Les Echos

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Like_a_bird_on_a_wire_by_Northcumbria

Il a plu sur Paris ce matin, aux environs de 8h. Pas de chance, c’est aujourd’hui que j’ai aux pieds mes plus belles chaussures et sous mon visage mon plus beau décolleté ; c’est-à-dire peu de choses résistantes au froid. Je sors du métro vers les 9h et traverse la place de l’Opéra, ce bel opéra avec ses touristes tous les jours plus nombreux. Qu’il fasse beau ou qu’il pleuve comme aujourd’hui, ils sont toujours là, avec leurs appareils photo et leurs sourires, tous les deux imperméables. Sur ma droite la rue de la Paix, où les boutiques de luxe se multiplient, la clientèle de luxe aussi. La rue de Paris avec les pavés les plus impeccables qui soient. J’arrive, en même temps qu’une petite poignée de personnes, à cette fameuse place de la capitale, chère aux bijoutiers et aux femmes qui ne comptent leur argent que lorsqu’elles le gagnent. Je regarde autour de moi et observe ces hôtels, ces magasins, qui ne me font ni plus ni moins penser qu’à un film quelconque avec JP Belmondo en gentleman cambrioleur de la place Vendôme. Partant de cela, les souvenirs s’enchaînent, comme si de simples images vues à travers l’écran d’une télévision il y a de ça plusieurs années, font néanmoins ressurgir des photos comme le ferait un album, quelconque lui aussi, sans les sourires en prime. Un tapis rouge trempé me ramène à la réalité. Je suis en avance, comme je le suis toujours, et finis par ralentir le pas au fur et à mesure que j’arrive à destination. Je réalise que je ne fais pas partie de cet élément, je ne fais pas partie de ces cadres de 40 ans et plus, aux belles montres diamantées et aux chauffeurs livides. Je les épie du coin de l’œil en les laissant me précéder devant ce portique en verre tournant. En rentrant dans cet hôtel si symbolique de la richesse parisienne, je rentre comme je le ferais dans une émission télé consacrée aux nouveaux riches et à leurs passe-temps mondains. C’est bel et bien l’impression que cela me donne. L’impression ressentie d’une étrangère qui est là pour le boulot, et non pas pour la détente. Un très beau boulot certes, qui me laisse pousser des ailes quand je m’imagine côtoyant ces mêmes cadres, déjà un peu plus dynamiques après quelques verres et quelques mots échangés.

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Il Neige.

Toute cette excitation. Je ne m’en étais même pas rendue compte. Il me suffit d’être plongée devant un écran pour oublier tout ce qui m’environne. Et puis j’ai entendu ma collègue au téléphone. Une seule phrase. Presque un seul mot. Il neige.
Un coup d’œil à la baie vitrée pour voir qu’effectivement il neigeait. Mais pas de la neige dégueulasse, pas de la bouillie infâme comme on le voit trop souvent ici. Non. des beaux flocons qu’on regarde en les sentant se poser au bout de ses doigts en tendant les mains sous ce ciel blanc. J’étais par la même occasion la seule à oublier volontairement mon parapluie pour descendre à découvert dans la rue. Regarder, profiter, en écoutant machinalement le son d’une chanson des Red Hot dans mes oreilles. Snow.

Could It Be Anybody ?

Ça rime à quoi ?

Ça rime à quoi que l’on ressasse tous les jours les mêmes problèmes dans les journaux économiques ?
Que l’on s’entête à vouloir trouver de bonnes solutions à tout ?

Pauvre de moi qui ne souhaite m’occuper que de problèmes plus rationnels, beaucoup moins matériels et, comble du mauvais goût, plus sentimentaux.

« Mais que faire quand on ne croit plus personne ? »
« Au mieux avoir une vision systémique, au pire devenir un chat. L’un n’excluant pas l’autre. »

Miaou