France

Je suis Paris

Pas de Pray For Paris pour moi car je ne souhaite pas mêler la religion à cela, nous avons été touchés, peu importe qui nous sommes, ce qui nous pensons, ce que nous faisions.

Les Eagles of Death Metal, je les ai vus en concert, le Stade de France (pour raisons personnelles et professionnelles) j’y ai passé de longs moments et ce lundi, j’allais assister à un concert. Tout le monde peut être touché, n’importe où, je ne me suis jamais autant sentie parisienne qu’à ce jour.

Mes pensées vont évidemment aux proches des victimes, au pays tout entier, mais également, égoïstement, à certains de mes proches qui ne m’ont pas encore donné de nouvelles. Rassurez-moi je vous en prie.

Publicités

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

Je fais assez peu de publicité, surtout quand il s’agit de sujets liés à la politique, mais je vais faire ici une exception à la règle. Pour la simple et bonne raison que c’est un sujet qui transcende la politique et également qui se doit de toucher le maximum de personnes possible. Amie d’Arash Derambarsh, que j’ai rencontré via le Cherche Midi, et pour qui je suis devenue colistière et community manager au sein d’une association (de) commune, Courbevoie 3.0, je viens vous parler aujourd’hui de l’énorme gâchis alimentaire qui se fait en France et des projets pour contrer ces faits déplorables. Pour plus d’informations sur Arash et la cause qu’il soutient, je vous conseille l’article de France 24 à lire ici.

1278985_10203234481761146_549023262_o

Tout le monde (ou presque) est aujourd’hui au courant des pertes alimentaires énormes créées par l’industrie alimentaire et les grandes surfaces. Pour réduire cela au maximum, Arash a mis en ligne la pétition pour dire stop au gâchis alimentaire en France. Après quatre mois de mise en ligne (et non de lutte, qui avait commencé bien avant) et plus 210 000 signatures plus tard, l’Assemblée Nationale a voté, le 21 mai 2015, à l’unanimité, les amendements à la loi sur la transition énergétique qui rendent désormais obligatoires le don par les supermarchés de leurs invendus alimentaires à des associations caritatives.

C’est une belle victoire, une énorme victoire, mais ce n’est pas encore suffisant. De fait, la pétition a été lancée à l’international en soutenant le même projet de loi pour l’Europe. Près de 632 000 soutiens ont été apportés jusqu’à présent, ce qui est également énorme, mais pas assez, compte-tenu de la logique et de l’humanité que prône un tel projet. Si j’en fais la publicité aujourd’hui, c’est que ce projet n’est pas politique, n’est pas marketing et n’est surtout pas irréalisable : c’est un projet humain. Aidez-nous, aidez-les, soutenez cette cause qui est si évidente qu’on ne devrait pas avoir besoin de se battre pour la légitimer. A savoir également qu’Arash sortira en octobre prochain son Manifeste contre le gaspillage, qui devrait permettre au plus grand nombre de réaliser l’ampleur de la catastrophe, mais aussi les moyens d’y faire face.

Le Champs-Élysées Film Festival

Depuis 2012 a lieu tous les ans pendant une semaine, Le Champs-Élysées Film Festival. Il diffuse des avant-premières mais aussi des films cultes qui ont fait la gloire du cinéma depuis les dernières décennies. Sans surprise, les salles participant à l’opération sont toutes liées à la plus belle avenue du monde : l’UGC Georges V, Le Balzac, Le Lincoln, le Publicis Cinémas, le Gaumont Ambassade, le Gaumont Marignan et le MK2 Grand Palais. Cette année, Le Champs-Élysées Film Festival vous donne rendez-vous du 10 au 16 juin 2015.

11008791_863784570349760_6950967312908668742_n

Habituée aux festivals liés au cinéma (notamment ceux de Deauville), c’est avec joie que j’ai découvert celui-ci. Cette année, vous pourrez (re)découvrir Fantastic Mr Fox, Citizen Kane, Bug, The Exorcist, Pierrot Le Fou, Requiem For A Dream, Gran Torino, Rubber ou encore 8 Mile … Mais aussi voir des avant-premières comme Valley of Love ou Les Bêtises. L’occasion également d’échanger avec les équipes de films ou de visionner des courts-métrages américains. Les films présentés ici étant le plus souvent sous-titrés en langue anglaise ou en langue française.  Si vous êtes parisiens et appréciez l’art du cinéma, ce festival est fait pour vous ! Les tarifs ne sont pas exorbitants et sachez que l’UGC Georges V accepte le pass UGC illimité pendant toute la durée de l’opération, youplaboum !

Nos Femmes

Plus le temps passe, plus j’ai l’impression de ne pas pouvoir passer une semaine sans aller au cinéma. Et cela, c’est grâce à cette industrie toute entière, française comme internationale, qui continue de nous faire rêver et de nous divertir.

Je vois néanmoins très peu de films français, pourtant j’aimerais y aller plus souvent. Par fierté française, par envie de soutenir les petits (et gros) producteurs de l’hexagone. Hélas, les films proposés ne me tentent pas vraiment, encore plus quand ils ont leur succès : je ne suis pas allée voir La Famille BélierSupercondriaque ou Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu par exemple. J’ai fini par les visionner, mais je ne suis pas allée me jeter dans une salle obscure pour fêter le renouveau du cinéma français.

103560519_o

Je vais de moins en moins au théâtre ces derniers temps mais c’est un art que j’apprécie beaucoup. Nos Femmes est l’adaptation de la pièce éponyme représentée à Paris dernièrement. « Max, Paul et Simon sont amis depuis 35 ans. Une amitié joyeuse, assidue et sans nuage. Si leur vie professionnelle est une réussite, le bilan de leur vie privée est plus mitigé. Un soir, nos trois amis ont rendez-vous chez Max pour une partie de cartes. Simon apparaît anéanti, et raconte qu’il s’est disputé avec Estelle son épouse et que dans un accès de colère, il l’a étranglée. Max et Paul sont saisis d’effroi. Surtout quand Simon les supplie de lui fournir un alibi afin qu’il puisse échapper à la prison. Max et Paul hésitent. Mentir à la justice ou dénoncer leur meilleur ami ?« 

C’est donc une pièce sur fond de violence conjugale qui se joue ici. Je suis allée voir ce film car j’apprécie beaucoup les trois acteurs principaux que sont Daniel Auteuil, Richard Berry et Thierry Lhermitte. En revanche, je ne suis pas du tout fan de Thomas Langmann en tant que producteur (condamné à quatre mois de prison avec sursis en 2008 pour des violences commises sur la mère de sa fille BTW), à qui l’on doit Le Boulet, Double Zéro, Le Mac et autres films du même acabit. J’adore les trois acteurs, mais il faut faire attention car, comme me l’a très justement dit un collègue, même si tu aimes le Nutella, le foie-gras et le fromage de chèvre, tu n’aimeras pas forcément les trois en même temps. L’exception qui confirme la règle est que j’ai apprécié de voir réuni ce trio d’acteurs.

On voit clairement que le film est une adaptation d’une pièce, avant tout par la façon de cadrer les plans et le fait que tout soit tourné quasiment dans une pièce unique. Hélas, la réalisation donne l’impression de vouloir filmer comme si l’on était réellement au théâtre, il y a donc quelques focales qui m’ont donné un peu le tournis alors que le plan en lui-même passerait sans problème sur scène. Egalement, le cadrage et les cuts lors de discussions sont parfois brutaux. Je pense à une scène en particulier qui m’a marquée, où deux des personnages échangent, l’un dos à la fenêtre ensoleillée, l’autre dos à la bibliothèque, dans une forte pénombre. Les décalages flagrants de luminosité entre les deux protagonistes sont assez choquants pour l’œil lors de leur discussion, ce qui n’aurait pas dérangé le moins du monde au théâtre.

Le film fait rire, a quelques mots bien placés, des phrases percutantes, mais le tout est creux. Les trois-quarts des scènes intéressantes sont dans la bande-annonce et la fin retombe comme un soufflé. Il y a quelques perles inattendues comme Pauline Lefèvre ou la scène de danse de Richard Berry que je ne vais pas spoiler, mais on sent de la fatigue dans ce film. Fatigue de cette volonté de devoir faire rire à tout prix. En tant que pièce de théâtre je valide Nos Femmes, en tant que film malheureusement beaucoup moins.

Mon ancienne vie de VRP

in_the_train_by_bd_76-d6q0jhc Pendant trois mois, j’étais constamment en déplacements. Pas une semaine ne passait sans que je n’aille à un endroit de la France différent. Lille, Amiens, Toulon, Rennes, Dijon, Bordeaux, Lyon, Reims, Le Havre … je passais des heures dans le train ou au volant de ma voiture selon les destinations. Seule au restaurant ou devant un plateau-repas dans ma chambre d’hôtel, découvrant ou redécouvrant des villes que je n’avais pas visitées depuis des années. Retrouvant des amis que je n’avais pas vus depuis longtemps. Goûtant aux saveurs régionales d’ici et là.

Ce rythme très fatiguant m’a pourtant beaucoup plu. Pour tromper mon sentiment de solitude, je parlais souvent à des inconnus, leur demandant pourquoi ils étaient là, comme moi, seuls dans un hôtel. Certains étaient en colloques, d’autres en formations, d’autres encore étaient comme moi, ici en déplacement pour le besoin du travail. Je me souviens de ces journées et ces soirées que je passais coupées du monde, apprenant le lendemain qu’une prise d’otages avait eu lieu la veille et était aussi terminée. Je me souviens de ces villes où je me perdais, déjà perdue dans mes souvenirs et mes regrets. J’ai en effet beaucoup de regrets, mais pas celui d’avoir eu l’opportunité de croiser de nouvelles personnes et de voyager le plus possible en un court laps de temps.

Pour un flirt (sous méphédrone) …

… avec toi. Je ferais n’importe quoi.

Quand rien ne va et qu’il n’est d’aucune utilité de rester chez soi pour ressasser les mêmes pensées négatives jour après jour, il est plus censé de sortir. Aller prendre un café, écouter les discussions autour de soi, s’inspirer des joies qui nous entourent, car même si elles ne nous touchent pas directement, toute joie est bonne à prendre.

Bien des scientifiques se mettent à dire que le sentiment amoureux ne se distingue pas tant que cela de la prise d’une drogue, parfois semblable à l’effet provoqué par de la cocaïne. Ou de la méphédrone. Je dois dire qu’ils ont raison. Loin de la personne aimée, un certain état de manque se fait ressentir. Un manque qui prend aux tripes, qui secoue et qui ne nous guide que vers un seul but : celui de revoir ladite personne, comme si elle était une dose dont on ne pouvait se passer. Etre loin de cette personne n’équivaut pas forcément à parler de distance ; on peut être très près de cette dernière tout en la sachant hors de portée, à des années-lumière de soi. Alors on envoie des mails, des textos, on passe des coups de fil dans une seule attente, pouvoir sentir la présence de l’être aimé auprès de soi et tenter de s’en rapprocher par n’importe quel moyen. Ou plutôt tenter de la faire se rapprocher de nous, puisque c’est cela qui est en général le plus ardu. Crying, Waiting, Hoping, comme nous dit le titre d’une chanson des Beatles.

5449_1236025540342_1220318531_704227_7558939_n

Je parlais plus haut de méphédrone, car c’est le vrai sujet de mon billet. La méphédrone (pour ne pas dire 4-méthylméthcathinone, et surnommée « miaou-miaou ») est la nouvelle égérie de la jeunesse désabusée, concrètement, le nouvel opium du peuple riche des banlieues parisiennes. Apparue il y a une dizaine d’années et connaissant son essor depuis quelques unes seulement, elle s’est très rapidement développée dans les milieux chics pour devenir « in » et bougrement répandue. Son expansion n’a pas été due au hasard mais plutôt à l’absence de législation concernant cette drogue (mais aussi, officieusement, comme substitut à l’ecstasy qui, selon les consommateurs habitués, devenait de moins en mois efficace et de plus en plus falsifiée). En effet, elle n’a été considérée par la loi française comme stupéfiant qu’au cours de l’année 2010. Jusqu’alors, elle restait aussi légale que la vente et la consommation de Poppers, pour quiconque sachant où s’en procurer. Il était à l’époque plus facile d’en trouver que de télécharger Avatar en 3D via peer to peer ; elle était le plus souvent vendue sur le net en tant « qu’engrais pour plantes » ou « sels de bain », pour faciliter sa procuration. Suivant le pas de la législation suédoise et anglo-saxonne, la France a donc décidé à raison d’interdire la méphédrone en la classant comme stupéfiant, qui était auparavant répertoriée comme la quatrième drogue la plus utilisée en Grande-Bretagne. A raison, car ses effets correspondaient effectivement aux autres drogues étiquetées dans cette catégorie : accélération du rythme cardiaque, sueurs importantes ou encore grande euphorie (effets comparables à la prise de MDMA, entre autres).

OLYMPUS DIGITAL CAMERAS’inspirant souvent de ses partenaires européens pour prendre des décisions, souvent avec de longs mois de retard (voire pour certaines interdictions, des années), la loi française reste en marge en ce qui concerne les décisions rapides et efficaces. Pour parler franchement, elle a bien du mal à se maintenir à niveau dans ce domaine, préférant s’aligner sur ses voisins. On a beau penser que les libertés se trouvent de plus en plus diminuées, il n’en reste pas moins un paquet qui virevolte jusqu’à ce que de nouvelles lois interdisent celles encore présentes, qui sont pourtant déjà prohibées dans d’autres pays de l’Union Européenne. A titre d’exemple, l’absinthe est encore autorisée (diluée et surveillée certes), alors qu’elle ne l’est plus en Irlande, profitez-en pendant qu’il en est encore temps, car c’est un délice.