relations

La Normalité n’existe pas

« Si tu étais un homme, tu serais un sacré connard ! »

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Cette phrase, dite à mon intention, me fit doucement sourire. Car je m’étais déjà fait la même réflexion à mon égard. J’apprécie les différences, la multitude d’aspects, de caractères, de sensations, reflétés dans l’être humain. Je regarde souvent les gens dans la rue. Non pour les juger, mais pour rencontrer de nouvelles personnes, voir de quoi chaque individu est fait. J’aime découvrir l’humanité à son maximum, sans être humaniste pour autant. J’ai connu des prétentieux, des faux prétentieux, des timides, des faux timides, des personnes enveloppées, des maigrichonnes, des grandes, des plus petites, des poilues, des imberbes, et parmi tout cela également des personnes plus moyennes. Moyen non dans le sens bof, mais dans le sens « normal », dans la moyenne, car pour moi la normalité n’existe pas, je pencherais plutôt vers une tendance générale, exceptions mises à part. Je me moque souvent de moi-même car cette curiosité instinctive, souvent même non voulue et fruit du hasard, ne me rend pas plus heureuse pour autant. J’aurais pu connaître un dixième de toutes ces personnes et être consciente que je me porterais tout aussi bien, voire mieux. La différence apporte la comparaison, parfois le mal-être, souvent l’admiration. Serait-ce ma mysoginie pas si latente que cela qui me pousse à côtoyer des personnes du sexe opposé, chez qui aucune comparaison vis-à-vis de moi n’est valable ?

Si j’étais un homme, je ne serais pas capitaine mais je ne pense pas que j’aurais changé pour autant mes limites. J’aurais peut-être mieux assumé mes moments de célibat. J’aurais vécu plus facilement les ruptures ou j’aurais été plus souvent à l’origine desdites ruptures. Ma mère m’aurait laissé plus facilement jouer aux jeux vidéo. J’aime tellement les hommes que j’aurais peut-être été gay. Je pleurerais peut-être beaucoup moins. Je n’aurais probablement pas été passée à tabac dans la rue pour qu’on me vole mon sac. Impossible de s’imaginer dans la peau d’un autre soi-même quand il est déjà difficile de s’interpréter et de s’assumer tel que l’on est réellement.

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