mystère

Le Signal [Maxime Chattam]

J’avoue ne plus me souvenir si je vous en ai déjà parlé mais j’ai depuis plusieurs années mes auteurs de prédilection. Avec en haut de la liste Franck Thilliez et Maxime Chattam. C’est de ce dernier dont nous allons parler aujourd’hui.

J’ai attendu, non sans impatience, Noël, afin de me plonger dans la dernière parution de Maxime Chattam, Le Signal. Flirtant avec nos superstitions mais surtout nos croyances et le domaine du surnaturel, Le Signal reste pour autant un ouvrage qui garde un lien fort avec le réel, comme pour nous mettre en garde sur ce qui pourrait advenir dans un futur proche (comme il l’avait déjà fait avec l’Appel du Néant sorti en 2017).

 Sur près de 800 pages (je pense pouvoir dire sans me tromper qu’on a là son roman le plus conséquent), Maxime Chattam nous plonge dans l’environnement de Mahingan Falls (notamment grâce à la carte dessinée au début de l’ouvrage, que je n’ai cessé de consulter). On prend ici le temps de s’approprier les craintes de chacun, mais également leurs failles, leur tempérament et nous y attacher.

L’intrigue va crescendo jusqu’au climax, sans jamais précipiter les événements. J’ai essayé de prendre mon temps le plus possible pour tout lire en dégustant, sachant que je n’arrive jamais à m’empêcher de dévorer. Je sors conquise de ce livre qui, malgré son poids, m’a accompagné un peu partout, du cinéma d’Auxerre au Starbucks de Châtelet-les-Halles (bah oui, fallait quand même bien commencer le premier jour de l’année par un film d’horreur en bonne et due forme). Maxime Chattam ayant déclaré avoir déjà des romans finalisés, il n’y a plus qu’à espérer qu’il ne nous fasse pas languir trop longtemps !

Si vous souhaitez découvrir l’auteur, je vous conseille mes œuvres préférées :
Le magnifique Diptyque du Temps avec Léviatemps et Le Requiem des Abysses
Le fabuleux, dur et prenant Le Sang du Temps

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Slasher

Autant les films d’horreur se font rares au cinéma, autant les séries d’horreur sont quasiment inexistantes, hormis AHS évidemment et Scream Queens, bien que cette dernière était aussi violente … que drôle. On sent donc un nouvel air frais quant au genre depuis quelques temps, et c’est Slasher qui ouvre cette année le bal macabre.

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Série américano-canadienne, elle est réalisée par Aaron Martin et se focalise, à l’instar de Seven, sur des meurtres liés aux sept péchés capitaux. Diffusée depuis le 4 mars 2016, huit épisodes seulement composent cette première saison. Sarah Bennet retourne dans la petite ville de son enfance, où ses parents ont été sauvagement assassinés. Très vite, une série de meurtres du même acabit se propage et les secrets enfouis depuis longtemps refont surface. Attention, n’allez pas consulter la page Wikipedia de la série car chaque victime du tueur en série est associée à un numéro d’épisode, il serait donc bête de commencer la série en sachant déjà la durée de vie des habitants de la ville (et donc en excluant de fait des suspects potentiels).

Faisant irrémédiablement penser à Seven de par le fil rouge des meurtres, mais également à Scream de par la présence du serial killer masqué, qu’on devine pourtant proche de nous en termes de personnage (voire même au Slender man quand on voit l’affiche), Slasher est une série qui montre qu’elle sait où elle va et qui n’hésite pas à rythmer ses épisodes par des décès bien sentis. Comme d’habitude nous avons droit aux clichés inévitables quant aux habitants : la vieille bigotte, le couple gay, le policier qu’on a dans la poche, la barjo, la belle héroïne, la femme qui est dans le coma depuis des années et un autre tueur qui nous donne des indices car il veut nous aider. Si ce n’est pas une belle brochette de suspects ça !

Si vous êtes fan du genre (meurtres en série commis au sein d’une petite communauté), je peux aussi vous conseiller Harper’s Island avec ses treize épisodes sortis en 2009, avec un côté plus jovial puisque l’action se déroule … lors d’un mariage =]

Les Secrets de la Méthode Allen Carr

J’ai testé pour vous (et surtout pour moi) la méthode Allen Carr, formation reconnue dans le monde de la santé pour arrêter de fumer. Cette formation professionnelle dure quatre heures, face à un intervenant Allen Carr qui va délivrer les instructions à suivre pour arrêter de fumer dans la foulée. En amont de cette formation, je me suis beaucoup renseignée sur le sujet, sans parvenir à trouver de réelles informations, à part celles distillées par le groupe lui-même, qui sont donc des infos officielles (et naturellement subjectives alors que je souhaitais trouver le contraire).

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Je suis donc allée à cette formation en étant sur la réserve (pour 219€ la séance de quatre heures, il faut être prêt à vouloir en finir), car je ne parvenais pas à cibler l’onde mystique qui semblait englober le tout. Délire sectaire, hypnose de groupe, bourrage de crâne indéfinissable ? Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre, mais je vous rassure, je délirais plus que je ne raisonnais.

Tout d’abord, même s’il y a à minima de l’interaction, il convient de rester bien attentif pendant les quatre heures. Si, par exemple, vous n’arrivez même pas à vous concentrer pendant l’épreuve d’écoute du TOEIC, passez votre chemin. L’écoute est primordiale pour appréhender et assimiler les méthodes et instructions distillées. Il faut également mettre de côté toutes les idées reçues que l’on peut avoir sur le tabac. Chaque exemple (ou preuve) que la cigarette procure un plaisir, une détente, un mal nécessaire, sera poussé dans ses retranchements afin de démontrer qu’il n’existe réellement aucun avantage à fumer. Cela peut paraître bête dit ainsi, mais si cette vérité générale était appliquée, bien peu de personnes sur Terre fumeraient encore.

Le poids des mots est de la plus haute importance ici. On nous y explique, à titre d’exemple, que la cigarette n’a pas de vertus anti-stress particulières, mais quand on la fume, on dissipe momentanément le stress du à la descente de nicotine créé par l’absorption de la précédente. Les personnes qui ne fument pas sont donc naturellement bien moins stressées que les fumeurs, qui pensent se déstresser grâce à une substance qui, paradoxalement, leur crée ce stress. J’essaye d’expliquer ces faits de la façon la plus claire possible, mais si je me perds un peu n’hésitez pas à me le souligner. La méthode Allen Carr ne se repose pas sur la facilité de pointer du doigt la cigarette avec des accusations telles que « Ce n’est pas bon pour la santé » ou « Ça coûte cher« , car tous les fumeurs le savent pertinemment. Il convient mieux de tordre le cou aux clichés, souvent véhiculés par les médias, qui mettent en avant une image glamour de la cigarette (ce que j’ai d’ailleurs vérifié devant le film Saint Laurent hier).

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Je vous parlais du poids des mots à propos du tabac, mais il est également présent à propos des fumeurs. Une phrase m’a particulièrement marquée : « Je vous vois, vous êtes des personnes intelligentes. Vous êtes trop intelligentes pour être bêtes au point de continuer à fumer. » Oralement, elle était bien mieux formulée que ça, mais le principe est là. Il faut choquer, provoquer le déclic, et surtout considérer le groupe présent pour la formation comme un ensemble de personnes qui sont déjà redevenues non-fumeuses. L’intervenant nous interpelle plusieurs fois en nous disant « Regardez les fumeurs..« , « N’évitez pas les fumeurs… » : tout cela pour nous faire prendre conscience que nous n’appartenons plus à cette catégorie.

Pour que cette méthode fonctionne, il faut croire ce que l’on nous dit. Il faut oublier tout le recul que l’on peut avoir. Attention : on ne nous fait pas gober n’importe quoi, mais il faut être conscient que tout ce qui est dit doit être assimilé efficacement et sans poser de questions, dans l’optique de ne pas avoir l’impression de faire le sacrifice de l’arrêt du tabac. Je ne vais pas vous révéler toutes les instructions dites lors de la séance, car ce serait contre-productif. Il faut utiliser un phrasé précis et un charisme particulier pour faire passer ce message pourtant si évident que la nicotine nuit. Après la séance est remis un petit kit afin d’avoir un suivi à court terme et des bases sur lesquelles s’appuyer en cas de coup dur.

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 Je vais juste vous citer deux des phrases importantes que chaque fumeur redevenu non-fumeur doit se répéter pour persister dans sa volonté à en finir avec la cigarette : Ne jamais douter de sa décision d’arrêter de fumer car cette décision est la bonne. Se souvenir que nous étions malheureux en tant que fumeur et que c’est pour cette raison que nous avons arrêté. Je vais m’arrêter là pour le détail car je ne veux pas saborder le travail sur soi qui nécessite d’être effectué durant la formation. Ce n’est pas une méthode de « charlatans » mais il faut être déterminé afin d’entamer ce processus d’arrêt du tabac.

Contrairement à certains « symptômes post-méthode » que j’ai pu voir sur le net, je ne ressens pas une haine de la cigarette, pas plus que je n’ai des hauts-le-cœur quand j’y pense. J’ai toujours envie de fumer mais je réalise que ce n’est qu’une illusion. Les « non-fumeurs » vivent bien normalement, sans aucune sensation de manque. La dernière idée originale qui m’a frappée est la personnification de ce manque, qu’on peut appeler « son petit monstre de nicotine ». Il est là, dans un creux du ventre, à vouloir une cigarette, une de plus, encore une de plus. Mais plus les jours vont passer, plus il se taira, jusqu’à faire place nette et nous laisser finalement profiter d’une vie … normale, sans poison, sans être encore dépendant de la drogue la plus nulle du monde.