joie

Facebook et ses perdants

C’est lorsque j’espionne les murs d’anciens collègues d’école/collège/lycée que je sens une intense satisfaction personnelle monter… Ceux qui en ont fait le plus baver sont aussi ceux qui sont les moins intéressants aujourd’hui… =D !
C’est en voyant ce statut Facebook de mon adorable (et adorée) Julie que j’ai réalisé cette vérité qui me trottait pourtant depuis un bon moment dans l’esprit. Quelle satisfaction revancharde de voir que ceux se croyant les représentants de Dieu sur terre pendant leurs années bénies du collège sont ceux qui en ont tiré le moins d’enseignements. Tous ces petits roquets qui pensaient réduire les autres à des moins que rien par des mots parfois, des actes souvent, ne se sont pas rendus compte qu’il leur faudrait dépasser ce stade pour devenir quelqu’un de respectable.

Plus qu’une satisfaction, c’est une véritable jouissance de se sentir revivre par le biais de leur situation actuelle ; qu’ils soient kikoolol, filles se prenant en photo avec leur portable face à un miroir, garçons ne sachant pas aligner deux mots sans y glisser une demi-douzaine de fautes d’orthographe, motards musclés semblant pratiquer une sorte de diététique du cerveau, ou ayant volontairement oublié de l’alimenter.

Mais le plus jouissif n’est-il pas de ressentir cette certaine revanche sur la vie pendant que ces anciens coupables ne se rendent pas même compte de leur propre échec ? Rendant imminent le pic de leur inintéressante actuelle, accumulée au fil de ces dernières années, passées à me reconstruire à partir des ruines de mon enfance dont la poussière colle encore aux baskets de mes persécuteurs.

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I’m feeling good.

Le plaisir d’aller au cinéma, de se faufiler dans une salle sombre, accompagné ou non,  et se trouver une place parmi les spectateurs déjà fascinés par les publicités quelconques.
Les cinémas urbains ont cet immense avantage de voir se rassembler diverses catégories d’individus ; des classes sociales antagonistes aux différences d’âge les plus prononcées.
Un ardent mélange qui s’arrête toutefois à peine les portes des différentes salles de projo franchies. Les films et leurs multiples genres stéréotypent leurs spectateurs respectifs, qui eux, le leur rendent à la perfection.

Spectateurs stéréotypés car regroupés selon leurs intérêts dans des salles closes, à l’abri des personnes à intérêts contraires. Protégés, enveloppés dans leur monde au milieu de congénères choisis contre leur gré mais leur correspondant parfaitement. Et même s’ils continuent de s’enfoncer encore plus profondément dans leur fauteuil pendant la séance, entendant dans leurs oreilles le bruit résonnant du pop corn de leurs voisins, ils restent fascinés par l’écran. Buvant les paroles de leurs actrices préférées, observant d’un œil brillant leurs courbes les plus parfaites, laissant jusqu’à vagabonder leur imagination au-delà de la salle, se sentant projetés à travers l’écran, oubliant même la centaine d’autres personnes présentes, ressentant toutes ce même besoin de s’évader, s’oublier, face à n’importe quel film qui pourrait refléter la vie de leurs rêves les plus inavouables.
Acheter sa place pour une séance de cinéma, c’est troquer deux heures de sa vie normale, banale, lancinante contre deux heures de sentiments, de ressentiments, d’émotions diverses, passant tour à tour à un mélange de peur, de joie, de rire et de pleurs. Autant il est déculpabilisant de pleurer pour d’autres, autant il n’est jamais négligeable de prendre plaisir à rigoler sans raison. Comme errer sans but dans un océan sombre d’hémoglobine, se noyant, comme dans un lit de vase sirupeuse, sentant certaines gouttes de sang s’échapper pour se sentir couler doucement au tréfonds de la gorge.

L’imagination n’est jamais contre-productive.

Il Neige.

Toute cette excitation. Je ne m’en étais même pas rendue compte. Il me suffit d’être plongée devant un écran pour oublier tout ce qui m’environne. Et puis j’ai entendu ma collègue au téléphone. Une seule phrase. Presque un seul mot. Il neige.
Un coup d’œil à la baie vitrée pour voir qu’effectivement il neigeait. Mais pas de la neige dégueulasse, pas de la bouillie infâme comme on le voit trop souvent ici. Non. des beaux flocons qu’on regarde en les sentant se poser au bout de ses doigts en tendant les mains sous ce ciel blanc. J’étais par la même occasion la seule à oublier volontairement mon parapluie pour descendre à découvert dans la rue. Regarder, profiter, en écoutant machinalement le son d’une chanson des Red Hot dans mes oreilles. Snow.