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Sa faim justifie les moyens

Hier soir, j’étais plus ou moins détendue, j’attendais tranquillement à la porte de Pantin pour le concert de Oomph, rock / métal industriel allemand, précurseur de la vague Rammstein. Puis j’ai commencé à réfléchir à des choses et d’autres jusqu’à finir une heure après en larmes avec mon ex au téléphone. Là, j’étais de suite moins détendue. Ni une ni deux, mon estomac se tordant et réclamant de quoi vivre, je me dirige vers le McDo du coin pour m’accorder une petite portion de frites. Il faisait beau, il faisait chaud, je les « déguste » (si tant est qu’on puisse déguster de la bouffe aussi dégueulasse) adossée à la devanture en attendant la demoiselle porteuse de nos invitations presse pour Oomph.

Vas-y, donne-moi tes potatoes !
Euh … non ?
Ouais bah c’est ça garde-les. (wesh)
Faudrait quand même savoir ce que tu dis …
Mais ta gueule !
Tu viens me parler et tu me dis de me la fermer ? Commence à réfléchir à ce que tu dis et alors, peut-être pourrons-nous avoir une discussion cohérente. Pas forcément intelligente, mais cohérente ce serait déjà pas un mal.
Ouais bah dégage, t’es devant chez moi là, c’est ma zone.
Si t’aimes pas la gueule des gens qui sont dans la rue, le mieux serait que tu rentres chez toi
(sous-entendu : va t’y pendre).

Le fait qu’il avait deux têtes (et sûrement deux années) de moins que moi, qu’il tenait une canette de bière à la main et que j’étais dans le même temps fortement à fleur de peau ce soir-là, m’a poussée à lui tenir tête, ce petit merdeux qui ne venait parler aux gens dans le seul but de les faire chier. Le fait qu’il y avait une bonne poignée de personnes devant le McDo à me porter secours si jamais il laissait dégainer un coup de poing aussi … Et puis c’était tellement caricatural, un jeune basané (comme on dit dans le politiquement correct) qui règne sur son territoire en grand maître des cités. On lutte évidemment, mais cela reste assez dur de ne pas penser involontairement aux préjugés quand on traine dans un coin mal famé à minuit passée.

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Suicidez-vous !

Car après il sera trop tard !

En effet, la RATP a commencé depuis quelques mois une rénovation totale de la quasi totalité de ses lignes de métro. Cette rénovation a pour unique but de préserver la sécurité des voyageurs du métro (et non pas rendre les stations un peu plus esthétiques comme ils tendent à le faire croire …), en d’autres termes éviter les suicides.

Les stations de Paris ont donc vu fleurir des sortes de baies vitrées comme celles présentes sur la ligne 14 (vous savez, la violette, celle qui est automatisée et ne subit donc jamais la grève), avec des portes, automatiques elles aussi, ne s’ouvrant qu’une fois la rame arrêtée en station.

De sorte qu’il deviendra bientôt impossible de se jeter sous les voies, et ce, par quelconque moyen. Il reste toutefois la solution RER : plus facile, plus rapide et donc à fort taux de réussite. N’hésitez plus une seconde et filez tout droit dans les sous-sols parisiens (évitez simplement la ligne A, je n’ai pas envie d’attendre une heure mon RER tous les matins à cause « d’incidents de voyageurs »).

Se taire, regarder, écouter et applaudir.

Nous avions rendez-vous devant les locaux de France Télévisions à 16h30 pour l’enregistrement d’une émission sportive programmée en direct une heure après. Les locaux, et quels locaux, lumineux – très télévisuels – et immenses. Nous étions une vingtaine d’étudiants issus de plusieurs écoles de commerce rassemblés pour l’occasion, plus par curiosité que par intérêt du sport. Nous attendions patiemment dans le hall jusqu’à ce qu’une jeune dame se charge de nous. Nous descendons d’un étage où un vestiaire et une collation nous attendent. Autour de nous, des dizaines de télévision projetant en simultané les émissions du groupe de la chaine. Quelques dizaines de minutes après, nous nous mettons à suivre la demoiselle nous ayant auparavant fait descendre à cet étage inférieur, nous interrompant en plein visionnage du match de rugby transmis sur les écrans. Cette dernière s’attarde de longues minutes sur nos hauts multicolores, seule contrainte du dress code de l’émission, pour nous placer en fonction d’eux, évitant gracieusement le ton sur ton et tentant de dissimuler sur les côtés les teintes trop criardes. Mangeant des gâteaux apéritifs, nous regardons les préparatifs du direct, nos yeux oscillant entre les réglages des caméras et les petits papiers de dernières minutes à l’intention du présentateur.
Pendant l’émission, nous applaudissons à la baguette et nous crions derechef, prêts à faire entendre notre vigueur et notre contentement. Nous remplissions notre mission à la perfection. Avec joie. Et sans cynisme. Aucun impair du côté de France Télévisions qui sait mettre les petits plats dans les grands pour nous satisfaire et faire en sorte que nous passions un bon moment, nous étudiants invités, aussi jeunes et délurés puissions-nous être.

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Nous avons rendez-vous devant les locaux de France Télévisions à 16h30 pour l’enregistrement d’une émission sportive programmée en direct une heure après. Et quels locaux, lumineux – très télévisuels – et immenses. Nous sommes une vingtaine d’étudiants issus de plusieurs écoles de commerce rassemblés pour l’occasion, plus par curiosité que par réel intérêt du sport. Nous attendons patiemment dans le hall jusqu’à ce qu’une jeune dame se charge de nous. Puis nous descendons d’un étage où un vestiaire et une collation nous attendent. Autour de nous, des dizaines de télévision projetant en simultané les émissions du groupe de la chaine. Quelques dizaines de minutes après, nous nous mettons à suivre la demoiselle nous ayant auparavant fait descendre à cet étage inférieur, nous interrompant en plein visionnage du match de rugby transmis sur les écrans. Cette dernière s’attarde de longues minutes sur nos hauts multicolores, seule contrainte du dress code de l’émission, pour nous placer en fonction d’eux, évitant gracieusement le ton sur ton et tentant de dissimuler sur les côtés les teintes trop criardes. Mangeant des gâteaux apéritifs, nous regardons les préparatifs du direct, nos yeux oscillant entre les réglages des caméras et les petits papiers de dernières minutes à l’intention du présentateur.

Pendant l’émission, nous applaudissons à la baguette et nous crions derechef, prêts à faire entendre notre vigueur et notre contentement. Nous remplissions notre mission à la perfection. Avec joie. Et sans cynisme. Aucun impair du côté de France Télévisions qui sait mettre les petits plats dans les grands pour nous satisfaire et faire en sorte que nous passions un bon moment, nous étudiants invités, aussi jeunes et délurés puissions-nous être.

c’est pour La petite bourgeoiSie qui boit Du champagne

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Accompagné de son meilleur ami Bob, Jérôme gara sa voiture dans une rue transversale des Champs-Elysées. C’est ce soir qu’a lieu la soirée de gala de son école. Sans nul doute qu’il pourra draguer quelque jolie fille, qu’il la connaisse ou non. Situé dans la dite plus belle avenue du monde, le restaurant / dancing réservé pour l’occasion est joliment dissimulé dans la petite cour privée d’un immeuble haussmannien.

A peine arrivé, Jérôme remarque aussitôt une grande brune assez jolie quand elle prend un peu soin d’elle et ose se mettre en valeur, ce qui est le cas ce soir. Jérôme a toujours eu des vues sur elle, Alice, disons plutôt qu’il la désire énormément. Dès que celle-ci l’a aperçu, je l’ai vue se précipiter dans ses bras ; d’un tempérament plutôt énergique et trop heureuse de croiser à chaque fois de nouvelles personnes de ses connaissances. Je sais qu’ils avaient l’habitude de se draguer à une certaine époque mais qu’elle était trop timide pour se laisser convaincre si facilement par un homme qui ne voulait assouvir que ses pulsions d’une nuit. Jérôme se souvient aussi de cette période mais n’a toujours pas compris pourquoi il ne l’a plus jamais vue se connecter sur msn ou répondre au téléphone depuis bientôt un an. Mais il a décidé ce soir de prendre sa revanche.
Délaissant son meilleur ami, il commence à prendre de ses nouvelles, à se soucier d’elle comme si elle était la pierre la plus précieuse dont il était chargé de prendre soin. Seulement voilà, même si elle en est à son cinquième verre d’alcool, Alice n’est pas dupe. Profitant de l’open champagne s’offrant à elle, elle continue de boire, discuter et décrocher de grands sourires. Elle sait très bien ce que désire Jérôme, encore plus quand il lui propose de la raccompagner en voiture. J’essaye de l’en dissuader. Elle est prête à craquer pour deux raisons : elle n’a jamais su résister aux hommes bien habillés et même si elle n’est pas saoule elle est déjà tout de même bien désinhibée.
Mais c’est parce qu’elle sait très bien quelles idées il a à l’esprit qu’elle accepta sa proposition.

Laissant les filles à haut talons et robes de soirée, les boissons énergisantes offertes à tout-va, les écrans diffusant Kung Fu Panda, les platines et les décolletés plongeants, ils sortirent de la boite comme deux amoureux s’éclipsant en cachette d’une soirée masquée. En les regardant partir, les connaissant aussi bien l’un que l’autre, leurs défauts comme leurs qualités, je ne peux pas m’empêcher d’avoir de la peine sachant que l’un des deux regrettera amèrement cette soirée.

Arrivés dans la voiture, il lui dit qu’il préfère attendre quelques temps avant de démarrer, le temps que l’alcool ingurgité s’estompe, tout en passant sa main le long des jambes d’Alice, remontant sa jupe déjà si courte. Emportée par les émotions qui s’entrechoquent, elle commence à se libérer et à enlacer impétueusement son cavalier de la soirée, dragueur impénitent. Après quelques minutes de langoureux échanges, il démarre la voiture et l’emmène à Neuilly-sur-Seine, dans un petit pré en lisière d’un bois à l’abri des regards. Dans la nuit noire ils se donnèrent l’un à l’autre, la rosée rafraichissant leurs corps brûlants.

Il la raccompagna ensuite jusqu’à chez elle.
Jérôme rentra chez lui, fier d’avoir réussi à draguer une fille de plus qu’il pourra ajouter à son palmarès.
Alice prit une douche et s’allongea dans son lit, essayant de réfléchir sur les actes précédents qu’elle commençait à regretter, jusqu’à ce que le sommeil ait raison d’elle.
Elle se réveilla les yeux rouges et boursoufflés.

Question de Point de Vue !

Le sadisme dans toute sa pureté, c’est se réjouir de la souffrance, physique le plus souvent, mais pas seulement, d’autrui.
Le masochisme pour beaucoup, dans les pensées de la plupart des gens, n’est qu’une manière de montrer son côté extraverti en réalisant ses idées déviantes. Cruelles. Et destructrices.
Le fait de se réjouir de sa propre douleur n’est-il pourtant pas un miracle de l’évolution humaine ?
Et puis, tout n’est pas si noir.

Seul dans sa chambre, Bob ne se scarifie pas, il n’en trouve pas l’utilité. Se scarifier n’est qu’un délire de pré-adolescent soucieux de se faire remarquer, dont la fierté l’empêche de crier à l’aide de manière beaucoup plus prosaïque.
Il a découvert ce que certains appellent cette perversion sadique en prenant un bain. Non, rien de lubrique là dedans. L’eau trop chaude lui brûlait la peau à peine tentait-il d’y plonger un bras. Se souvenant des sempiternelles phrases qu’il entendait en regardant le sport à la télé, lui disant que « tout était dans la tête », il calqua ce précepte de vie à la sienne.

Refusant de souffrir de la douleur, il se mit à en faire son alliée, à l’apprécier pour pouvoir la dompter. Il est ce que tout le monde appelle un masochiste, un dégénéré, un pervers dépravé. Mais c’est bien le seul de tous, seul au milieu de ses détracteurs, à avoir su prendre du recul sur la vie, ses épreuves et ses semblables.

En somme, le plus raisonné de tous.

Page Cannot Be Found

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Je les voyais tous dans leur léthargie de début de matinée, tous meurtris par le sommeil, car à peine une heure auparavant ils se réveillaient, maudissant leur réveil de leur rappeler ce jour comme étant un lundi et indiquant le début de la semaine. Pendant tout le temps du trajet les regards se croisaient et se décroisaient, ils jetaient l’un après l’autre des yeux vides en direction des fenêtres, de la route, du paysage urbain et des voies ferrées qui n’en finissaient pas de filer. Ce paysage a beau être le même tous les matins ça ne les empêchait pas de le fixer comme s’ils le découvraient pour la première fois.

La gare d’arrivée n’était plus très loin maintenant et ça commençait sérieusement à faire frissonner les voyageurs quotidiens ; les montres n’ont jamais autant attiré le regard et les sacs des femmes d’affaire en devenir n’ont jamais été aussi fermés depuis le départ, comme prêts à affronter le monde sans pitié qu’est celui auquel les « autres » appartiennent. Et je les vois tous là, plus que de les voir, je les regarde et les observe ; je les observe se lever avec frénésie alors qu’il nous reste encore plusieurs centaines de mètres avant d’arriver à destination. Mais non leur envie est la plus forte, l’envie de sortir en premier de cet endroit calme pour pouvoir, enfin, retourner travailler entourés de tous ces gens pressés qui attrapent les journaux gratuits au passage et les jettent dans la poubelle à deux pas de là. Ils se placent tous dans l’allée centrale et devant la porte en actionnant la poignée tout en attendant que le train finisse par s’arrêter et les portes s’ouvrir pour enfin les libérer. Tout cela pendant que je regarde ce petit monde se compacter jusqu’à son paroxysme pour finalement se disperser par petits éléments indépendants qui iront attendre impatiemment sur les escalators en maudissant ceux qui ne sont pas aussi pressés qu’eux. C’est à ces heures là, aux environs de 8 heures, voire encore 9 heures du matin que l’on peut mesurer à son plus fort taux l’égoïsme urbain, les maux qui s’en dégagent et qui gangrènent les individus, ces envies de ne pas perdre de temps au risque de ne rien gagner non plus.