton égyptien, un atelier de fabrication de papyrus et un laboratoire d’essences naturelles.

C’est donc le cœur rempli de toutes ces visites que je suis repartie le lendemain matin pour rentrer sur Paris. Je ne suis absolument pas déçue et, bien que la semaine ait passé vite, j’ai eu l’occasion de découvrir un grand nombre de choses. Le séjour mêlant nuits en croisière et nuits à l’hôtel permet d’explorer beaucoup de lieux, tout en bénéficiant d’un équilibre parfait entre accompagnement et autonomie. Pas d’article « foodie » pour cette destination car j’ai le plus souvent mangé dans des restaurants ou à des buffets de type continental. A part la bière égyptienne Stella, je n’ai pas pu énormément goûter à la gastronomie locale, pains égyptiens et épices mis à part. Je vous conseille fortement cette destination, même si la mythologie égyptienne ne vous fait pas forcément rêver. Mes derniers conseils, que j’ai pu mettre en pratique : évitez le mois du ramadan et les périodes trop chaudes (je pense que le mois de mai est la limite), afin de profiter au mieux du séjour. Je me suis toujours déplacée à l’extérieur avec mon foulard en guise de hijab, mais plus pour me protéger du soleil que par souci de coutume. En effet, les touristes ne sont pas mal vus de ne pas adopter le style vestimentaire du pays mais je déconseille toutefois aux femmes de porter des vêtements trop aguicheurs. J’espère vous avoir donné envie de visiter ce beau pays, même si j’ai peur que d’ici quelques décennies beaucoup de temples commenceront à fermer au public, car l’exploitation des lieux touristiques (et notamment le peu de respect qu’ont certains touristes à toucher à tout) pourra rapidement mettre en péril les monuments de cette superbe civilisation.