questionnement

Le Samedi 14 Juillet 2012

C’est en échangeant avec un ami sur nos souvenirs d’étudiants, que je me suis rappelée ces jours, ces soirées, voire ces nuits, qui avaient l’air d’en englober plusieurs. Ces journées qui semblaient durer 50 heures ou ces soirs qui comptaient tant d’événements qu’il est difficile de se dire que tout cela n’a eu lieu de fait qu’en un temps très limité. C’était le cas de la soirée du samedi 14 juillet 2012.

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En me réveillant ce 14 juillet, j’étais encore en train de me demander si j’irais le soir même au concert de Madonna au Stade de France, pour son MDNA Tour, ou bien à une soirée avec des amis, chez une personne que je ne connaissais alors que très peu. Sachant que ma présence au Stade de France était en lien avec le travail, je décidais de décliner cette première option pour profiter d’une soirée plus axée détente que boulot. Il faut également savoir que je déteste le 14 juillet de manière générale. Je passe généralement mon temps à pleurer devant les feux d’artifices, synonymes pour moi et pour de trop multiples raisons, d’abandon, de solitude et de tristesse. Egalement, mon compagnon de l’époque n’était pas avec moi ce soir-là puisque le 14 juillet est la date anniversaire de sa meilleure amie. Compte-tenu de l’amour / amitié indéfini qui les liait, ce n’était pas pour me plaire que de le savoir avec elle. C’est donc d’une humeur passablement blasée que je me suis rendue passer la soirée dans un pavillon sévrien, où j’espérais mettre de côté tout ce qui me chagrinait ces derniers temps. Il convient de noter que notre relation ayant commencé il y a deux ans, nous n’avions plus vraiment de secrets l’un pour l’autre. En fait nous savions tous les deux qu’il couchait déjà avec tout ce qui bougeait.

Je suis médisante. Il y avait quand même un gros point positif, je partais le lendemain aux aurores pour aller passer un entretien d’embauche le lundi matin en Suisse. Arrivée à la soirée, parmi les premières, je ne connaissais pas du tout les personnes déjà présentes. Je ne savais pas encore que le jardin où j’étais me verrait passer des journées et des soirées entières, puisque je deviendrai six mois plus tard et pendant un an et demi la compagne de notre hôte. Avant qu’il ne me jette pour une autre, comme il avait fait avant moi et maintes fois encore avant. Mais je ne sais alors rien de tout cela.

Les minutes passant, je parlais avec des inconnus qui deviendraient bientôt des connaissances puis, en les voyant arriver, avec des amis que j’avais déjà. Je me suis mise à échanger avec eux pendant plus d’une heure jusqu’à me glacer d’effroi. De ma chaise, j’avais une vue assez générale des invités de la soirée, ce que je vis me laissa bouche bée. Un ancien compagnon, que je n’avais pas oubliée mais que je pensais à l’étranger venait de faire son apparition. C’était la honte qui me donnait ce sentiment de rejet. En effet, notre histoire avait mal fini de ma faute et cela m’avait beaucoup peinée, en plus de causer la fermeture de mon blog, ce blog-ci très justement. J’aurais tout donné pour disparaître six pieds sous terre, me recouvrir de mousse verte bien moelleuse afin de fuir le regard perçant que j’imaginais sur moi (il n’en était rien, il était ravi de me voir ; en fait moi aussi, mais j’étais tout de même terrifiée).

Mon Dieu, qu’est-ce que je faisais là ? J’aurais mieux fait d’aller travailler au SdF ou rester chez moi, ou me faire incruster à la soirée d’anniversaire où était mon homme, qui ne répondait d’ailleurs plus au téléphone. J’essayais d’aller parler à un peu tout le monde de la soirée, histoire de fuir mon ex-compagnon qui ne me voulait pourtant aucun mal, ma paranoïa reprenant le dessus. Je me souviendrais toutefois de l’histoire du petit frigo et lirais ensuite quelques ouvrages de Lovecraft que je ne connaissais à l’époque pas. Il était deux heures du matin passées quand je me suis décidée à rentrer chez moi. Comme il ne répondait toujours pas, je me suis dit qu’il devait être bien évidemment en boîte de nuit, où il boirait trop, comme d’habitude. En plus je devais partir tout à l’heure tôt pour mon voyage express suisse. Le temps de rassembler mes esprits et mes affaires, prendre congé et la route jusqu’à chez moi, j’arrive dans mon lit à trois heures passées. Ce qui pour moi tient du record. Avachie par la fatigue, c’est au bout de ma vie que je tombe sur mon lit, au même moment où la sonnerie de mon téléphone se met à rugir. Mon petit ami. La seule personne à ce moment là pour qui je suis prête à décrocher à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Je me rends compte en prenant l’appel que j’ai eu droit à plusieurs textos incompréhensibles pendant que je conduisais. Alcool à outrance, comme d’hab. Le connaissant bien, je comprends ce qu’il me raconte, ce qui se résume à « Rentréchémoi, trobu peupaouvrirmaporte« . Je me rhabille et reprends le volant pour me rendre chez lui. Je prends mon téléphone pour joindre sa meilleure amie afin d’avoir plus d’infos sur la soirée avant d’arriver et trouver mon jeune homme aussi frais qu’une pâquerette fanée, que je maternerais jusqu’à ce qu’il s’endorme. A peine deux heures après, dont une sieste d’une demi-heure seulement pour ma part, je me relève, pars de chez lui et monte à bord du 4×4 BMW flambant neuf de mon père pour faire face à sept heures de route et passer un entretien que je ne réussirais finalement pas.

Pas plus tristes ou pas plus joyeuses que d’autres, il y a simplement des journées qui marquent de par leur intensité. De par les questionnements qu’elles soulèvent. Comment ma vie serait-elle aujourd’hui si j’étais restée avec certaines personnes ? Ou mise avec d’autres ? Ou le contraire ? Si j’étais allée travailler au Sdf ou m’amuser dans une autre soirée ? Si j’avais été prise au poste que je convoitais à Lausanne ? Le déroulé des questions en « si » n’existe que lorsqu’on est désappointé des choix qui ont été pris jusqu’alors. On ne se pose pas souvent la question de ce qu’aurait été une vie avec d’autres choix quand on est sûr d’avoir pris les bons. Quand toutefois on peut décider desdits événements…

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Could It Be Anybody ?

Ça rime à quoi ?

Ça rime à quoi que l’on ressasse tous les jours les mêmes problèmes dans les journaux économiques ?
Que l’on s’entête à vouloir trouver de bonnes solutions à tout ?

Pauvre de moi qui ne souhaite m’occuper que de problèmes plus rationnels, beaucoup moins matériels et, comble du mauvais goût, plus sentimentaux.

« Mais que faire quand on ne croit plus personne ? »
« Au mieux avoir une vision systémique, au pire devenir un chat. L’un n’excluant pas l’autre. »

Miaou