remise en question

Amour, tu me tueras.

« Il n’y a pas d’échec amoureux. C’est une contradiction dans les termes. Éprouver l’amour est déjà un tel triomphe que l’on pourrait se demander pourquoi l’on veut davantage. »

nostalgie

Le nombre de fois où tout être humain a une folle envie furieuse de tout envoyer balader est assez conséquent. A plus ou moins fortes variation, fréquence et intensité selon les individus. Les raisons à cela sont tout aussi nombreuses. Une envie d’envoyer valser sa vie actuelle pour retrouver une liberté perdue, pour s’enlever des contrariétés malsaines et inutiles, ou encore par colère, où les efforts faits tous les jours ne mènent en rien au bonheur visé. Pour recommencer sa vie, repartir sur de bonnes bases. Si tant est qu’on puisse les trouver et les définir pleinement. Se donner les moyens de parvenir à ses objectifs et, le cas échéant, revoir ces objectifs. Se dire qu’ils ne sont pas forcément adaptés ou alors seraient-ils inatteignables car inconsciemment mauvais ?

On recherche tous le bonheur, parfois sans trop se poser la question, ce qui reste le meilleur des cas. Les buts sont effectivement une bonne chose, car comme leur nom l’indique, ils tentent de donner un sens à notre vie en nous faisant fixer une étoile qui brille au loin. Malheureusement, se poser des buts à atteindre ne sert qu’à se focaliser sur une seule chose, mettant sur la sellette les belles choses de la vie, à côté desquelles il est aisé de passer. Plus le but se fait inatteignable, plus celui-ci est douloureux. Et plus celui-ci s’en trouve renforcé, et donc doublement douloureux. Comme si la vie ne dépendait plus que de cette recherche éperdue du bonheur censé se trouver en cet unique objectif, si différent pour bien des personnes. Monter dans la hiérarchie, avoir un cercle d’amis important, gravir l’Everest, être un collectionneur impénitent. Avoir pour soi la personne que l’on aime. Ne pas devoir la partager. Se savoir aimé comme l’on aime, en réponse à la citation d’Amélie Nothomb de ce début d’article. Sans limites, sans recul, sans objectivité. Juste follement, irrémédiablement. Vouloir plus qu’être seulement un corps enchevêtré dans un autre, se sentir aimé au même titre que désiré. Sans être obligé de se cacher aux yeux des autres. Parce qu’il n’y a qu’une personne avec qui l’on puisse être heureux et qu’une seule personne qui puisse nous rendre la vie heureuse. Parce que l’objectif est unique et écarte toutes les options et tous les choix qui s’offrent à nous. Parce qu’on ne voit le bonheur qu’à un seul endroit, si douloureusement lointain.

« Notre amour est beau parce qu’il est impossible. »
Windows on the world (2003), Frédéric Beigbeder

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