punk cabaret

Amanda Palmer Goes Down Under

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Voilà quelques temps que je n’avais pas parlé d’Amanda Palmer ici. Et pour cause, elle ne sort pas des albums tous les mois. Mais pour sa défense, l’album dont je vais parler est sorti il y a plusieurs mois déjà (en Février si ma mémoire est bonne), sans que je n’aie pris le temps de l’évoquer. Amanda Palmer Goes Down Under est un album enregistré en live lors de sa tournée australienne. Elle y chante avec une demi-douzaine de chanteurs et autant de musiciens différents. Solos et duos remplissent donc cet album, avec des chansons qui ne sont pas toutes composées par Palmer elle-même. Son précédent album solo, Who Killed Amanda Palmer ? (en référence à Twin Peaks, obviously) m’avait donné l’occasion de la voir en concert à Paris. Depuis lors elle s’est mariée avec Neil Gaiman, créateur, entre autres, de Coraline, et elle a monté le groupe Evelyn Evelyn dont j’avais parlé ici, mettant les Dresden Dolls au second plan. Ce premier album avait été un succès dans le milieu, car il faut préciser que le genre punk cabaret n’est pas le plus médiatique qui soit, à l’instar de ce dernier opus. On retrouve dans cet album l’humour des paroles écrites par Amanda et son franc-parler, tout autant que son envie de parler de choses qui ne nous viendraient même pas à l’esprit : la forme géographiquement vaginale de la Tasmanie, le Vegemite, sorte de Nutella australien apparemment dégueulasse, ou encore les pratiques sexuelles assez en marge, chantées par le groupe Mikelangelo. Un album qui sort des sentiers battus donc, qui ravira les fans du genre autant que ceux qui sont, comme moi, en admiration devant la voix d’Amanda Palmer.

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Evelyn Evelyn

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Lyn et Eva Neville sont nées en Septembre 1985 dans une petite ferme dans l’ouest du Kansas. Les deux filles sont des sœurs siamoises n’ayant jamais été séparées l’une de l’autre, partageant trois jambes, deux bras, deux cœurs mais chantant d’une seule voix. On en sait très peu sur leur jeunesse, jusqu’en 1996 lorsqu’elles firent leur première apparition publique dans le carnaval ambulant de Dillard et Fullerton. C’est ici que les sœurs surnommées « Evelyn » vont développer leur Amour pour la musique. Mais traitées comme des bêtes de foire et voyant leurs camarades du cirque mourir les uns après les autres suite à la malnutrition et aux maladies, les deux sœurs vont prendre la résolution de s’échapper de ce cirque maudit pour vivre de leur musique, malgré leur physique quelque peu particulier, avec comme instruments de prédilection le piano, l’ukulélé, la guitare et l’accordéon.

On y croirait n’est-ce pas ?

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Lyn et Eva ne sont ni plus ni moins toutes deux sorties de l’imagination fertile d’Amanda Palmer et Jason Webley, qui interprètent sur scène leurs deux protégées. Ce projet ne s’est pas fait sur un coup de tête puisqu’un EP était déjà sorti en 2007 permettant de patienter jusqu’à leur premier album paru début 2010. Pour ceux qui l’ignorent, Amanda (fucking) Palmer était jusqu’alors la chanteuse / pianiste des Dresden Dolls, accompagnée par Brian Viglione à la batterie. Après avoir fait un album solo qui s’est révélé être une pure merveille (Who Killed Amanda Palmer, en référence à Laura Palmer tuée au début de Twin Peaks), le projet Evelyn Evelyn a enfin vu le jour.

J’ai eu la merveilleuse occasion de voir Amanda Palmer et Jason Webley en concert il y a bientôt deux ans et je regrette de ne pas avoir saisi l’opportunité de les revoir cette fois transformés en sœur siamoises (les passages en Europe lors de leurs tournées respectives étant pour eux inévitables ; bientôt repartis en tournée, espérons qu’ils gardent leurs bonnes habitudes). Webley est maintenant complètement méconnaissable, plus de longs cheveux en bataille ni de bouc proéminent, pour cause, leur rôle en tant qu’Eva et Lyn devait rester secret le plus longtemps possible. Evidemment, à l’écoute de l’album éponyme Evelyn Evelyn, il est impossible de ne pas reconnaitre la voix quelque peu effilée mais si délicieuse d’AFP et celle si douce bien que masculine de Webley. En plus d’avoir imaginé tout un scénario, l’album est innovateur par rapport à leur musique originale, exit les rythmes détonants de Palmer mélangés à sa voix forte, exit le style punk cabaret de Webley. Evelyn Evelyn nous plonge dans les décennies passées avec un ton plutôt baroque, qui se marierait à la perfection avec la série Carnivale (deux saisons, à voir absolument). Un son totalement différent donc mais non moins intéressant comme le confirme le titre phare de l’album : Have you seen my Sister Evelyn ?

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