quiétude

I’m feeling good.

Le plaisir d’aller au cinéma, de se faufiler dans une salle sombre, accompagné ou non,  et se trouver une place parmi les spectateurs déjà fascinés par les publicités quelconques.
Les cinémas urbains ont cet immense avantage de voir se rassembler diverses catégories d’individus ; des classes sociales antagonistes aux différences d’âge les plus prononcées.
Un ardent mélange qui s’arrête toutefois à peine les portes des différentes salles de projo franchies. Les films et leurs multiples genres stéréotypent leurs spectateurs respectifs, qui eux, le leur rendent à la perfection.

Spectateurs stéréotypés car regroupés selon leurs intérêts dans des salles closes, à l’abri des personnes à intérêts contraires. Protégés, enveloppés dans leur monde au milieu de congénères choisis contre leur gré mais leur correspondant parfaitement. Et même s’ils continuent de s’enfoncer encore plus profondément dans leur fauteuil pendant la séance, entendant dans leurs oreilles le bruit résonnant du pop corn de leurs voisins, ils restent fascinés par l’écran. Buvant les paroles de leurs actrices préférées, observant d’un œil brillant leurs courbes les plus parfaites, laissant jusqu’à vagabonder leur imagination au-delà de la salle, se sentant projetés à travers l’écran, oubliant même la centaine d’autres personnes présentes, ressentant toutes ce même besoin de s’évader, s’oublier, face à n’importe quel film qui pourrait refléter la vie de leurs rêves les plus inavouables.
Acheter sa place pour une séance de cinéma, c’est troquer deux heures de sa vie normale, banale, lancinante contre deux heures de sentiments, de ressentiments, d’émotions diverses, passant tour à tour à un mélange de peur, de joie, de rire et de pleurs. Autant il est déculpabilisant de pleurer pour d’autres, autant il n’est jamais négligeable de prendre plaisir à rigoler sans raison. Comme errer sans but dans un océan sombre d’hémoglobine, se noyant, comme dans un lit de vase sirupeuse, sentant certaines gouttes de sang s’échapper pour se sentir couler doucement au tréfonds de la gorge.

L’imagination n’est jamais contre-productive.

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