souffrance

Elato, ou les cauchemars d’Alex

Cela va faire cinq mois que Barbara a quitté Alex, pour probablement rejoindre Elato, avec qui elle avait déjà l’habitude de papillonner. Alex n’était que de passage dans la vie de Barbara. Mais pour lui, il a désormais le sentiment d’avoir raté la sienne.

La_mort_du_cerf_noir__by_Sirxlem

Tous les soirs il peine à trouver le sommeil, il prend des médicaments qui ne fonctionnent plus. Il aggrave son diabète en ne mangeant que du sucre, mais comme il n’a jamais faim c’est la seule chose qui lui permette de ne pas tomber dans les pommes. Il est une boule de nerfs de façon permanente, tantôt tremblant de douleur, tantôt s’effondrant en sanglots sur une simple pensée pour elle.

Ses jours sont hantés par le visage de Barbara, par ses souvenirs communs qui l’enfoncent de plus en plus dans les regrets. Ses nuits sont ravagées par la vision d’Elato sur elle, prenant ce corps qui auparavant était pour lui. Il se réveille chaque nuit en pleurant, sans parvenir à trouver à nouveau le sommeil de longues heures durant. Il se lève en ayant tous les jours conscience de l’absence flagrante de celle qui partageait sa vie. Il tente d’aller dans des bars ou au restaurant seul, pour conjurer le sort, mais cela ne parvient qu’à le renforcer dans sa propre solitude. Le renvoyant à tout ce qu’il a perdu. A tout ce qu’il espère retrouver. Car il n’a plus que cela à espérer.

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A Midsummer Nightmare

fluo

Il est de ces rares jours où la douleur paraît presque supportable. Pas non plus de ces jours où l’on peut être épanoui et heureux de respirer l’air frais non. Juste un jour, de temps en temps, où l’on sent la souffrance comme quelque chose de présent dans sa vie, dans son corps. Comme si cette dernière faisait partie d’un tout, faisait partie de soi. Et qu’on ne puisse pas passer un seul jour sans la ressentir sous toute cette couche de peau, de muscles, de chair et de graisse. Elle est là, elle sera toujours là tant que j’existerais car elle est incrustée en moi.

Partant de là, on finit par se dire que les moments de bonheur passés n’étaient là que pour conjurer le sort, qu’ils n’étaient là que par hasard et qu’il ne faut jamais s’en contenter, faire comme s’ils étaient acquis. Ce n’est pas la norme, la norme est d’être en perpétuelle aphasie. Pire encore, pour chaque instant de bonheur passé, une souffrance bien plus prononcée et plus durable viendra s’installer. Folie d’oser profiter du bonheur et folie de croire qu’il puisse se poursuivre. Folie de penser qu’on peut parfois s’en sortir sans traitement, même s’il vous rend infantile et à bout de toute énergie, sans pour autant prendre tout le mal et la peine que l’on a en soi.

Alors on reprend des médicaments qui plongent dans une sorte de sommeil éveillé. On ne vit que par le biais de souvenirs, qui deviennent regrets, puisqu’ils sont passés et ne reviendront jamais. On vit en se remémorant les bons moments, qui deviennent de vrais poignards dans le cœur quand on voit ce qu’ils sont devenus. Rien. Il n’en reste rien. Comme il ne reste plus rien de ma vie passée, que j’aurais voulu encore présente et à venir.