taxi

Paris s’éveille

Il est cinq heures du matin, je suis dans un taxi parisien agréable, écoutant le jazz qui sort de sa radio, et je me rends compte que j’aime Paris. Non loin de Montparnasse, je vois la Tour Eiffel dépasser des rues comme si elle voulait m’embrocher, me réveiller. La ville ressemble enfin à ce à quoi on veut lui faire ressembler dans les films.

Il est près de vingt-et-une heure et la solitude de ma chambre d’hôtel m’étouffe, m’oppresse. Cette solitude est la même que celle qui me frappe chez moi, mais je n’ai ici aucun repère ; ma solitude est dépersonnalisée, ce qui la rend encore plus tranchante.

Nous sommes au mois de décembre, j’aimerais voir une dernière fois la neige, sentir quelques flocons sur ma paume, dans le creux de mon cou, sur le bout de mon nez. Toucher l’incommensurable, tenter de ressentir les mêmes émotions que la dernière fois où j’étais à la montagne : sentir l’odeur de raclette frémissante, avoir les mains enfouies dans la neige pour en faire une boule, savoir que mon corps est blotti nuit et jour contre celui que l’on aime.

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