frisson

Blair Witch 2019

Je suis dans une forme olympique et j’ai recommencé à jouer sur PC et à délaisser ma chère Xbox. Munie d’un nouvel ordinateur tout neuf, d’une carte graphique au niveau, d’un SSD convenable et d’une RAM qui me donne l’impression d’être dans une navette spatiale avec Brad Pitt, j’ai donc relancé Steam et ma consommation de jeux vidéo. Après quelques sessions de PUBG, je suis rapidement tombée sur un produit qui me faisait de l’oeil depuis le magasin Steam : Blair Witch.

Il faut dire que l’horreur et moi, ça fait bon ménage. Je suis moins souvent déçue par les jeux que les films d’horreur (oui Blair Witch 3, ne te cache pas on sait que c’est toi la pire blague du cinéma en 2016), mais quand c’est vraiment angoissant, c’est l’enfer sur Terre. Penumbra si tu m’entends, je pense encore bien fort à toi. Et comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai revu le Projet Blair Witch et ai été bluffée par la justesse des décors adaptés dans le jeu. A juste titre puisque ce n’est autre que Lionsgate Games (entre autres) qui s’est chargé de l’édition.

Comparativement au film, on est encore plus plongé dans un réalisme saisissant car les personnages du film ont au moins une carte et une boussole. Pour nous, que dalle. Une lampe torche, un chien et nous voilà dans une forêt où tous les arbres se ressemblent, où on a plus que l’impression de repasser plusieurs fois au même endroit et où jour et nuit se confondent. Bullet, notre chien, est le personnage secondaire qui mérite un Oscar cette année. Sans lui, je ne sais pas comment j’aurais pu faire pour aller au bout de l’intrigue. C’était un choix de ma part de le garder car il nous est proposé à plusieurs reprises de l’abandonner (notamment lorsque nous le portons dans nos bras, j’ai marché jusqu’à l’épuisement dans une boucle de forêt qui n’en finissait pas, mais j’ai bien réussi à finir le film sans avoir du abandonner mon chien). A savoir qu’il y a plusieurs fins disponibles et que j’ai du avoir la plus sympathique (toutes proportions gardées) car j’ai passé pas mal de temps à appeler Bullet, à le suivre de près, le câliner et même lui donner à bouffer. Plus pour me rassurer moi que lui je l’avoue.

Les décors justement sont (malgré quelques bugs où j’ai du relancer la partie) d’une justesse totale et d’une immersion psychédélique poussée. Les effets de jour, de nuit et d’altération de la réalité m’ont vraiment convaincue. Je ne rentre sciemment pas dans les détails car je ne souhaite pas dévoiler plus d’intrigue que nécessaire mais sachez qu’à côté le film ne fait pas vraiment peur. Pour autant, la sensation de peur repose surtout sur la situation de précarité balistique du personnage : juste une lampe torche pour faire peur aux monstres, comme Alan Wake. Plus on échoue, moins on a peur face aux monstres, car on rentre dans une habitude de jeu. J’ai du « mourir » (qui consiste en un léger blackout qui nous fait revenir quelques pas en arrière) une petite poignée de fois dans tout le jeu mais surtout lors de l’épisode final. Le reste du temps, j’étais heureuse que Bullet soit là pour m’avertir du danger. Il y a également beaucoup d’items à ramasser, même si j’en ai loupés plein à la fin car je ne faisais que regarder mes pieds (il y a une raison à ça, ce n’est pas simplement parce que je n’étais pas rassurée). Vous pouvez aussi beaucoup vous amuser avec le peu d’objets que vous avez sur vous, dont un téléphone portable vieillot style Nokia à l’ancienne, où j’ai pris le temps de décompresser en jouant à Snake et appelant chaque personne de mon répertoire lors des rares moments où j’avais du réseau.

Allez je résume avant de trop m’emballer :

– la peur s’estompe au fur et à mesure que le jeu avance (sauf pour le dernier épisode) et repose principalement sur le manque d’arme que sur une réelle mise en danger du personnage (un jumpscare m’a toutefois bien surprise et les passages à la caméra infrarouge olala)
– les décors et les effets de distorsion sont très bien faits et reprennent avec brio ceux du film
– quelques bugs selon les situations où vous vous trouvez (il est possible que vous n’en n’ayez aucun)
– plusieurs fins différentes, ce qui me fait penser qu’il faut que j’y retourne pour essayer de trouver les autres fins sans avoir à réprimander mon chien…

Paranormal Activity 5 : Ghost Dimension

Comme le Woody Allen, il y a aussi l’édition 2015 de Paranormal Activity. A la base film à petit budget, les réalisateurs ont creusé leur portefeuille cette année pour nous offrir une séance en 3D, rien que ça, pour ce film qui est censé être l’ultime de la saga.

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Cinquième film officiel de la franchise, Paranormal Activity 5 : Ghost Dimension revient sur l’enfance de Katie et tente une nouvelle fois d’expliquer les raisons de la présence de l’entité démoniaque qui sévit depuis des années déjà. J’avais adoré Paranormal Activity : The Marked Ones, bien qu’il ne fasse pas réellement partie du fil de l’histoire principale. C’est sans doute pour cette raison que je l’avais particulièrement apprécié, puisqu’il se détachait sensiblement de l’ambiance habituelle des films (beaucoup d’humour, principalement tourné en extérieur, différences de réalisation, etc.). Je venais donc dans un bon état d’esprit puisque le dernier film en date m’avait bien plus. Hélas, PA5 revient dans les travers de la franchise et ne se démarque là non plus pas par son scénario : une famille tombe sur une caméra sensible aux esprits, qui permet de les visualiser alors qu’ils sont invisibles à l’œil nu. On critique fortement le scénario, moi la première, mais quand on met tous les films bout à bout, on s’aperçoit que ceci-ci devient presqu’aussi complexe que la saga Saw… (premier film d’horreur à être sorti en 3D tiens).

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Bon allez, parlons de la chose intéressante de la séance : la 3D. Cette 3D était perfide et dans le même temps mi-discrète, mi-too much. Je m’explique. J’en attendais beaucoup des effets-spéciaux car un film d’horreur en 3D, d’épouvante d’autant plus, ce n’est pas tous les jours que cela arrive. Les films d’horreur ayant souvent un budget réduit qui ne permet pas d’utiliser la technologie nécessaire. On sent la 3D dès le départ, grâce aux images filmées à travers la « caméra spéciale fantômes ». Cela fait très hologramme mais j’ai trouvé cela plutôt réussi. Puis celle-ci disparaît pendant un certain temps (je pense d’ailleurs que le film peut se regarder sans lunettes pendant un bon moment), jusqu’à revenir pile quand on l’avait oubliée. J’ai bien apprécié cette volonté de mettre la 3D en second plan, en souhaitant sciemment se faire oublier, pour nous faire jumpscarer au moment où on ne l’attendait plus. Sur la fin en revanche – loin de moi l’idée de vous spoiler – elle est devenue too much en exagération, à coups de livres qui volaient, d’esprits qui tendaient la main vers mon visage, etc ; à tel point que j’en ai éclaté de rire (ce qui ne m’était jamais arrivée devant un PA).

Je n’ai pas trouvé le film excellent, loin de là, mais il a tenté de finir la saga en beauté, en ajoutant du mieux possible des éléments nouveaux, sans toutefois apporter de réels outils de réponses quant à l’enfance de Katie et aux questions soulevées dans les premiers opus. Un film dont on peut largement se passer donc – bien qu’on se rende compte qu’ils ont vraiment fait des efforts niveau FX – mais qui permet de bons moments de frayeur tout de même.