mélancolie

Souvenirs d’émois de Mai

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Seule, assise à la terrasse d’un café qu’on peut définir comme lounge, je vois cette femme à une table contiguë, fumant une Vogue. Elle me rappelle ma semaine en Italie, quand j’étais adolescente et que je m’étais acheté ce même paquet en cachette. Je pense à ces vacances, pleine de nostalgie. Je n’avais personne dans ma vie, mais je me sentais sereine. Je n’étais pas triste d’être célibataire car je n’avais à l’époque perdu personne. Personne ne s’était encore débarrassée de moi comme d’un moustique qu’on écrase au fond de son poing, avant de l’avoir préalablement assommé bien comme il faut. Personne ne m’avait encore quittée par mail au bout d’un an de relation. Personne ne m’avait encore trompée pendant deux ans. Personne ne m’avait encore laissée tomber au bout d’un an et demi, pour ramener des filles en pleine nuit à peine deux semaines après et en me rayant de sa vie ensuite comme si je n’avais jamais existé.

J’ai lu récemment sur le blog d’un ami, le (dé)compte qu’il faisait de ses années professionnelles, entre stages, chômage, emplois précaires et finalement emploi durable. J’y ai vu le même parallèle avec ma vie sentimentale. Relations précaires, relations d’un soir, déceptions et bonheur qui se délite. En quittant ma table après quelques verres, j’ai vu le frère de mon dernier compagnon, je n’ai pas osé le regarder dans les yeux. Je n’ai pas osé faire face à ma vie qui partait en lambeaux.

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Le Karma : Prise d’Inconscience

Plus les journées passent, plus je ressens au fond de moi que ma vie commence à ressembler à celle qui m’effrayait. Une femme qui se lève le matin pour aller travailler, qui rentre pour se coucher, qui ne sort pas, qui n’a personne dans sa vie, qui ne sait pas quoi faire de ses weekends.

@Sacrilège

@Sacrilège

Bien sûr, j’ai un travail, et rien que cela ferait que je ne devrais pas imaginer une seule fois me plaindre, compte-tenu de la conjoncture actuelle. Oui j’ai des amis, trop pris, trop loin ou trop casés. Je fais toujours en sorte d’entretenir mes relations amicales lorsque je suis en couple, hélas, il est certaines personnes qu’on sait pertinemment qu’on ne reverra jamais, depuis qu’elles ont trouvé la moitié pour les occuper un quart de leur vie. Egalement je sors, pour donner le change, l’impression que je m’amuse, que je croque la vie à pleines dents, pour me tromper moi-même.

On me conseille d’être de nouveau désirable. Ce conseil me plaît beaucoup, il est sincère et objectif. Mais il est difficile à réaliser quand on ne sait même plus ce qui faisait de soi une personne désirable. Étais-je jolie ? Avais-je toujours le bon mot ? Étais-je quelqu’un d’agréable ? Je n’en sais plus rien. Et puis peu importe, tout cela n’a plus vraiment d’importance dans cette situation. L’important est de se lever le matin pour aller travailler le sourire aux lèvres. De sortir le soir en ayant toujours le mot pour rire et des blagues à enchaîner. De se motiver pour aller voir Lucy ou le dernier Marvel au cinéma, même quand on y va seul. De se forcer à avaler un peu de nourriture de temps en temps pour faire plaisir aux gens, pour leur donner l’impression que tout va bien, puisque ceux qu’on côtoie tous les jours ne sont pas ceux qui ont le pouvoir de faire basculer à nouveau la vie du bon côté. D’aller dans des bars pour flirter et rentrer chez soi accompagné, pour avoir le sentiment d’être encore désirable, même sans plus savoir ni comment, ni pourquoi.

Ces moments où la moindre petit contrariété qu’on affrontait sans problème il y a deux mois, devient pire qu’une gorgée d’huile brûlante qui vient s’ajouter à la marmite intérieure de tout ce qui fait mal et dont on ne peut pas parler. Alors on se contient, on garde tout pour soi jusqu’au jour où tout explosera. Mais toujours garder la tête haute, ne pas susciter ni du dégoût, ni de la pitié : essayer de susciter de l’amour.

Juillet et Août ont passé sans que je n’aie eu le sentiment d’avoir pu me reposer, d’avoir pu profiter, à part à quelques rares occasions. J’en attendais pourtant beaucoup de ces mois d’été : des liens resserrés avec les personnes qui me sont chères, des vacances comme l’an passé, une météo … estivale. Avoir l’impression d’être adolescente à nouveau en ayant des … vacances d’été. Mais quand on est étudiant, on est ado, et donc sans le sou. Maintenant j’ai le sou, mais plus personne avec qui partir en vacances. J’en attends finalement mieux de Septembre, qui me permettrait de rebondir, même si je ne maîtrise plus rien et que je ne suis pas décisionnaire, comme si mes jours étaient comptés.

Rétrospective 2K10 (3615 tellmylife)

Nommée dans la catégorie de pire année qui soit, 2010 remporte le prix haut la main. Et pour une fois je vais (à peu près) parler de moi, et non pas de Karen, Lisa, Delilah, Emma ou encore Jérôme. Mais je ne vais pas raconter cette année 2010 en long, en large et en travers. D’une, il y aurait beaucoup trop de choses à raconter et compte tenu de mon don pour la synthèse je vais éviter de faire l’article le plus long qui soit, et de deux, je préfère ne garder que les anecdotes intéressantes, histoire de rendre digeste ce billet des plus mégalomaniaques.

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6 mois de quiétude non dissimulée pour 6 mois de chagrin non dissimulable, voilà l’histoire banale de cette année, comme on en voit tous les jours dans les vies de chacun.

Après un an d’une relation sérieuse, la fin. Annoncée par l’une des pires manières qui soient, au pire moment qui soit. Fin Mai, par mail, une semaine avant mes partiels / passage de permis. De fait, les trois mois de l’été n’ont représenté pour moi qu’une succession de jours semblables en tous points et ont formé un ensemble tout ce qu’il y a de plus insupportable.

Les uns après les autres, les jours se suivaient, se ressemblaient. Tout me ramenait à la perte que j’avais vécue quelques semaines, et maintenant quelques mois, auparavant sans que je ne fasse de véritables efforts pour aller de l’avant. C’est aussi à cette époque là que j’ai perdu, pour des raisons qui me sont encore obscures, non pas quelqu’un que je considérais comme ma meilleure amie, mais plutôt comme une sœur. Quelqu’un avec qui je m’étais toujours entendue, et ce depuis des années, malgré la distance et le temps qui passait. Juin, Juillet, Août : un été où se mélangeait culpabilité, colère, abattement et incompréhension. Où toutes les pensées et tous les actes que j’ai alors faits ne souffraient d’aucun sens et d’aucune motivation à aller de l’avant. Pleurer. Bronzer à Roland Garros. Boire des verres de vin au saut du lit. Regarder l’intégrale de Weeds. Penser à lui et pleurer encore. Conduire une camionnette après avoir avalé des cachets bleus sous sachet plastique. Faire des concerts. Aller à des festivals. Fumer des joints. Faire des meringues. Ne pas réussir à faire cuire des pâtes. Cueillir des champignons. Jouer de l’ukulélé avec les pieds. Escalader le POPB. Et puis rire aussi. Aller à la pêche. Tirer des feux d’artifices. Faire du footing sur l’île de Puteaux. Commencer à écrire un bouquin. En lire des dizaines d’autres. Et se croire dans une série télé américaine, quand les parents offrent une voiture à leur ado après qu’il se soit fait larguer. Plus que croire d’ailleurs, l’être vraiment.

Bongo_Star_2_by_Khr0ne

Car si je pouvais m’échapper de ma vie actuelle au profit de mon monde, ne serait-ce que pour quelques heures seulement, je le faisais avec allégresse. Là où cela devient dangereux est quand on se met à préférer ce monde virtuel jusqu’à en devenir dépendant. Fort heureusement cela n’a jamais été mon cas. C’est aussi à cette époque que j’ai recommencé à faire de la tachycardie et à reprendre des traitements, où je devais chaque jour prendre une flopée de médicaments, supposés m’aider à aller mieux. Mais j’ai réalisé une seconde fois au cours de mon existence, qu’on ne pouvait pas guérir le mal de vivre avec des antidépresseurs et des sédatifs. Marilyn a eu raison de se suicider plutôt que de mourir d’une overdose comme Edie Sedgwick. Alors j’ai recommencé à mettre un pas devant l’autre, pour réapprendre à vivre une troisième fois en 20 ans. Vivre, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Certes, ça ne s’oublie pas, mais après s’être cassé la gueule plusieurs fois, on a de belles appréhensions à se remettre en selle.

Le déclic arriva fin Août grâce à un séjour chez Mélou, à base de clopes / Mojitos au bord de la piscine et sessions de Guitar Hero dans le salon. Alors on reprend confiance en soi, en la vie, et cet état va même nous faire faire des erreurs qu’on n’aurait pas faites en temps normal. Car quand on subit ce type d’épreuves, on se croit invulnérable. Quand on se brise la jambe, on ne va tout de même pas se casser le bras deux jours plus tard. Et bien si, il n’y a pas de raison pour que cela n’arrive pas. Pire, quand on provoque ces accidents une fois et qu’on se fait mal, il est normal de se faire encore plus mal la deuxième fois qu’on les aura provoqués. C’est du bon sens. Sauf qu’en général dans ces cas là, le bon sens est la dernière des choses à laquelle on pense. Alors brutalement, se remettre à aimer quelqu’un. Se sentir capable d’être humain à nouveau. Avec une forte joie mais beaucoup de malheurs aussi. Pour le reste, Christine et ce jeune homme l’ont raconté avant moi. Un pas en avant, deux pas en arrière. J’ai l’impression de revivre actuellement cet inter-minable été et je me maudis pour cela.

Deauville__la_nuit___3_by_Northcumbria

Beaucoup de vœux et d’espoir pour 2011 donc, une nouvelle décennie qui, je l’espère, apportera son lot de bonnes nouvelles, de jours heureux et, tout simplement, de bonheur. Je l’espère, même si je ne le pense vraiment qu’à moitié. Laissons le temps au temps, mais prions tout de même pour qu’il se presse un peu. Je vous souhaite à tous une superbe nouvelle année : études, famille, Amour, amitié, travail, santé et chocolat !

Apocalypse sNow

Les hommes qui marchent en travers de la chaussée, les bras tendus en avant comme pour se protéger d’un être invisible qui viendrait leur coller le nez contre le trottoir. Les femmes qui boitent en maudissant leurs talons et leurs tenues saisonnières, tout en feignant de s’étonner que la neige tombe au mois de décembre et que personne ne les a prévenues. C’est magnifique, la neige. Ce qui l’est moins reste le verglas du lendemain et la bouillie désagréable qui s’infiltre dans les chaussures en toute discrétion.

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Regarder la neige tomber m’inspire une telle quiétude que je ne pourrais faire que cela de mes journées. Se blottir dans les bras chaleureux d’une personne bienveillante, et regarder les éléments se déchainer. Pour ressentir la douce fraicheur des flocons qui chutent sur mon visage et la chaleur de me sentir entourée. C’est pour cette raison que j’adore l’Hiver, habituellement.

Best month evaaa

Best month ever car (oui, j’aime les stats) ce mois a référencé le plus de visites sur mon blog à ce jour, même si je me serais bien passée de quelques unes de ces visites d’un jour.

Après avoir hésité pendant bien des jours concernant la fermeture de ce blog, j’opte simplement pour une « fermeture partielle » pendant laquelle je n’écrirai plus pendant un bout de temps. Le temps de mettre sur pause, de tout mettre sur pause. Je voulais supprimer ce blog qui ne m’apporte ni plus ni moins que des ennuis. Censé être là pour me défouler il me procure encore plus de problèmes qu’avant écriture. Mais je ne voulais pas le supprimer définitivement, de peur de le regretter, d’effacer plusieurs années sur un coup de tête, sur un coup de blues. Alors j’ai pensé que j’allais le laisser tel quel mais sans plus jamais m’en occuper. Tout en sachant pertinemment que j’allais craquer un jour et recommencer comme si de rien n’était. C’est pour ce cas que je vais opter, tout en vous prévenant. Oui toi qui viens par le biais des mises à jour Facebook, il n’y en aura plus pendant un certain temps non déterminé. Oui toi qui viens grâce aux flux RSS de mon blog, ils ne te serviront désormais plus à rien. Ou enfin toi qui viens en tapant « Sacriledge » sur Google, et je t’en remercie car je sais que tu me cherches moi et moi seule et ne tombes pas sur mon blog par le biais de mots-clés aléatoires, tu tomberas pendant plusieurs semaines sur ce dernier article des plus déprimants. Pour ce qui est de mes articles sur le dernier live de Depeche Mode, le nouvel album de Mylène Farmer et le concert (à venir) de Lady Gaga, ils arriveront, mais pas tout de suite.

Arrêter ce blog m’est venu comme une illumination. Même si me stopper d’écrire ne cessera pas tous mes soucis, il m’en ôtera au moins un. Une illumination aussi évidente que de se savoir la fille la plus intelligente quand je rentre dans un magasin Jennifer. Aussi rassurante qu’une fille enceinte qui ne sait même pas qui est le père. Et aussi moqueuse que de voir un homme dans la rue portant des sacs Zara pleins de nouvelles fringues. Je compare maintenant ce blog à un tronc d’arbre pourri de l’intérieur. Qui s’érode et s’émiette au fil du temps. N’a-t-il eu plus de force une fois pourri ou s’est-il pourri une fois que ses forces l’eurent abandonné ?

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Fille joyeuse, neurasthénique, anxieuse, salope, rieuse, égoïste, mature mais aussi immature, aimable, détestable, dépressive, sympathique. Chacun choisira parmi cette liste les adjectifs me correspondant le plus. Et je serai la seule à savoir qu’il n’y en a aucun à rayer. Il n’y a rien de plus dur au monde que de se forcer à trouver le bonheur, à chercher d’être heureux dans la vie. A part peut-être l’avoir trouvé et le perdre dans la foulée. Et plutôt que de réussir dans la vie, réussir sa vie. Se forger un caractère, une éthique, une volonté et une motivation au-dessus de toute épreuve. Tout sauf se voir comme une trainée qui fornique dans les églises ou taille des bouffardes dans les salles de cinéma. Avoir un bel avenir, surtout quand le passé vous ferait ravaler votre fierté. Se dire qu’on peut avoir droit au bonheur de temps en temps, encore mieux si c’est un temps durable, même si tout vous pousse à croire le contraire. Même si tout vous indique qu’ils ne sont pas faits pour vous, ces nuages roses où flotte naturellement la moitié du monde. Pendant que l’autre moitié se gorge de dérivés médicamenteux ou autres substances plus ou moins illégales pour avoir un bout de ce nuage et planer avec le reste de la planète. De manière plus illusoire certes, mais planer tout de même. Parce que j’en ai marre de prendre mes médicaments tous les jours tout en essayant de me convaincre que je ne suis pas malade, que je ne l’ai jamais été et ne le serai jamais plus. De me convaincre, assez facilement, que la dépression et la mélancolie journalière ne sont pas des maladies que l’on soigne avec des séances de psy d’une demi-heure à 50 euros, pas plus avec des pilules qui ne parviennent même pas à entrainer un quelconque effet placebo. Que l’anéantissement de soi provient d’années d’échecs, de mise en abîme de sa personne au profit des autres, dans le but de se découvrir heureux et capable de le supporter. Beaucoup m’ont dit qu’être égoïste permettait d’éviter la souffrance. Non. Etre égoïste c’est vouloir une multitude de choses, et les vouloir pour soi. Ce qui n’empêche pas le moins du monde d’en baver quand les recherches se veulent infructueuses.

La vie n’est pas une partie de plaisir mais il faut se savoir à même de jouer le jeu. Parce que c’est ça aussi, la vie. Parce que rire le jour durant est aussi éreintant que de se réveiller en larmes en pensant à la journée qui s’annonce. Où il faudra assumer ses responsabilités, se dresser une bonne mine, rire et sourire, regarder dans les yeux – ou du moins côtoyer a minima – quelqu’un que vous désirez par-dessus tout (et qui le sait pertinemment) en n’en laissant rien paraître, être à l’écoute, donner des conseils, rester aimable sous toutes circonstances alors que les conseils qu’on tente de se prodiguer à soi-même sont tout sauf applicables, tout sauf désirables, tout sauf réalisables.

The_land_of_Fairytales_II_by_BloodyGarden

Parce qu’un jour la vie nous fera dépasser nos rêves les plus fous, nos envies les plus tenaces et nous donnera, en récompense des périodes de vaches maigres, une saine et belle raison de se lever le matin, je continuerai de me lever le matin.