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Nevermind [Musique]

Ce fut ma grande découverte du festival de musique d’Auvers-sur-Oise : le groupe Nevermind.

Avec Anna Besson (flûte), Louis Creac’h (violon), Robin Pharo (viole de gambe) et Jean Rondeau (clavecin), le groupe nous entraîne dans les musiques traditionnelles irlandaises et écossaises, mais avec ce petit je-ne-sais-quoi de jazzy et contemporain.

Nevermind - Conversation

Nevermind – Conversation

Je suis arrivée en néophyte car je n’avais jamais entendu parler de ce groupe, ni même du festival d’Auvers, qui en était pourtant rendu à ses 36 printemps ! Enfin, j’avais du en entendre parler sans jamais avoir franchi le pas jusqu’alors. C’est dans le magnifique décor du Château de Mery-sur-Oise (j’avais l’impression de me voir à nouveau en costume d’époque traversant le Château de Versailles :3), et plus exactement dans la bibliothèque, qu’avait lieu ce concert, rassemblant à vue d’oeil une centaine de personnes.

J’espère pouvoir dire sans me vanter, que j’ai une culture musicale assez riche et encore plus variée. Néanmoins, le registre traditionnel des 17/18èmes siècles de ces contrées m’était totalement étranger. Ce qui m’a frappée autant que la musique en elle-même, est la complicité entre les membres. Même depuis les premiers rangs on ne sait pas ce qu’il se dit tout bas, mais on se rend compte de la symbiose qui anime le quatuor. Echanges rapides, sourires, regards… Le gestuel transmet encore une fois plus que la parole et fort heureusement, puisqu’il n’y a point de textes dans les morceaux joués ici.

Lolimpiade

J’ai passé à très bon moment, cela ajouté à la joie de la découverte. Avec un final m’ayant particulièrement ravie, puisqu’ils ont même joué une musique utilisée dans Barry Lyndon, film de Kubrick mêlant des musiques du folklore irlandais et classiques.

Bref vous l’aurez compris une grande découverte et un billet en guise d’encouragements pour ce groupe jeune et décalé qui oeuvre depuis plusieurs années déjà !

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Maxime Chattam

Auteur français aussi vénéré à mes yeux que Jean-Christophe Grangé ou encore Franck Thilliez, Maxime Chattam nous livre des polars avec de réelles intrigues et un franc parler adéquat, qui nous permettent de plonger véritablement dans une angoisse et une possession telles, qu’on ne peut pas lâcher un de ses ouvrages sans l’avoir dévoré de bout en bout.

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Attention toutefois aux âmes sensibles car je connais peu de personnes de mon entourage à qui je pourrais recommander cette littérature. Elle n’est pas à mettre entre toutes les mains. J’avoue que certains passages m’ont moi-même troublée. Glaciale, dérangeante, dégoûtante, pourraient être des adjectifs pour la décrire alors que je la trouve avant tout intéressante, prenante et réaliste. Oui, Chattam met en avant la lie de l’humanité et les horreurs qui peuvent être effectuées par les hommes : meurtres, mutilations, agressions, sadisme … mais cela ne représente-t-il pas réellement notre société et ce qu’elle est en train de devenir ?

A titre d’exemples, la Conjuration Primitive nous montre que le nouveau virus touchant notre société à venir est celui du meurtre. La Théorie Gaïa (et la trilogie dont elle est issue) nous met également sous les yeux les preuves des changements que nous imposons à la planète – que je rapprocherais du livre Inferno de Dan Brown et dans le même temps de la Forêt des Mânes de Grangé (que je vous conseille fortement). Le Sang du Temps nous plonge dans l’univers des sociopathes et des difficultés à faire confiance à tout un chacun, même au narrateur de l’histoire. Dans les deux parties du Diptyque du Temps, il nous fait remonter dans le temps pour nous prouver que le mal habite la société depuis un grand nombre de décennies déjà…

Bien sûr, les écrits de Maxime Chattam sont dérangeants. Mais ne le sont-ils pas car nous savons au fond de nous qu’ils abordent une large part de vérité ? Qu’il suffit de regarder les flux d’actualité pour être abreuvés de nouvelles aussi sordides, les détails pratiques en moins ?

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Et puis c’est bien écrit, c’est essentiel. Les enchainements sont limpides et les chapitres bien souvent courts, pour donner l’envie à chaque fois de commencer le prochain. Egalement, l’aspect dramatique est à mon avis une des raisons pour laquelle il est si simple de s’identifier au(x) narrateur(s). Ils sont tout aussi faillibles que nous, pouvant même mourir en plein milieu du livre, sans crier gare… Ce qui n’est pas courant pour un personnage principal qui raconte sa propre histoire.

Je vous conseille ses livres si vous souhaitez vous pencher dans ce qu’il y a de pire dans l’esprit humain, dans ses faiblesses, dans ses aberrations. Mais je vous les conseille si vous avez le coeur bien accroché, car il n’y a ici que peu de place pour de l’espoir et pas du tout pour de la tendresse.

Je me dis bien souvent que si je devais écrire des romans, j’aimerais écrire les siens.

Ainsi Soient-Ils

C’est en finissant la seconde saison des Revenants (lamentable d’ailleurs ; je suis tellement déçue que je ne vais même pas prendre le temps d’expliquer en quoi la première saison est une merveille et en quoi tout a basculé lors de sa fin, pour accoucher d’une deuxième saison molasse), que j’ai eu l’idée de regarder ce qu’il se faisait de français dans le monde des séries télévisées de la décennie. Je suis alors tombée sur Ainsi Soient-ils, une série de trois saisons, produite et diffusée par Arte.

Nous suivons une demi-douzaine de séminaristes à travers leur apprentissage de la religion, sous le regard de la société du XXIème siècle sur son évolution et des questionnements qui leur sont propres.

David Baïot, Clément Manuel, Thierry Gimenez, Julien Bouanich, Jean-Luc Bideau, Clément Roussier, Samuel Jouy et Céline Cuignet

David Baïot, Clément Manuel, Thierry Gimenez, Julien Bouanich, Jean-Luc Bideau, Clément Roussier, Samuel Jouy et Céline Cuignet

J’ai adoré les personnages principaux, lesdits séminaristes, pour toutes les contradictions qu’ils pouvaient représenter. Un ex taulard, un breton, un gay refoulé (au début), un fils de riche … Un maximum de classes et d’univers différents se confrontent ici, en ayant pour seul point commun la foi qui les animent. Mention spéciale à Jean-Luc Bideau, qui était jusqu’alors pour moi, fille des années 90, l’illustre Professeur Strauss de la série H, et qui joue ici le père du séminaire des Capucins.

J’avais peur que la série s’engouffre dans des raccourcis et des clichés faciles mais ce n’est pas le cas, alors même qu’elle parvient à mettre sur la table des sujets tabous : l’attrait sexuel face à l’abstinence, la pédophilie ou encore l’attitude face aux autres religions.

En trois saisons (24 épisodes au total), la série Ainsi Soient-ils aura soulevé des polémiques mais sera parvenue à me faire découvrir un monde auquel je ne suis pas véritablement attachée. La religion n’étant pas que le point central, car vivre en communauté, religion ou pas, reste un vrai défi pour une majorité de personnes.

L’Horreur à la Française

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Après bien des années de vaches maigres en matière d’horreur, le cinéma français a désormais le vent en poupe. Malgré tout ce qu’on peut dire sur le septième art français de manière générale et les clichés qu’il dégage (mauvais acteurs, intrigues à la mords-moi-le-nœud et effets spéciaux pauvres dus au manque du budget, entre autres), l’épouvante française a de beaux jours devant elle.

Le tournant pris depuis les années 2000 se doit aux productions françaises qui se multiplient de plus en plus, tout en prenant une ampleur non négligeable. Eskwad en est l’exemple parfait depuis sa production de Ils en 2005, dont le succès dépassa les barrières nationales, puis Martyrs deux années après qui, fait rare pour un film d’horreur, fut interdit aux moins de 18 ans lors de la sortie en France. La Fabrique de Films n’est quand à elle pas en reste avec ses très médiatisés The Descent, Eden Lake et Severance, produits en collaboration avec des firmes britanniques.

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Je me suis (enfin) décidée à écrire sur les films d’horreur français après avoir vu Captifs, dernier né de BAC Films à qui on doit entre autres Shrooms et Scary Movie. Un peu déçue sur ce coup là j’ai préféré repenser aux précédents films français « épouvantables » dont on peut être fiers. Car en France on aime bien toucher à tout, et niveau horreur même les zombies ne sont pas en reste. Pour le gore je citerais Frontiere(s) qui a bien fait parler de lui en 2007 pour de multiples raisons : la présence d’Estelle Lefébure dans l’un des rôles principaux, le thème du nazisme là où on l’attendait le moins et les multiples scènes de boucherie d’un bout à l’autre du film. Niveau angoisse pure et dure, Martyrs relève le défi haut la main en appuyant sur le côté psychologique dérangeant pour jouer avec nos nerfs comme un pantin avec de simples ficelles. Pour ce qui est du cannibalisme nous sommes là aussi présents grâce à Trouble Every Day qui met en scène la délicieuse Béatrice Dalle, quand d’autres préféreront le terme de vampirisme. Béatrice Dalle retentera d’ailleurs l’expérience horreur avec A l’Intérieur, produit lui aussi par la Fabrique de Films. Et pour ce qui est des films de morts-vivants, pas de problème non plus comme l’a confirmé La Horde en février 2010 (pour la Saint-Valentin, chouette) en amenant la menace des zombies en pleine région parisienne.

Petit budget, petites ambitions certes mais l’horreur française a le mérite de se vouloir originale. Car j’en profite pour faire passer un petit coup de gueule concernant la sortie de Let Me In (Laisse-moi entrer), qui n’est que la pâle copie du film suédois Morse (Let the Right One In) datant de 2008. Je n’ai rien contre les remakes pour peu qu’ils apportent un bonus au film original, et pour les films d’horreur ce bonus réside bien souvent dans les effets spéciaux, ici rien de tout cela à part le fait de transformer un film d’auteur assez discret mais admirable pour en faire un film américain à gros budget mais sans grande originalité. Tout le contraire des films français donc, qui parviennent à se démarquer avec les moyens du bord de manière tout aussi honorable, voire plus.

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