policier

Sherlock Holmes au Grand Point Virgule

 N’arrivant pas à me décider entre cinéma et théâtre le weekend dernier, j’ai opté pour cinéma (Edmond, adapté de la pièce du même nom, donc on reste dans le thème) et théâtre, avec la pièce Sherlock Holmes et le Mystère de la Vallée de Boscombe, au Grand Point Virgule, au sein du quartier Montparnasse.

Ayant surtout choisi cette pièce de par son titre, je n’ai lu aucune critique avant d’y aller, préférant comme bien souvent me réserver la surprise lors de la représentation. Et de cela en a résulté en une très bonne surprise. Un humour anglais avec des références à l’actualité, des personnages distinctifs (alors même qu’il n’y a que trois acteurs sur scène), des brisures régulières du quatrième mur et une mise en scène détonante : je comprends sans hésitation la réussite de cette pièce. Il va sans dire que la représentation où j’étais avait fait salle comble mais, étant habituée du théâtre, je savais que les premiers rangs étaient plus clairsemés, car peu nombreux sont les spectateurs prêts à affronter les aléas et les pièges parfois tendus par les acteurs. Le scénario tient son fil directeur, tout en prenant en compte les interactions avec le public et en permettant une certaine marge de manœuvre quant aux tirades et aux actions des personnages. Enfin, même si la pièce a été présentée plus d’une centaine de fois au bas mot, les acteurs semblent s’amuser comme au premier jour et donner un sentiment réel de spontanéité.

Devant le succès de la pièce, les acteurs ont changé et j’ai ainsi eu devant moi les plus récents représentants, dont Christophe Delort, qui en est également l’auteur et le metteur en scène (et qui m’a très gentiment offert un poster à la fin de la représentation avec un petit mot personnalisé). Ce qui est d’ailleurs vraiment représentatif de la disponibilité des acteurs que nous avons en face de nous et de leur passion pour ce métier.

Sans trop en dire car il faut que vous puissiez découvrir tout cela par vous-même, je vous recommande donc chaudement Sherlock Holmes et le Mystère de la Vallée de Boscombe au Grand Point Virgule, au moins jusqu’à fin mars.

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Aux Yeux de Tous (x 2)

Suite aux conseils d’un ami, j’ai visionné Aux Yeux de Tous, film américain sorti il y a peu, avec Nicole Kidman et Julia Roberts. Sauf que mon ami me conseillait Aux Yeux de Tous, film français sorti en 2012, qui n’a aucun lien avec le premier, avec Mélanie Doutey, sur la vidéosurveillance et le traçage des individus. Au final, j’ai vu les deux.

Aux Yeux de Tous : le film américain

Sorti en 2015 aux Etats-Unis sous le titre Secret In Their Eyes, le film est un remake du film argentin Dans ses Yeux de 2009. L’histoire a lieu peu après les attentats du 11 septembre et a comme personnage principal Julia Roberts, agente du FBI, qui découvre sa fille violée et tuée. Aucune piste ne permet officiellement de conclure l’enquête et c’est un de ses amis, enquêteur également, qui va rouvrir l’enquête treize ans après, afin d’apporter à la mère une réponse.

Le scénario est bien ficelé même si on s’y perd parfois entre les actions ayant lieu en 2001 et celles ayant lieu treize ans plus tard, ce qui entraîne quelques incompréhensions au niveau de l’histoire et de la cohérence des films. Les acteurs sont parfaits dans leur rôle, avec une mention spéciale pour Nicole Kidman, qui joue toujours sur ses charmes de la plus belle et pertinente façon qui soit.

Sans être avare en rebondissements, le film a tout de même des temps plus calmes, où on peut apprécier l’avancée de l’enquête et l’entièreté du casting, avec également Chiwetel Ejiofor, Dean Norris et même Alfred Molina. On passe un bon moment, mais il faut rester concentré d’un bout à l’autre si l’on veut bien comprendre la fin qu’on ne voit pas tout à fait venir.

Aux Yeux de Tous : le film français

 Entièrement filmé par le biais de webcams et caméras de surveillance, il se focalise sur un couple de parisiens, composé d’un jeune homme lambda et d’une policière avec des moyens d’argent, ayant déposé un colis piégé à la gare d’Austerlitz, avec pour conséquence l’assassinat de plusieurs personnes. Avec Olivier Barthélémy et Mélanie Doutey dans les rôles principaux, le film est assez court mais va très vite dans l’enchaînement des événements. Nous suivons le hacker qui pirate les séquences vidéo de l’attentat et les caméras de surveillance de Paris, jusqu’à retracer la piste de notre couple, qui ne sont que des hommes de main n’ayant pas conscience de leur acte avant que le colis n’explose, et surtout, des investigateurs du complot.

Tout premier film de Cédric Jimenez, ce dernier veut nous montrer à quel point les images et vidéos peuvent être trafiquées et à quel point nous pouvons être vulnérables face au traitement des données. Webcams piratées, caméras de la ville détournées facilement : tout nous montre ici que notre droit à l’image n’est que pure foutaise. S’approchant du réalisme au maximum (entre complots politiques et lieux connus), le film tient en haleine, malgré des techniques utilisées assez rudimentaire (les sons par exemple ne sont qu’issus de téléphones ou de micros à basse qualité).

Je vous conseille donc ces deux films, selon vos goûts, qui abordent chacun à leur façon la crainte et les conséquences d’attentats.

The Fall

Je suis tombée sur cette série dans un article qui mentionnait The Fall parmi les séries de thriller US qui étaient le plus binge watchées… Hé bien j’ai binge watché les deux saisons en trois jours. Et je me suis demandée comment j’avais pu passer à côté depuis 2013 !

Déjà, The Fall reprend deux de mes acteurs fétiches : Gillian Anderson (on a d’ailleurs récemment appris que la saison onze de X-Files était confirmée) et Jamie Dornan (plus pour Once Upon a Time que 50 Nuances de Conneries). Ensuite, les saisons sont courtes : cinq épisodes pour la première, six pour la deuxième. Enfin, l’ambiance et le traitement de l’histoire sont telles qu’on est obligés d’enchaîner les épisodes tellement le rythme est haletant.

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La réalisation est particulièrement bien effectuée. Les cadrages précis mais proches. Comme si nous étions dans un documentaire, le côté caméra à l’épaule en moins. Nous faisons partie des événements, de l’intimité des trois, voire quatre personnages principaux. Tournée à Belfast, la série est troublante de réalisme et peut s’apparenter à un épisode de série télévisée qui nous résume une enquête policière. Mais en bien mieux, puisque nous prenons ici le temps de comprendre chaque individu, leurs forces, leurs faiblesses, leurs objectifs. Rien n’est bâclé, chaque pion est méthodiquement avancé un par un.

Devant un tel succès public, The Fall a été reconduit pour une troisième saison, bien que les deux premières se suffisent à elles-mêmes. Cinq nouveaux épisodes sont prévus, sans qu’une date de sortie n’ait encore été annoncée.

And Then There Were None

Enième adaptation de l’ouvrage le plus vendu d’Agathe Christie (100 millions d’exemplaires tout de même !), And Then There Were None a l’énorme avantage d’être une adaptation britannique, so delicious.

Produite à l’occasion du 125e anniversaire de la naissance de l’auteure, cette mini-série n’est composée que de trois épisodes et peut donc se regarder sans problème en une soirée (2h45 au global), de préférence avec un cognac à la main et les pieds devant la cheminée. Pour ceux qui ne se souviennent pas du pitch des 10 Petits Nègres, je vais le résumer en quelques mots :  dix personnes qui ne se connaissent pas sont invitées pour un weekend sur une île et vont mourir les uns après les autres. La question étant évidemment, qui est le meurtrier parmi eux ?

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Ce que j’adore dans les séries british c’est déjà l’humour (même dans les policiers comme celui-là il n’est pas négligeable), mais également les acteurs auxquels on est habitués. En l’occurence, nous avons le plaisir de revoir ici Charles Dance (notre cher Tywin Lannister) sous les traits du Juge Lawrence Wargrave, Burn Gorman (ForeverThe Man in the High Castle) jouant le sergent détective William Blore ou encore Miranda Richardson en Emily Brent, la Rita Skeeter démoniaque de leur Harry Potter national. La population d’acteurs britanniques étant plus restreinte que l’américaine, les séries anglaises permettent de nous attacher facilement aux acteurs récurrents.

Je me permets également de citer la scénariste Sarah Phelps quant à l’ambiance reflétée par la série, qui en fait un plaisir véritablement délectable : « Dans les histoires de Poirot et Marple, quelqu’un est là pour résoudre le mystère, et cela vous donne un sentiment de sécurité, sachant ce qui va se passer par la suite. […] Dans ce livre ce n’est pas le cas, personne ne va venir vous sauver, personne ne va venir aider ou comprendre. Il y a quelqu’un aux manettes, et cette personne est pernicieuse. C’est brutal et excitant à cause de cela. »

Egalement, si je parle de cette série aujourd’hui, c’est parce qu’il n’y a pas qu’une seule série produite par la BBC à l’occasion du 125e anniversaire de la naissance d’Agatha Christie, mais deux ! En effet, Partners in Crime (Associés contre le crime), la seconde mini-série, débarque le 30 avril 2016 sur D8 et comporte six épisodes. Vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous appréciez le thé, les meurtres et les biscuits secs !

Maxime Chattam

Auteur français aussi vénéré à mes yeux que Jean-Christophe Grangé ou encore Franck Thilliez, Maxime Chattam nous livre des polars avec de réelles intrigues et un franc parler adéquat, qui nous permettent de plonger véritablement dans une angoisse et une possession telles, qu’on ne peut pas lâcher un de ses ouvrages sans l’avoir dévoré de bout en bout.

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Attention toutefois aux âmes sensibles car je connais peu de personnes de mon entourage à qui je pourrais recommander cette littérature. Elle n’est pas à mettre entre toutes les mains. J’avoue que certains passages m’ont moi-même troublée. Glaciale, dérangeante, dégoûtante, pourraient être des adjectifs pour la décrire alors que je la trouve avant tout intéressante, prenante et réaliste. Oui, Chattam met en avant la lie de l’humanité et les horreurs qui peuvent être effectuées par les hommes : meurtres, mutilations, agressions, sadisme … mais cela ne représente-t-il pas réellement notre société et ce qu’elle est en train de devenir ?

A titre d’exemples, la Conjuration Primitive nous montre que le nouveau virus touchant notre société à venir est celui du meurtre. La Théorie Gaïa (et la trilogie dont elle est issue) nous met également sous les yeux les preuves des changements que nous imposons à la planète – que je rapprocherais du livre Inferno de Dan Brown et dans le même temps de la Forêt des Mânes de Grangé (que je vous conseille fortement). Le Sang du Temps nous plonge dans l’univers des sociopathes et des difficultés à faire confiance à tout un chacun, même au narrateur de l’histoire. Dans les deux parties du Diptyque du Temps, il nous fait remonter dans le temps pour nous prouver que le mal habite la société depuis un grand nombre de décennies déjà…

Bien sûr, les écrits de Maxime Chattam sont dérangeants. Mais ne le sont-ils pas car nous savons au fond de nous qu’ils abordent une large part de vérité ? Qu’il suffit de regarder les flux d’actualité pour être abreuvés de nouvelles aussi sordides, les détails pratiques en moins ?

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Et puis c’est bien écrit, c’est essentiel. Les enchainements sont limpides et les chapitres bien souvent courts, pour donner l’envie à chaque fois de commencer le prochain. Egalement, l’aspect dramatique est à mon avis une des raisons pour laquelle il est si simple de s’identifier au(x) narrateur(s). Ils sont tout aussi faillibles que nous, pouvant même mourir en plein milieu du livre, sans crier gare… Ce qui n’est pas courant pour un personnage principal qui raconte sa propre histoire.

Je vous conseille ses livres si vous souhaitez vous pencher dans ce qu’il y a de pire dans l’esprit humain, dans ses faiblesses, dans ses aberrations. Mais je vous les conseille si vous avez le coeur bien accroché, car il n’y a ici que peu de place pour de l’espoir et pas du tout pour de la tendresse.

Je me dis bien souvent que si je devais écrire des romans, j’aimerais écrire les siens.

Hannibal : La série mieux que les films ?

Je ne suis pas fan des « reprises », surtout quand les personnages principaux changent d’acteurs. Néanmoins, pour faussement plagier cet article qui a le même point de vue que moi sur la série : j’ai été stupide de douter de sa qualité et d’attendre avant de la visionner.

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Deux saisons sont sorties à ce jour et, avec un an d’écart, j’ai dévoré les deux à la même vitesse : à peine un weekend chrono pour regarder les 13 épisodes composant chaque saison. La troisième sortant l’hiver 2015.

Hannibal est une superbe série. Dans tous les sens du terme : elle est joliment filmée, les couleurs sont chaudes malgré le sujet policier (voire morbide) qui y est traité, les acteurs sont toujours particulièrement bien mis en avant, ainsi que les scènes de crime. Ces scènes de crime me font penser à Dexter, de par la façon dont les corps sont exposés pour être découverts. Même la façon dont Hannibal prépare la viande humaine donne envie de la déguster ! Je ne vais pas mettre ici de photos trash montrant les corps, pour un, ne pas spoiler, et deux, ne pas choquer. Il faut savoir que certains épisodes (principalement de la saison 2) sont interdits aux moins de 16 ans en raison de scènes parfois dérangeantes.

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Bien que réticente en amont, je n’ai eu aucun mal à intégrer l’acteur Mads Mikkelsen en tant qu’Hannibal Lecter, qui jouait précédemment Le Chiffre dans Casino Royale. On retrouve avec plaisir Gillian Anderson qui joue sa psychiatre, mais aussi et surtout Laurence Fishburne qui interprète l’agent spécial du FBI en charge des affaires à résoudre. Les enquêtes sont prenantes, les clins d’œil nombreux et les épisodes passent à une vitesse phénoménale car tout est bien écrit : du fil directeur aux meurtres annexes qui jalonnent la série.

Attention aux âmes sensibles par moments. Pour les autres, rien que regarder le pilote devrait vous convaincre de la pertinente de la série. Je ne saurais dire qu’elle dépasse les films, mais elle les égale sans doute possible.