futur

La Semaine d’Après

Suite à mon dernier article et surtout suite à tout ce qui peut se dire sur les internets ou les autres canaux d’informations, je ne reviendrai pas sur les événements de la semaine dernière. Je préfère revenir sur la semaine d’après.

Le vendredi soir, rentrant chez moi à plus de deux heures du matin, j’observais déjà un changement. Me déplaçant essentiellement en voiture, j’ai pu voir les parisiens sympathiques, courtois à leur volant, ce qui n’était pour ainsi dire jamais arrivé. Le lendemain, le samedi, sur les trottoirs, j’ai remarqué qu’une grande majorité des personnes cherchait une excuse pour se parler, même entre inconnus. Proposer de l’aide, demander des nouvelles, se désoler de vous avoir frôlé de trop près. Comme si tout était prétexte à parler avec quelqu’un, décrocher un sourire, échanger. Quelques jours avant j’étais en terrasse à Châtelet, à une table avec des inconnus le temps de feindre de demander une cigarette. Puis restant des heures avec eux alors que je ne les connaissais pas le matin. C’est cette même ambiance que je ressens dans Paris depuis vendredi dernier.

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Une volonté de profiter de la capitale encore plus forte. Hier j’étais aux Champs-Elysées, un œil sur le marché de Noël vide sous la pluie battante. Hier je suis aussi allée à Opéra où les trottoirs n’étant pas désemplis, sur les grands boulevards, à la Madeleine et bien d’autres lieux encore. Une envie d’en profiter tant qu’on le peut encore. Mélangée à un abattement lourd, un dépit et, malgré tout, une peur et une tristesse qu’on ne doit pour autant pas renier.

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Blocage Extérieur

zoom-when-you-see-it-4-LOn peut oublier son passé, ne plus vouloir vivre avec tous les jours, mais il faut que les proches puissent faire de même. On me demande de ne plus y penser mais je souhaiterais que tout le monde le fasse, pour ne pas sentir cette impression de continuer à se traîner un boulet aux pieds parce qu’avec le recul on a pris les mauvaises décisions, les seules qui semblaient bonnes à l’instant X.

Etre bloqué dans la voie que l’on souhaite prendre à cause d’éléments du passé que les autres ne peuvent oublier est encore plus frustrant quand on a soi-même effectué la phase de deuil nécessaire. Et qu’on souhaite rebondir, aller de l’avant, profiter à nouveau, comme en l’an 40, ou en l’an 2000. Mais réaliser que quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, on restera prisonnier de son passé aux yeux des autres pendant un temps indéterminé. Reste dans tout cela tout de même la force que l’on ressent face à la victoire de passer outre ses propres erreurs.

I think I’ll wait another year …

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Je ne suis pas aussi courageuse qu’on le pense. Mais, mine de rien, la vie n’est pas aussi difficile quand je ne bois pas. J’ai mes amis et mes études. Je vais commencer à payer moi-même les factures. Je prends de la maturité et j’emmagasine des connaissances petit à petit.
Je vais attendre encore une année.
Je n’ai pas envie de me laisser rouiller et rendre les choses encore plus difficiles qu’elles ne sont. Et puis j’ai seulement 19 ans. Ma grand-tante est morte à 94. Ca me laisse encore un bout de temps si j’arrête de fumer.
Je pense que je vais attendre une année de plus.
Je ne veux pas laisser les Autres interférer. Mais je veux les garder auprès de moi, pour conserver le meilleur de tout ça. Les amis qui comptent sont ceux qui s’effacent mais il suffit simplement de prendre du recul pour comprendre. Pour les comprendre.
Mais je crois que je vais attendre encore un peu.
Tu disais que tu m’aiderais à reprendre de la confiance en moi mais je sais que ça prendrait bien trop de temps.
Je pense que j’attendrai bien encore une année.

Ce sera la meilleure et la plus belle année, à jamais.