politique

Baron Noir

Diffusée durant le mois de février 2016 sur Canal +, Baron Noir est la série française qui a fait flamber l’audimat de ce début d’année. Retour sur un succès bien mérité.

Série de huit épisodes, tous parus entre le 8 et le 29 février de cette année, Baron Noir est un thriller politique réaliste sous bien des aspects. Tout d’abord, les lieux principaux de l’intrigue sont Dunkerque, Paris et La Défense, des lieux dans lesquels il est facile de s’identifier quand on habite en France (et encore plus quand on est en région parisienne). Le pitch est bien simple, les rebondissements plus complexes : nous suivons les méandres politiques de Philippe Rickwaert, député-maire du Nord (joué par Kad Merad) et de son comparse Francis Laugier, candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle (Niels Arestrup). Du même bord politique, cela ne veut pas forcément dire que les deux vont s’entendre comme larrons en foire. Manoeuvres politiques (et fiscales), trahisons, mensonges … Les Echos ont bien raison de titrer « Baron Noir, plus fort que House of Cards« .

baron_noir

D’autres acteurs français connus font bien entendu partie du casting. Je peux citer quelques noms (dont Alain Bouzigues et Anna Mouglalis), mais je ne vais pas tous les lister car bien souvent on ne sait pas forcément mettre un nom sur un acteur qu’on voit pourtant bien souvent dans des séries télévisées françaises.

Comme je le disais, seulement huit épisodes composent cette série, ce qui renforce l’aspect dynamique des événements. La réalisation de Ziad Doueiri bascule aisément entre cadrage intimiste et grandiloquent, ce qui ajoute à la tension narrative, au même titre que la bande-son de l’illustre Evgueni Galperine et Sacha Galperine. On ne sait pas si une deuxième saison verra le jour, mais Canal + nous a encore une fois prouvé que les séries françaises ont encore de l’avenir devant elles !

Publicités

Valérie Trierweiler, Merci pour ce livre

Au départ par curiosité, par plaisir coupable, puis par analogie avec ma propre histoire, j’ai voulu me laisser séduire par le livre très médiatisé de Valérie Trierweiler. Dépassant à ce jour les 450 000 ventes, Merci pour ce moment ne s’associe pas à un simple lavage de linge sale en public. Il est un cri du cœur d’une femme trompée, humiliée et bafouée.

_DSC0100

Bien qu’ayant eu un soupçon de culpabilité en passant à la caisse avec le livre, je ne regrette en rien de l’avoir acheté. Car je ne l’ai pas acheté par souci d’entendre des ragots, mais pour trouver une porte de sortie et m’inspirer de la force de cette femme, où je lis des tournures de phrases qui pourraient être miennes.

Edité par Les Arènes, j’ai dévoré Merci pour ce moment en l’espace d’une journée. Ce livre est juste et franc. Il balaye toutes les idées préconçues que l’on peut avoir, que ce soit selon les informations reléguées préalablement dans les médias ou selon sa propre orientation politique. A titre exemple, je ne partage pas les idéologies politiques de Valérie Trierweiler, mais j’ai été touchée par ses mots, sa volonté de prendre du recul malgré tous les événements.

Je suis malheureusement bien placée pour comprendre, à mon échelle, le drame personnel qu’elle a pu vivre. Me servant de ce blog, et ayant même proposé un livre à des maisons d’édition, pour expier un sujet semblable. L’écriture sert ici d’exutoire. Sans servir à régler ses comptes et tirer à vue, écrire permet de voir sa vie en hauteur, d’analyser la situation pour fermer un pan de sa vie. Le mal d’Amour est un mal pernicieux, presque létal. Mais il reste toujours à relativiser quand on pense à d’autres épreuves que subissent tous les jours des personnes dans le besoin, sans emploi, en pleine guerre à travers le monde ou encore en proie à des violences conjugales. Valérie Trierweiler le dit elle-même sans faux-semblant : « Je traverse une épreuve, pas un drame » (p. 33). Cette phrase est le déclic qui permet de se rendre compte que le recul est pris, qu’il faut avancer, bien que cela n’efface ni la douleur, ni les larmes.

valerie-trierweiler-869088-jpg_574203

Valérie Trierweiler, en plus d’une notoriété et d’un sujet nationalement connu qui permet aisément d’ouvrir facilement des portes dans le milieu de l’édition, est une femme qui parvient à décrire ses sentiments. Je fais une critique du livre mais je me permets un parallèle avec ma propre histoire. Je me revois, il n’y a pas si longtemps que cela, dans le bureau d’Arash Derambarsh, directeur de collection au Cherche-Midi, l’entendant me conseiller et me dire, suite à la lecture de mon manuscrit, qu’il faut que je parvienne à décrire plus en détails ce que je ressens, quelle joie ou quelle peine a pu m’épanouir ou me déchirer. J’utilise toujours un bon nombre de métaphores ou de phrases bien tournées, là où Valérie Trierweiler sait utiliser le pouvoir descriptif des mots, alors même que ces douleurs sont indéfinissables.

Merci pour ce moment se lit comme un roman, car à nos yeux, simples lecteurs, il est bien tourné et nous happe plus comme une histoire où l’on peut se reconnaître, plutôt qu’un simple reportage impersonnel. J’ai souffert, j’ai connu moi aussi « l’éternelle naïveté des femmes fidèles » (p.297). J’en ai écrit un livre, bien qu’encore non publié. Je comprends ses raisons d’avoir voulu coucher sur le papier toute cette douleur. Dans une volonté d’aller de l’avant, mais dans une optique de réhabilitation également, elle-même consciente de l’image négative qu’elle avait véhiculée sans le vouloir. Je comprends la retenue de certaines personnes à la publication du livre, s’offusquant qu’on puisse … écrire ce que l’on pense. Mais libre à ceux qui le souhaitent, de le lire ou non. J’ai beaucoup souffert pour moi, mais ici j’ai souffert pour elle. En lisant la référence, page 62, à la séquence au Grand Journal où Julie Gayet « ne dément pas et minaude », je suis allée voir cette vidéo à nouveau, qui ne m’avait à l’époque pas interpellée. En la visionnant à la lumière d’éléments nouveaux, j’ai eu mal. Je me suis reconnue en Valérie Trierweiler regardant cette émission, dans sa peine, dans son incompréhension, dans cette douleur qui broie sans qu’on ne puisse trouver un moyen de la faire passer.

Les phrases ne sont pas perfides, elles claquent. Elles sont l’instrument de la tristesse et non de la vengeance. Bien des mots que j’ai pu écrire à des personnes m’ayant fait beaucoup de mal, ont été mal interprétés. Les personnes en tort s’imaginent plus facilement qu’on leur en veut, plutôt que d’être responsables du malheur d’autrui. C’est dans cette même optique que j’ai lu les pages de ce livre, les unes après les autres.

J’ai aimé et je défends Merci pour ce moment car je m’y suis reconnue, toutes proportions gardées. Non, ce livre n’est pas un torchon pour des lectrices en attente du nouveau numéro de Grazia. Ce livre est un message d’espoir, pour elle et pour toutes celles et ceux qui peuvent être amenés à affronter des situations similaires, où l’être qu’on aime est devenu « tellement différent, indifférent » (p.63).

Scandal !

Dans une semaine parait la quatrième saison de Scandal, l’occasion de revenir sur une série marquante de ces dernières années, que j’ai dévorée en l’espace de deux semaines.

Scandal_(logo)

Créée en 2012 par Shonda Rhimes (à qui l’on doit des séries que je n’ai jamais regardées comme Private Practice et Grey’s Anatomy), Scandal est une série que j’ai liée sous bien des aspects à House of Cards. La raison est simple : tout tourne autour des magouilles politiciennes américaines, qui sont censées être invisibles pour le commun des mortels. Kerry Washington (qu’on a dernièrement vue dans Django Unchained) y joue Olivia Pope, une chargée de communication très liée à la maison blanche, et encore plus au président des Etats-Unis.

J’ai dévoré Scandal comme j’ai dévoré House of Cards. Cette dernière nous trouve un Kevin Spacey rongé par l’ambition politique, qui crée des coups d’état en toute anonymat, afin de se rapprocher du siège de la présidence. Il brise le quatrième mur avec style en s’adressant au spectateur au fil des péripéties qu’il provoque ou subit. Dans Scandal c’est proche mais différent. Olivia Pope est avant tout là pour régler les histoires de mœurs, de tricherie et autres coups bas à l’encontre de la maison blanche, mais pas que. Car les coups bas viennent aussi de la maison blanche.

HENRY IAN CUSICK, KATIE LOWES, GUILLERMO DIAZ, KERRY WASHINGTON, COLUMBUS SHORT, DARBY STANCHFIELD, JEFF PERRY, TONY GOLDWYN

Cette série est prenante car il n’est pas question de « qui-couche-avec-qui » et autres sujets gnangnan. Elle est prenante car on assiste à une enquête par épisode, comme dans Elementary, toujours menée de main de maître, même si parfois tirée par les cheveux. Les services secrets et les méthodes de tortures sont dans la place, au même titre que les minorités, qu’elles soient noires, gays ou rousses. Scandal n’est pas pour moi une série avec un ramassis de ragots, mais plutôt une série policière qui se tient sur la longueur, sans s’essouffler, du moins jusqu’à présent. Mention spéciale à Guillermo Díaz, qu’on avait pu voir dans Weeds (troisième sur la photo en partant de la gauche), qui joue ici un ancien agent très secret. Tony Goldwyn (tout à droite) tient le rôle du président, à savoir qu’il est ancien réalisateur de Dexter et The L Word (le milieu est petit), séries dans lesquelles il avait également tenu un petit rôle.

Si vous avez du mal à vous décider, essayez au moins un épisode, voire une saison, sachant que la première n’en comporte que sept. Bien que chaque épisode soit indépendant au niveau des enquêtes, il est tout de même recommandé de suivre la chronologie, compte-tenu de la présence d’un important fil directeur.