Mort

Et si je n’existais pas ?

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@Sacriledge

 A l’instar de Joe Dassin qui demandait « Et si tu n’existais pas ?« , je préfère me demander « Et si je n’existais pas ?« . Au travail, je serais remplacée en deux jours. Mon compagnon trouverait une nouvelle conquête en une semaine. Mes amis auraient trouvé quelqu’un d’autre avec qui ils auraient d’autres centres d’intérêt, d’autres traits de complicité. Alphonse Allais ne dit-il pas que « les cimetières sont remplis de gens irremplaçables » ? Les personnes qui nous tournent le dos ne seraient-elles finalement pas plus heureuses de savoir la disparation de celles qui les importunent ? Un bien ne vaut-il pas un quelconque mal ?

Et si tu n´existais pas,
Dis-moi pourquoi j´existerais?
Pour traîner dans un monde sans toi,
Sans espoir et sans regrets.

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Croire que ce n’est pas grave.

Ne plus se maquiller, savoir que personne ne le remarquera et se dire que ce n’est pas grave. Garder toutes ses idées pour soi, quitte à exploser un jour ou l’autre et se dire que ce n’est pas grave. Avoir envie de se blottir contre quelqu’un sans pouvoir le faire et se dire que ce n’est pas grave. Donner son corps à droite à gauche, en s’imaginant auprès de l’être aimé et se dire que ce n’est pas grave. Avoir l’impression de se sentir détestée alors qu’on souhaiterait l’inverse et se dire que ce n’est pas grave.

Sentir au fond de ses tripes qu’on a loupé sa vie, mais devoir se dire que rien de tout cela n’est grave.

Croire quand on vous dit qu’on vous aime, croire quand on vous dit qu’on ne vous quittera pas, donc croire aussi quand on vous dit qu’on ne vous trompera pas, croire quand on vous dit de faire confiance.

Croire quand on vous dit que la vie est belle.

Little Marcel

Ce soir, comme tous les soirs, Marcel ne parvient pas à trouver le sommeil. Il tend la main toutes les cinq minutes vers son téléphone portable dans la crainte d’avoir laissé passer sans le voir un message ou un appel de l’être cher à son cœur. Mais il n’en est rien. Marcel se sent délaissé, abandonné, il ne sait pas à qui se confier. Et quand il a une idée de la personne à qui parler, celle-ci ne souhaite pas lui répondre et renvoie ses appels pour ne plus le rappeler. Alors Marcel est perdu, il ne fait que fixer le plafond de son unique pièce qui lui sert de logement, pendant que les larmes noient son visage fin. Marcel a peur aussi, peur que jamais on ne le rappelle. Peur que son avenir ait disparu en même temps que son passé pourtant si proche. Il n’a plus de but, plus d’objectif. Au travail il fait grise mine, bien qu’il se force à n’en laisser rien paraître. Ses résultats s’en ressentent, l’entraînant dans une spirale sans fond. Il a même l’impression que la personne qui lui est le plus chère lui en veut. Qu’elle lui en veut de l’apprécier. C’est ce qui lui fait le plus mal. Alors Marcel se laisse mourir, il ne se nourrit plus, il ne parvient plus à dormir, il n’a plus le goût de vivre, qui lui laisse maintenant une sensation acre dans la bouche. Alors il s’invente une vie, il s’invente des sorties, il s’invente des amis, pour se donner le sentiment d’être encore un peu vivant. Mais il ne trompe personne, et surtout pas lui.

Marcel tient grâce à l’espoir. L’espoir que son passé déchu lui revienne et qu’il soit heureux à nouveau. Parce que c’est quelqu’un de bien Marcel, il mérite ce bonheur lui aussi, bien que la vie semble donner tort à toutes ses tentatives de joie. Alors il attend, car on lui a dit que c’était la seule chose à faire pour que son salut réapparaisse et que ses yeux brillent à nouveau. Et non à cause des pleurs cette fois-ci.

Taux de sobriété : Zéro

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Toutes ces questions, ces interrogations, ces sujets de tant de non-réponses. Ces envies de tout et de rien, surtout de n’importe quoi. Se retrouver à baiser avec quelqu’un que l’on n’aime pas. D’où vient ce terme si antagoniste à celui de faire l’amour. Et heureusement remplacer cela par quelqu’un que l’on veut vraiment. Comme une envie comme celle de respirer, besoin primaire et pervers d’un moment bien à soi, sans l’être vraiment tout à fait. Regarder fixement un inconnu dans le métro en lui faisant comprendre qu’on le désire, devant des dizaines de paires d’yeux indiscrets. Comme une envie de crier des Je t’aime interdits.

Comme écrire, complètement défoncée, toutes pupilles dilatées, sur un bout de mouchoir Starbucks, à défaut d’avoir trouvé un bout de papier quelconque dans son sac. Parce qu’écrire sauve. Et permet de prendre du recul. Draguer à tort et à travers, avant que cela ne soit à corps et à cris. Draguer pour prouver que l’on existe. Que l’on est désiré, voulu. Entendre un gars crier « On n’a qu’une seule vie » et lui rétorquer « Alors pourquoi tu la gâches ? ». Ecrire, écrire, sans retenue, se foutant des gens qui voient cette fille camée jusqu’aux ongles aligner frénétiquement des lignes sur une serviette en papier. Comme si sa vie en dépendait. Comme si, si elle s’arrêtait d’écrire, sa vie s’arrêterait tout aussi net. D’un coup abrupt. Ca finira mal, comme toute chose qui se finit. Rien ne peut se finir d’une bonne façon. Une fin n’est que douleur, et si la douleur est trop forte, c’est la Mort qui attend au tournant. De guerre lasse. De vie futile. D’amour frivole et de désir de bonheur à tel point que s’il échappe, ce ne sera que peine ad vitam aeternam. Jusqu’à l’arrêt complet de mon cœur de s’être par trop essouflé.

Alien Backflip (Love is Our Resistance)

Ne tremble pas petite fleur, laisse-moi effleurer tes pétales sous la rosée du matin, permets-moi de respirer ta délicieuse corolle. N’aie pas peur jolie fleur, laisse-moi te cueillir, te faire mienne, t’admirer et t’aimer. Ne crie pas ma jeune fleur, tu es toute à moi maintenant. Ne pleure pas pendant que je t’arrache un à un tous tes délicieux pétales, brise ton cœur jaune or en mille morceaux pour les semer aux vents. Ne te rebelle pas ma jolie, tu n’as plus ton mot à dire, je me dois de te piétiner car tu es fanée à mes yeux. Je ne veux plus m’amuser avec toi, tu as fait ton temps.
Tu as souri grâce à moi, tu passeras le reste de ta vie à pleurer à cause de moi. Je peux te laisser mourir en paix, mourir d’Amour pour moi, ça ne me regarde plus, bien peu m’importe maintenant. Je sais que tu regrettes de t’être laissée cueillir et pleures ce cadeau empoisonné que je t’ai fait sans aucune culpabilité. Tu aurais pu vivre encore longtemps, encore heureuse si je n’étais pas intervenu. Ton plus grand malheur sera d’avoir découvert ce bonheur éphémère que je t’ai offert pour ensuite te le reprendre selon mon envie, sans ton consentement, là où tu étais la plus vulnérable, pour te jeter avec les autres dans la fosse à purin.

Au nom de quoi ?

Être rebelle et parfois faire des actes insensés pour épater la galerie m’étonneront toujours. Se prétendre heureux de vivre et vouloir profiter de tous les moments de la vie n’excusent pas tous les comportements, encore moins ceux qui, en pleine contradiction, mettent leur propre vie comme celle des autres en danger.

14 Juillet, plus de 2h du matin. Deux conducteurs : un sobre et un saoul, ce dernier auquel appartient la voiture. Moi, sobre en l’occurrence, exige de conduire avant de m’entendre dire de la part d’un des cinq convives que, si je ne suis pas contente je n’aie qu’à effectuer le chemin du retour à pied et laisser conduire l’autre jeune homme puisqu’il le désire tant. Mais oui, avouez, c’est drôlement plus fun de rouler à tombeau ouvert en plein milieu de la route sur des routes de campagne non éclairées que de rentrer en toute quiétude en réduisant les risques mortels.

Trois. Il y a maintenant une poignée d’années de cela, j’ai perdu trois proches lors de deux accidents de la route différents. Et pour l’un d’entre eux, cinq personnes se trouvaient dans la voiture. Toutes finirent éjectées à des dizaines de mètres du véhicule, cet accident ne laissant aucun survivant. L’information occupa à l’époque deux minutes du journal télévisé, se mélangeant sans distinction aux nombreux faits divers du même genre. Perdre trois amis c’est assez pour évaluer – dans la mesure du possible – les risques de danger. A ceux qui veulent jouer les ados décontractés, ne se prenant pas la tête et confondant dangereusement jeu et réalité, j’ai envie de leur faire prendre conscience de ce qu’ils encourent. Je sais malheureusement à quel point un carnage peut arriver facilement, aussi brutal et vif qu’un éclair dans le ciel. Je me souviendrai toujours de ce pompier, arrivé parmi les premiers sur les lieux de l’accident, me disant à propos du chauffard ayant embouti mes amis, et seul rescapé (la justice n’existe pas) : « Quand on l’a retrouvé, il tenait encore son verre d’alcool à la main ».