Maxime Chattam

Le Signal [Maxime Chattam]

J’avoue ne plus me souvenir si je vous en ai déjà parlé mais j’ai depuis plusieurs années mes auteurs de prédilection. Avec en haut de la liste Franck Thilliez et Maxime Chattam. C’est de ce dernier dont nous allons parler aujourd’hui.

J’ai attendu, non sans impatience, Noël, afin de me plonger dans la dernière parution de Maxime Chattam, Le Signal. Flirtant avec nos superstitions mais surtout nos croyances et le domaine du surnaturel, Le Signal reste pour autant un ouvrage qui garde un lien fort avec le réel, comme pour nous mettre en garde sur ce qui pourrait advenir dans un futur proche (comme il l’avait déjà fait avec l’Appel du Néant sorti en 2017).

 Sur près de 800 pages (je pense pouvoir dire sans me tromper qu’on a là son roman le plus conséquent), Maxime Chattam nous plonge dans l’environnement de Mahingan Falls (notamment grâce à la carte dessinée au début de l’ouvrage, que je n’ai cessé de consulter). On prend ici le temps de s’approprier les craintes de chacun, mais également leurs failles, leur tempérament et nous y attacher.

L’intrigue va crescendo jusqu’au climax, sans jamais précipiter les événements. J’ai essayé de prendre mon temps le plus possible pour tout lire en dégustant, sachant que je n’arrive jamais à m’empêcher de dévorer. Je sors conquise de ce livre qui, malgré son poids, m’a accompagné un peu partout, du cinéma d’Auxerre au Starbucks de Châtelet-les-Halles (bah oui, fallait quand même bien commencer le premier jour de l’année par un film d’horreur en bonne et due forme). Maxime Chattam ayant déclaré avoir déjà des romans finalisés, il n’y a plus qu’à espérer qu’il ne nous fasse pas languir trop longtemps !

Si vous souhaitez découvrir l’auteur, je vous conseille mes œuvres préférées :
Le magnifique Diptyque du Temps avec Léviatemps et Le Requiem des Abysses
Le fabuleux, dur et prenant Le Sang du Temps

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Maxime Chattam

Auteur français aussi vénéré à mes yeux que Jean-Christophe Grangé ou encore Franck Thilliez, Maxime Chattam nous livre des polars avec de réelles intrigues et un franc parler adéquat, qui nous permettent de plonger véritablement dans une angoisse et une possession telles, qu’on ne peut pas lâcher un de ses ouvrages sans l’avoir dévoré de bout en bout.

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Attention toutefois aux âmes sensibles car je connais peu de personnes de mon entourage à qui je pourrais recommander cette littérature. Elle n’est pas à mettre entre toutes les mains. J’avoue que certains passages m’ont moi-même troublée. Glaciale, dérangeante, dégoûtante, pourraient être des adjectifs pour la décrire alors que je la trouve avant tout intéressante, prenante et réaliste. Oui, Chattam met en avant la lie de l’humanité et les horreurs qui peuvent être effectuées par les hommes : meurtres, mutilations, agressions, sadisme … mais cela ne représente-t-il pas réellement notre société et ce qu’elle est en train de devenir ?

A titre d’exemples, la Conjuration Primitive nous montre que le nouveau virus touchant notre société à venir est celui du meurtre. La Théorie Gaïa (et la trilogie dont elle est issue) nous met également sous les yeux les preuves des changements que nous imposons à la planète – que je rapprocherais du livre Inferno de Dan Brown et dans le même temps de la Forêt des Mânes de Grangé (que je vous conseille fortement). Le Sang du Temps nous plonge dans l’univers des sociopathes et des difficultés à faire confiance à tout un chacun, même au narrateur de l’histoire. Dans les deux parties du Diptyque du Temps, il nous fait remonter dans le temps pour nous prouver que le mal habite la société depuis un grand nombre de décennies déjà…

Bien sûr, les écrits de Maxime Chattam sont dérangeants. Mais ne le sont-ils pas car nous savons au fond de nous qu’ils abordent une large part de vérité ? Qu’il suffit de regarder les flux d’actualité pour être abreuvés de nouvelles aussi sordides, les détails pratiques en moins ?

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Et puis c’est bien écrit, c’est essentiel. Les enchainements sont limpides et les chapitres bien souvent courts, pour donner l’envie à chaque fois de commencer le prochain. Egalement, l’aspect dramatique est à mon avis une des raisons pour laquelle il est si simple de s’identifier au(x) narrateur(s). Ils sont tout aussi faillibles que nous, pouvant même mourir en plein milieu du livre, sans crier gare… Ce qui n’est pas courant pour un personnage principal qui raconte sa propre histoire.

Je vous conseille ses livres si vous souhaitez vous pencher dans ce qu’il y a de pire dans l’esprit humain, dans ses faiblesses, dans ses aberrations. Mais je vous les conseille si vous avez le coeur bien accroché, car il n’y a ici que peu de place pour de l’espoir et pas du tout pour de la tendresse.

Je me dis bien souvent que si je devais écrire des romans, j’aimerais écrire les siens.

Ma rentrée littéraire 2015

Ayant la chance d’utiliser très rarement les transports en commun dans le cadre de mon travail, j’ai profité des semaines de vacances (et des allers / retours Paris / Le Havre) pour me replonger dans l’une de mes activités préférées : la lecture. Je suis très orientée polar, mystère, thriller, comme pour le septième art finalement. Voici un petit point sur les livres que j’ai pu lire ce mois-ci, sans aucun lien avec la rentrée littéraire officielle de cette année.

gardiendephare Le Gardien de Phare – Camilla Läckberg

Septième tome de la série consacrée à Erica Falck et Patrik Hedström, Le Gardien de Phare garde le même ton et le même univers que les précédents. Publié en France aux éditions Actes Sud dans la collection Actes noirs, le livre nous amène à nouveau dans les secrets de famille, les meurtres à résoudre, avec le côté historique en moins, qu’on avait pu trouver dans L’Enfant Allemand par exemple. J’ai connu Camilla Läckberg en même temps que Stieg Larsson, à l’époque où les romans polars suédois ont véritablement décollé. Le Gardien de Phare m’a moins tenue en haleine que les précédents ouvrages, à cause d’une intrigue plus facilement devinable. Pour autant, on parvient sans problème à s’immiscer dans l’histoire au point de vouloir dévorer les pages à vitesse grand V.

La Vraie Parisienne – Anne Plantagenet

la-vraie-parisienne-anne-plantagenet-editions-j-ai-lu-librio-15810648 Trouvé complètement par hasard dans ma bibliothèque de quartier, ce livre d’Anne Plantagenet est aussi bien à destination des parisiens que des autres. Il oppose le point de vue que peuvent avoir les « provinciales » sur les parisiennes (tout le temps chics, au top de la mode, belles en toutes circonstances, tueraient père et mère pour une place dans le métro, mangent bio …) à la réalité. Composé d’une douzaine d’histoires courtes, il démolit les clichés qui servent de barrières entre les différents lieux de vie et permet d’ouvrir les yeux sur la vraie vie à l’intérieur de la capitale, qui ne se résume pas à aller voir la fashion week ou passer son temps au café de Flore.

Concerto à la Mémoire d’un Ange – Éric-Emmanuel Schmitt

concerto-c3a0-la-mc3a9moire-d_un-ange-e28093-eric-emmanuel-schmitt1 Comme pour Amélie Nothomb, j’ai lu la quasi intégralité des livres d’Éric-Emmanuel Schmitt. Pour autant, je n’avais pas encore lu celui-ci : Concerto à la Mémoire d’un Ange. Il regroupe quatre nouvelles (L’Empoisonneuse, Le Retour, Concerto à la Mémoire d’un Ange et Un Amour à l’Élysée). Comme de bien souvent pour l’auteur, ce roman traite d’histoires d’amour ; mais d’amour perdu, d’amour raté, d’amour oublié, où a été donné ou non une seconde chance. Je n’ai pas été touchée par ces histoires comme j’ai pu l’être pour le magnifique La Part de l’Autre, où il nous raconte la vie et le monde différents selon l’acceptation ou non d’Adolf Hitler aux Beaux-Arts. Pour autant, Concerto à la Mémoire d’un Ange est représentatif des écrits de l’auteur dans sa description de l’autre et son envie de souhaiter à tous une belle fin.

La Femme qui Valait Trois Milliards – Boris Dokmak

LFQV3M_02 Gros coup de cœur estival pour La Femme qui Valait Trois Milliards, qui n’est ici autre que Paris Hilton. Enlevée depuis quelques temps dans le plus grand secret, impossible de savoir si l’héritière est encore en vie ou non. Ce polar prenant montre une vraie enquête policière mêlée à l’histoire américaine et égyptienne, qui n’est pas pour déplaire aux fans d’égyptologie comme moi. Ne vous laissez pas décourager par la grosseur du livre car il se lit avec une facilité déconcertante. Les rebondissements et le sens du thriller sont maîtrisés de bout en bout par l’auteur, ce qui fait que je n’aurais jamais pensé être aussi enthousiasmée à l’idée d’avoir lu un ouvrage parlant de Paris Hilton.

Journal Intime – Chuck Palahniuk

journal-intime-chuck-palahniuk Fait extrêmement rare dans l’histoire de mes lectures, j’ai abandonné ce livre. Il m’ait souvent arrivé de lire de mauvais ouvrages, mais par ténacité j’y parvenais toujours à bout. Je n’ai pas trouvé ce livre mauvais mais je ne me sentais pas dedans, pas motivée par les événements (alors que je l’avais été évidemment à la lecture de la quatrième de couverture), pas boostée par la promesse de forts éléments de tension qui tardaient à arriver. Au bout de 130 pages sur 350, j’ai donc décidé de m’arrêter là.
Pour le pitch tout de même, une femme écrit son journal intime, suite à la tentative de suicide de son mari, actuellement dans le coma. Ce journal intime est écrit pour quand il se réveillera, pour qu’il puisse savoir ce qui s’est déroulé en son absence. En plus de cela, on ne sait pas pourquoi il a souhaité en finir, ni pourquoi il s’est mis à murer certaines pièces des maisons voisines avant son passage à l’acte.
Le résumé promettait de la folie et une dérive vers le fantastique que je n’ai pas vues. J’ai toutefois bien ressenti la névrose de l’héroïne, en espérant qu’elle ne représente pas celle de l’auteur.

Léviatemps – Maxime Chattam

cvt_Leviatemps_6834Maxime Chattam reste, avec JC Grangé dont je vais parler juste en dessous, l’un de mes auteurs français de référence dans le domaine du polar. Théories du complot, assassinats, dystopies : tous ces thèmes ne peuvent que me plaire. Chattam nous plonge ici dans le Paris des années 1900, face à l’Exposition Universelle et aux meurtres de courtisanes, rappelant sans conteste Jack l’Éventreur. Léviatemps fait partie d’une série en deux tomes, dont le deuxième volume est Le Requiem des abysses.
Nous voilà donc plongés dans les rues de Paris et dans une enquête des plus prenantes, à la recherche d’un ou plusieurs meurtriers mettant à mal les maisons de plaisir, en nous montrant un monde remplis de vices mais d’espérance aussi.

La Forêt des Mânes – Jean-Christophe Grangé

9782253158486-T Coup de cœur là aussi pour cette oeuvre de Jean-Christophe Grangé, vous savez, celui à qui l’on doit également Les Rivières Pourpres mais aussi Le Concile de Pierre, tous les deux adaptés sur grand écran. Nous sommes dans ce livre immergés dans l’univers du mal, encore une fois, mais plus spécialement dans celui du cannibalisme et du dédoublement de personnalité. Paru en 2009, nous partons de Courbevoie / Nanterre / Paris pour finir au Nicaragua, au Guatemala et en Argentine, sur les traces d’hommes plus ou moins préhistoriques, mêlant thriller au domaine scientifico-fantastique, puisqu’il s’approche d’un sujet qui peut en toucher beaucoup : celui de l’origine de l’homme et de mal, ainsi que leur développement à tous les deux. Ce livre fait 512 pages mais j’aurais apprécié qu’il en fasse 1000, tant l’écriture de Grangé est un vrai délice.

Incurables – Lars Kepler

2vmf29xeqk Fan de Lars Kepler (nom de publication du couple Alexandra Ahndoril et Alexander Ahndoril qui publient leurs ouvrages à quatre mains) depuis son premier roman, c’est avec délectation que je me suis plongée dans Incurables, sorti en Suède en 2011. Comme Stieg Larsson, comme Camilla Läckberg, Lars Kepler a / ont la force d’écriture et la maîtrise des éléments et du suspense pour réaliser un vrai et bon polar.
Sans vous résumer l’intrigue de pied en cap, un meurtre a eu lieu dans un établissement pour adolescentes difficiles, où s’engage bien entendu une chasse au coupable. Les chapitres sont très courts, souvent trois ou quatre pages, ils permettent la présence d’événements réguliers mais également de pouvoir s’échapper du livre quand bon nous semble. Des trois auteurs suédois que j’ai cités, ma préférence reste tout de même pour Camilla Läckberg, aussi bien pour son style que pour les personnages récurrents pour lesquels j’ai enfin retenu les noms.
Je vais m’arrêter là car cela fait déjà beaucoup de lectures d’un coup, d’autant plus que La Faiseuse d’Anges m’attend sur mon bureau …