Saw 3D

Saw 3D [No Spoil]

Autant je vois beaucoup de films, autant je ne les commente pas tous, et heureusement. Mais il est des films qui me marquent plus que d’autres. Il est aussi des films qui frappent (ou du moins tentent de le faire), que ce soit par des points négatifs ou positifs. La 3D – révolution des temps modernes où les lunettes sophistiquées des UGC / MK2 ne ressemblent plus à celles dignes du Futuroscope ou de Chérie j’ai rétréci les gosses (semblables elles aussi aux lunettes vendues en 1999 pour pouvoir admirer l’éclipse solaire), se glisse partout, surtout là où on l’attend le moins. Pour les films d’action (Avatar, Resident Evil), je dis oui. Pour les films d’épouvante où la frayeur est (plus ou moins) importante (Piranha 3D), je dis encore oui. Pour les films d’animation bien foutus où le scénario commence à s’essouffler (Shrek, Toy Story), je dis une dernière fois oui. Hélas, mille fois hélas, pour les films où le gore prédomine et où le sang remplace l’action et le frisson, je reste sur ma réserve.

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Dans Saw 3D (le septième, dernier du nom – et encore, vu la fin il serait tout à fait probable d’en faire une autre septologie), la 3D est là, mais complètement inexistence. A part quelques gouttes de sang dans le générique de début et quelques lambeaux de chair virevoltant lors de séquences assez sanglantes, point de révolution dans l’univers de la 3D et du film d’horreur. On pourrait se dire que la 3D n’est pas assez exploitée, qu’elle est parfois difficilement visible ou qu’elle se fait discrète pour ne pas donner mal à la tête. Que nenni. Elle n’est simplement pas utilisée, ou en tout cas, pas à bon escient. Mais comment utiliser efficacement la 3D dans un film où tout n’est que sang, membres arrachés (ou coupés, ou brûlés, cassés, broyés… la liste est longue) ? On ne peut tout simplement pas l’utiliser dans ce genre de films, là où Piranha avait pourtant réussi le pari de rendre la 3D intéressante, et utile. Une vraie déception donc, pour ce qui est du côté visuel du film.

Cela mis à part, on retrouve dans le film quelques incohérences (graver des numéros sur les dents d’un homme endormi passe encore, mais le faire sur les racines desdites dents, je reste ébahie), du sang parfois rose et quelques divagations. Si vous avez vu au moins un, voire plusieurs Saw, vous avez sans doute remarqué la complexité des pièges mis en place et l’énorme vidéosurveillance omniprésente dans les parcours construits par Jigsaw ? Cela me fait bien penser à la dernière saison de Dexter (pour l’exemple le plus frappant – diffusée actuellement aux Etats-Unis), où ce dernier investit apparemment des sommes de moins en moins négligeables d’argent (comme le fait de louer une suite dans un hôtel huppé pour pouvoir en faire une chambre mortuaire), exactement comme Jigsaw. Mais boudiou, que ce soit Jigsaw ou ses disciples qui fassent ce genre de pièges, ils ont vraiment de l’argent à foison. Entre les multiples caméras de surveillance, les écrans par dizaines et les machines de torture demandant sans doute 10 années de recherche et développement, les frais doivent commencer à chiffrer. Oui, je sais, je m’attache aux détails (et je ne compte même pas le budget des chemises déchirées au fil des saisons par Clark Kent).

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Saw 7 reste un bon film mais il ne représente clairement aucun intérêt à être vu en 3D. Et puis au bout de sept films, il était aussi temps de s’arrêter (hein ? qui a parlé d’Harry Potter ?). Comme on le dit bien souvent, le mieux est l’ennemi du bien.

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