esprit

Verónica [Film 2018]

Film d’horreur espagnol qui commence par un appel d’urgence, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec Rec. Après vérification, les deux ont le même réalisateur (Paco Plaza) donc je n’étais pas complètement sous l’emprise d’un cliché. J’ai entendu parler de Verónica par un synopsis mentionnant qu’il s’agissait de l’adaptation du seul cas d’exorcisme reconnu en Espagne. Au final, le film ne se résume pas du tout à cela et prend beaucoup de recul quant aux mots « exorcisme » ou « possession », souvent employés n’importe quand et n’importe comment.

Si je devais résumer l’histoire, Verónica est une adolescente normale, voire même réservée, qui doit s’occuper de ses frère et soeurs quotidiennement, car son père est décédé et sa mère travaille dans un bar avec des horaires décalés. Verónica s’essaye avec des amies à une séance de spiritisme (dans le but de contacter son père disparu), qui va avoir des conséquences néfastes pour elle.

On peut à mon sens voir le film sous deux aspects. Le premier en prenant en compte la possession de la maison (ou de Verónica elle-même mais j’ai plus de doutes là-dessus) par un esprit malin. Et le second, qui a été mon point de vue sur ce film, plutôt basé sur la psychose qu’une séance de spiritisme peut entraîner sur la santé mentale de quelqu’un. Je ne renie pas les « preuves matérielles » ou les dires de la police espagnole à ce sujet, mais j’ai vraiment apprécié la prise de recul quant à la réalisation, qui permet de mettre en avant l’impact psychologique et ses conséquences, de jouer avec les esprits.

Comprenant beaucoup de symboles (comme la représentation de l’éclipse de soleil sur Verónica sur l’image à côté, où on voit d’ailleurs à quel point les images sont travaillées), le film joue également avec les codes du genre : un Simon qui s’active tout seul (comme dans Paranormal Activity : The Marked Ones), les jeux de lumière, la présence d’un personnage religieux ambigu et l’humour sous-jacent des actions de certains personnages (comme le jeune frère qui ne sait pas encore lire et qui, voulant aider, dessine sur les murs des symboles d’invocation à la place de ceux de protection, sacré plaisantin).

La bande-son est parfaitement choisie et les paroles des chansons (espagnoles évidemment) utilisées ont tout à fait leur place sur les événements qu’elles accompagnent. Les scènes sont très bien réalisées, il y a quelques jumpscares mais le film ne se repose absolument pas là-dessus. Les formes des esprits vus à travers des vitres ou des portes-fenêtres m’ont beaucoup fait penser aux extra-terrestres présents dans Signs, ce qui tend à renforcer la tension et l’appréhension quant à ces êtres inconnus. Le long-métrage peut plus être considéré comme un thriller que comme un film d’horreur, ce qui en fait pour moi une très belle surprise de ce début d’année.

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Insidious : Chapitre 3

Insidious-3-150403-03 Je me motivais depuis le matin pour aller voir Vice-Versa, mais vous savez, chassez le naturel toussa… Je me suis donc finalement assise dans la salle qui projetait Insidious : Chapitre 3. Et j’ai choisi ma place, le plus au fond possible, dans un coin. Jamais je ne m’étais assise à un endroit pareil, mais je voulais être le plus loin possible du chahut, contrairement à Annabelle où j’étais au premier rang. Les spectateurs ont été plus ou moins calmes, en tout cas beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé. Avant de rentrer dans la salle, j’ai demandé à un UGCman comment étaient les séances aujourd’hui, où il m’a répondu que c’était de toute façon la même typologie de film et de spectateurs que pour Annabelle. Il en a finalement résulté hier en de bonnes agitations lors de scènes post-tension / jump scares pour relâcher la pression, mais le reste de la séance s’est déroulée sans problème notable.

Changement de réalisation pour ce troisième opus car il n’a pas réalisé par James Wan, à qui on devait les deux premiers, mais par Leigh Whannell. Rien de bien méchant quant on sait que les deux sont intervenus sur la licence Saw. Je voue quand même un culte à James Wan car c’est également lui qui a réalisé Conjuring : Les Dossiers Warren et produit Annabelle. Leigh Whannell est habitué à jouer dans les films d’horreur, notamment les siens, puisqu’il y joue Steven Specs, l’un des deux chasseurs de fantômes et qu’il est le scénariste des trois volets (et vu l’histoire loufoque des premiers, heureusement que nous n’avons pas perdu le scénariste en route).

Trop de tension dans ce film. Insidious est très fort à ce niveau là car l’accent a toujours été mis sur les effets sonores tout au long de la trilogie. Rien que le lancement du titre du film à l’écran est représentatif de l’envie de mettre les spectateurs sur les nerfs. Les scènes avec des violons saturés, les sons graves, les volumes déplaisants, tout est fait pour susciter de l’angoisse et cette licence y parvient vraiment bien.

J’ai trouvé très intéressant qu’ils prennent l’exemple de Paranormal Activity Tokyo Night, en choisissant comme personnage principal une femme ayant les deux jambes dans le plâtre (voire pire par la suite) qui ne peut absolument pas se défendre face à ce qui va tenter de l’atteindre. Cette position d’infériorité renforce le fait qu’on ne puisse que difficilement contrer les événements qui arrivent, et donc l’horreur de la situation. Bien qu’il y ait des jump scares attendus, certains m’ont complètement étonnée, et la salle entière par la même occasion. Hélas, comme pour les précédents opus, j’ai trouvé que le dénouement et les explications pseudo rationnelles se faisaient trop rapidement pour la dose d’information à assimiler.

Bien que préquel à l’histoire des deux premiers, Insidious Chapitre 3 trouve sa place et ne donne pas trop l’impression d’être simplement un élément ajouté pour faire du business. Si vous aimez avoir peur, le film joue très bien le jeu.

Ouija [Film 2014/2015]

155002 Sorti en octobre dernier aux Etats-Unis, Ouija n’arrivera en France que le mois prochain. Focus sur un énième film d’horreur qui, je l’espère, ne rendra pas les spectateurs aussi fous que les séances d’Annabelle.

Alors que Debbie meurt mystérieusement dans sa maison, cinq amis utilisent la planchette ouija pour la contacter. Seulement, ce n’est pas le bon esprit qu’ils contactent et ils seront tous confrontés à des événements terrifiants. [Source Wikipédia]

Hé oui, deux lignes de pitch seulement, caractéristique implacable du film d’horreur lambda. C’est au niveau du staff qu’il faut s’affoler : Michael Bay à la production (wtf ?) ainsi que Jason Blum (Paranormal Activity, American Nightmare, Sinister et Insidious, rien que ça). On retrouve également en tant qu’actrice Olivia Cooke, qu’on avait précédemment vu dans la série Bates Motel, et que j’avais adorée. Que du beau monde !

Malgré tout, Ouija est typiquement le genre de films d’horreur qui se regarde facilement, sans être blasé, mais qu’on aura oublié à peine une semaine après l’avoir vu. Avec ses scènes attendues au tournant, ses jumpscares qui ne surprennent personne ou encore ses dialogues courus d’avance, il n’y a pas de quoi fouetter un Miaouss. Pas le film de l’année donc, qui peut donc se regarder avec un bout de pizza sans crainte de sursauter et en mettre partout par terre (ou de détruire tous les fauteuils de l’UGC).