émission

Se taire, regarder, écouter et applaudir.

Nous avions rendez-vous devant les locaux de France Télévisions à 16h30 pour l’enregistrement d’une émission sportive programmée en direct une heure après. Les locaux, et quels locaux, lumineux – très télévisuels – et immenses. Nous étions une vingtaine d’étudiants issus de plusieurs écoles de commerce rassemblés pour l’occasion, plus par curiosité que par intérêt du sport. Nous attendions patiemment dans le hall jusqu’à ce qu’une jeune dame se charge de nous. Nous descendons d’un étage où un vestiaire et une collation nous attendent. Autour de nous, des dizaines de télévision projetant en simultané les émissions du groupe de la chaine. Quelques dizaines de minutes après, nous nous mettons à suivre la demoiselle nous ayant auparavant fait descendre à cet étage inférieur, nous interrompant en plein visionnage du match de rugby transmis sur les écrans. Cette dernière s’attarde de longues minutes sur nos hauts multicolores, seule contrainte du dress code de l’émission, pour nous placer en fonction d’eux, évitant gracieusement le ton sur ton et tentant de dissimuler sur les côtés les teintes trop criardes. Mangeant des gâteaux apéritifs, nous regardons les préparatifs du direct, nos yeux oscillant entre les réglages des caméras et les petits papiers de dernières minutes à l’intention du présentateur.
Pendant l’émission, nous applaudissons à la baguette et nous crions derechef, prêts à faire entendre notre vigueur et notre contentement. Nous remplissions notre mission à la perfection. Avec joie. Et sans cynisme. Aucun impair du côté de France Télévisions qui sait mettre les petits plats dans les grands pour nous satisfaire et faire en sorte que nous passions un bon moment, nous étudiants invités, aussi jeunes et délurés puissions-nous être.

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Nous avons rendez-vous devant les locaux de France Télévisions à 16h30 pour l’enregistrement d’une émission sportive programmée en direct une heure après. Et quels locaux, lumineux – très télévisuels – et immenses. Nous sommes une vingtaine d’étudiants issus de plusieurs écoles de commerce rassemblés pour l’occasion, plus par curiosité que par réel intérêt du sport. Nous attendons patiemment dans le hall jusqu’à ce qu’une jeune dame se charge de nous. Puis nous descendons d’un étage où un vestiaire et une collation nous attendent. Autour de nous, des dizaines de télévision projetant en simultané les émissions du groupe de la chaine. Quelques dizaines de minutes après, nous nous mettons à suivre la demoiselle nous ayant auparavant fait descendre à cet étage inférieur, nous interrompant en plein visionnage du match de rugby transmis sur les écrans. Cette dernière s’attarde de longues minutes sur nos hauts multicolores, seule contrainte du dress code de l’émission, pour nous placer en fonction d’eux, évitant gracieusement le ton sur ton et tentant de dissimuler sur les côtés les teintes trop criardes. Mangeant des gâteaux apéritifs, nous regardons les préparatifs du direct, nos yeux oscillant entre les réglages des caméras et les petits papiers de dernières minutes à l’intention du présentateur.

Pendant l’émission, nous applaudissons à la baguette et nous crions derechef, prêts à faire entendre notre vigueur et notre contentement. Nous remplissions notre mission à la perfection. Avec joie. Et sans cynisme. Aucun impair du côté de France Télévisions qui sait mettre les petits plats dans les grands pour nous satisfaire et faire en sorte que nous passions un bon moment, nous étudiants invités, aussi jeunes et délurés puissions-nous être.

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