Elato

Pas un Havre de Paix

Il y a des jours qui ne commencent pas trop mal mais qui finissent en queue de poisson. Vous me direz, c’est toujours mieux que les jours qui commencent directement en grand n’importe quoi.

Levée à cinq heures, dans le train à six, c’était une longue journée qui avait débuté tôt. Plus ou moins deux heures de train plus tard, j’arrivais sur la west coast française, entamant une nouvelle mission en prestation chez un client. Longue journée donc, où l’on m’attendait comme le messie et où je devais montrer que j’en étais au moins le bras droit. Au lit à 21 heures, après un verre de vin et un épisode d’Orphan Black au lieu d’un face à face avec David Pujadas, j’ai eu droit à un appel de Judas. Enfin, d’un intermédiaire de Judas.

Je ne vais pas rentrer dans les grands détails, mais c’était un appel d’un commissariat local, où Elato était apparemment au poste avec son nouveau compagnon pour porter plainte contre moi. Comme quoi je lui envoyais des textos depuis mon téléphone portable (si tel avait été le cas je ne m’en serais pas caché), que je déposais des miroirs chez elle (wtf ?), ou encore mieux, que je menaçais son frère (dont je ne connaissais pas l’existence avant qu’on me l’apprenne ici). J’ai eu beau avoir fait plusieurs articles sur Elato sur mon blog (où je ne me suis jamais vraiment cachée non plus, tout en préservant toutefois son anonymat), je ne connais pas cette petite fille. Encore moins ses coordonnées, encore moins son adresse, encore moins sa probable famille.

Le fait est que de recevoir un appel de la police en fin de soirée est des plus stressants. Je ne précise pas « où on s’y attend le moins », car je ne pense pas qu’on puisse vraisemblablement s’y attendre quand on n’a rien à se reprocher. Provenant d’un appel masqué, on peut facilement crier au fake. Mais la pression dans la voix de celle que j’avais au téléphone était telle qu’on ne peut que dire ok à tout pour en finir au plus vite avec cette lapidation quasi publique, où la présomption d’innocence n’avait pas l’air d’exister ne serait-ce qu’une seconde. La seule raison pour laquelle j’écris cet article, c’est pour lancer un appel à la population. Si quelqu’un était responsable de ces méfaits (aussi bien d’un faux appel policier que de fausses preuves), je le somme d’arrêter. Je sais que je n’y suis pour rien mais je ne sais pas ce qu’il peut bien y avoir derrière un coup de fil pareil. Je continuerais ma vie de tous les jours, n’ayant pas la volonté de monter au créneau, mais plutôt celle de continuer à enduire ces deux-là sous une chape d’oubli. Qu’il y ait des suites ou pas si les faits sont avérés, je pense qu’un cas comme dans l’autre (si les faits continuent ou s’arrêtent) on pourra toujours trouver une excuse pour accuser la femme trompée et quittée qui fait une coupable facile et idéale, mais je ne compte pas m’engager dans un débat qui me coûte du temps (je rigole, j’en ai à revendre), mais surtout de l’énergie. Si la policière était vraie, je pense qu’elle était plutôt contente que je fasse ma bénie oui oui pour qu’elle puisse passer à une affaire un peu plus importante et prioritaire que celle-ci. Après seulement dix minutes d’appel, j’étais vidée, psychologiquement au bord de la rupture et je n’ai pas réussi à m’endormir à cause de ma tachycardie qui m’a tenue en haleine pendant un bon moment, alors que j’étais debout depuis bien trop d’heures. Ces attaques sempiternelles sont fatigantes, surtout de la part de personnes qui ont déjà tout. On peut soigner le mal par le mal mais je ne tolère pas qu’on fasse du mal pour du mal.

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Un An Déjà

Le mois prochain, cela fera un an déjà que j’ai remis ce blog en ligne. Il est un exutoire, une porte de sortie et une motivation pour faire quelque chose quand je n’en ai pour rien. Un an ça passe vite, mais un an c’est aussi très long. Les articles, sorte de fil rouge d’une histoire abîmée, sont le reflet de mon esprit et d’une société dépareillée. Mais que s’est-il donc véritablement passé pendant une année ?

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Apposant mon dernier mot sur ce blog en octobre 2011, je l’ai donc rouvert en juillet 2014 avec un article plutôt sympathique mais taggué « retour, tristesse, vague à l’âme ». Un retour en demi-teinte donc, comme s’il était forcé. Forcé par une ténébreuse envie de faire quelque chose de mes journées : écrire, parler, me confier. Pour enrailler ça (cela ne trompe personne que j’avais encore subi un échec amoureux), je n’ai jamais fait autant d’articles sur le cinéma, la musique, les séries télé ou encore les jeux que depuis ce fameux été. Mieux valait écrire sur la trivialité que sur ce qui me broyait tous les jours et toutes les nuits. Hélas, certains articles passaient au travers des mailles du filet en me permettant de vomir sur le papier de l’internet tous mes ressentiments.

Je me souviens du mois d’août 2014 comme si c’était hier. Écoutant Lana Del Rey dans ma voiture, conduisant sans but mais bénissant le fait que conduire me permettait de me concentrer sur quelque chose, tout en sachant que j’avais à ce moment précis ma vie entre mes mains. Il m’a fallu attendre septembre avant d’avoir de sérieux doutes quant à la fidélité de mon ancien compagnon, ce qui a valu quelques éclats sur ce blog, qui n’auront pas été sans conséquences, compte-tenu du grand nombre de lectures concernant ces articles. Alors je me suis replongée à fond dans les salles obscures, allant jusqu’à dix fois par mois au cinéma, pour m’occuper avec la vie des autres plus que la mienne. C’est bien simple, le mois d’octobre n’a comporté que des articles liés à l’univers du cinéma et de la télévision. Dans le même laps de temps je commençais tranquillement depuis plusieurs mois à arrêter de fumer et mon travail me poussait de plus en plus à bout, maintenant que je n’avais plus personne sur qui m’appuyer affectivement.

11259841_10153327123353415_8204716789522245870_n C’est en novembre que j’ai commencé les articles foodie. La gourmandise ayant toujours fait partie des multiples péchés que je me dois dorénavant d’assumer. J’ai donc pas mal mangé et repris les cinq kilos que j’avais perdus pendant l’été, passant la plupart de mes journées à rester coucher sans manger mais en m’hydratant bien trop. J’avais encore des réminiscences d’Elato, la sale fille que je soupçonnais m’avoir rendue cocue. Mais ce n’étaient que des spéculations, qu’une simple intuition, pour le moment tout du moins. Entre-temps j’avais commencé un nouveau travail qui me permettait de m’épanouir dans des voyages en France entière. J’avais l’impression d’avoir tellement de choses à raconter que je me suis même amusée à écrire un article par jour en décembre. Avant de toucher le fond le 21 décembre en apprenant que tout ce que je m’étais imaginée était vrai. J’étais pourtant en train de prendre les devants et aller de l’avant, réussir à oublier les déconvenues, jusqu’à ce soir où j’ai surpris une conversation qui n’aurait jamais du être dite devant moi. Je me suis retrouvée ce soir-là assise en t-shirt dans un caniveau, par seulement quelques degrés, en train de fumer une cigarette, ce que je n’avais pas fait depuis des mois. A quelques jours de Noël, tout ce que j’avais essayé de reconstruire pendant six mois s’est écroulé aussi facilement qu’un château de cartes fait sur une plage. Entre les deux articles sur les pires fêtes de fin d’année qui m’ait été donné de subir et que j’ai passées sous antidépresseurs lourds, je suis partie me changer les idées à la montagne, avant même de découvrir que si je devais encore louer des skis cette année, c’était pour la simple et dégueulasse raison que ma remplaçante de cœur utilisait les miens à ma place et que c’était pour cette raison également que mon ancien compagnon refusait de me les rendre.

Janvier a été très dur. Là où je m’épanouissais dans des déplacements professionnels multiples encore plusieurs semaines auparavant, je n’y voyais plus que la tristesse et la solitude des chambres d’hôtels impersonnelles. J’ai alors quitté mon travail et me suis replongé à corps perdu dans la télévision et le septième art, comme l’été précédent. J’ai emménagé seule (mon compagnon m’ayant quittée en pleines recherches d’appartement commun – mais il a bien quitté une ex en apprenant qu’elle était enceinte, je ne vois pas pourquoi je me plains) et fêté mes 25 ans en février (sans avoir précisé que mon meilleur ami depuis quinze ans avait décidé de quitter ma vie en me volant 500 euros), je me suis rendue compte que je n’avais plus le droit à l’erreur. Qu’il me faudra réussir ma prochaine relation amoureuse avant que je ne devienne vieille, moche et encore plus incasable qu’à l’heure actuelle. Mon dernier article sur Elato a été lu approximativement 200 fois, ce qui m’a permis d’expier le peu d’estime qu’il me restait envers elle et envers moi-même, quitte à réaliser par la suite que beaucoup de personnes ne peuvent faire face à leurs propres vérités.

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Deux semaines après avoir quitté mon job de commerciale ambulante, je retrouvais un travail dans mon choix de carrière, qui me permettait avant-tout de m’occuper en journée. Mon but étant de passer le moins de temps possible avec mes démons, mes regrets, mes chagrins et ma minuscule boule d’espoir. A ce niveau-là, le mois de mars étant tout ce qu’il y avait de plus tranquille, avec en prime la résurgence de joie de changer d’opportunité professionnelle. Au contraire, avril était plutôt en dents-de-scie, entre des soirées qui me coupaient de ma vie, accompagnée d’hommes ou de Resident Evil, et celles qui me plongeaient à nouveau dans tout ce qui me faisait peur. Finalement mai est arrivé, avec ses espoirs et ses déconvenues. Il m’a été éprouvant mais m’a fait rêver.

Nous sommes à présent en juin mais j’ignore de quoi les prochains mois seront faits. J’espère simplement ne pas avoir à revivre certains que j’ai pu passer depuis un an maintenant. Je continuerai à écrire bien sûr, ne prenez pas cet article comme une fin, mais j’avais besoin de jeter un regard sur ce que j’ai fait, sur ce que je n’ai pas fait. En espérant également que vous avez pris plaisir à me lire et continueraient à le faire comme c’est mon cas de l’autre côté de l’écran.

Pire Saint Sylvestre à jamais

Je t’aime. Mensonge. Je ne vois personne d’autre. Mensonge. Je ne te quitterai pas. Mensonge. Je ne te trompe pas. Mensonge. Je n’ai pas de temps à t’accorder. Mensonge. Je te quitte pour être seul. Mensonge. Même dans les phrases les plus douloureuses il n’y a que des mensonges.

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L’année 2014 aura été une fois de plus une année à mensonges. Une année où aura prôné l’irrespect, la malhonnêteté et l’absence totale d’intégrité. Une année où les mensonges se seront tellement accumulés qu’ils se sont contredits et auraient même pu être risibles s’ils n’étaient pas si poignants.

Une année où six mois de bonheur auront fait face à six mois de détresse et de dépression. Et malheureusement, même si la Terre va passer en l’an 2015, ces mois ne seraient pas près de s’arrêter comme on claque des doigts en pensant prendre des résolutions que l’on ne tiendra jamais.

Les mois de détresse ont commencé par une immense déception, une énorme peine, suivie par une dure claque pour se finir avec pertes et fracas. Quand quelqu’un mise autant sur la confiance et l’honnêteté, il n’y a rien de pire que de découvrir que charité bien ordonnée ne passait pas par soi-même. Que toute la franchise et la vérité que cette personne demandait, elle ne l’appliquait même pas. Et pire encore, faisait culpabiliser que l’on puisse croire qu’elle mentait. Alors on doute, on se dit qu’on pense à mal parce qu’on a souvent été quittée, souvent été trompée, et que l’on n’a juste plus confiance en personne. Et puis on se rend compte, comme sous le choc d’une bombe, que cette personne qui se voulait si digne de confiance, qui se plaçait si au-dessus des autres, mentait autant que les précédents, voire plus.

Avant cela, je me sentais merdique. Si cette personne ne veut plus de moi, ne veut plus me voir, même pas en ami, c’est que je dois être l’être le plus lamentable, le plus misérable que la Terre ait porté. Si cette personne fait aussi peu preuve de compassion à mon égard, c’est que je ne le mérite simplement pas.
Mais après cela, je me suis senti encore plus merdique, alors même que je pensais que cela ne puisse pas être possible. Merdique au point que l’on passe son temps à me mentir, à me tourner le dos, à me dénigrer, à me considérer comme un simple mouchoir jetable froissé jusqu’à le casser.

Tous ces articles où je pensais qu’Elato existait, mais que ce n’était qu’une simple paranoïa de ma part, étaient bel et bien vrais. Toutes ces fois où je me réveillais en pleurant et tremblant d’imaginer des choses que je ne pensais pas vraies, j’ai réalisé qu’elles l’étaient. Quand votre compagnon vous présente une amie en souriant, jamais, jamais, vous n’auriez osé penser qu’il vous quitterait quelques semaines plus tard pour se mettre avec elle. Tout en soutenant mordicus qu’il n’en est rien.

Vous qui entrez ici, dans une histoire comme celle-là, avec une personne comme celle-ci face à vous, abandonnez tout espoir de connaître une vie heureuse. Vous finirez broyé, détruit, comme une carcasse décharnée à l’intérieur de laquelle il n’y a rien que du désespoir. Mais jusqu’à la fin, vous continuerez de fredonner la chanson Crying, Waiting, Hoping.

Je te souhaite à ma pire ennemie…
Oh oui, je t’imagine agrippé à son bras,
Prêt à éventrer à tout moment
L’espèce de bout d’amour,
Qu’elle essaie de construire.

Je voudrais presque la sauver,
Lui tendre la main la réconforter,
Lui dire combien je sais qu’elle souffre,
Et qu’elle n’a pas fini de mourir plusieurs fois.

Mais savoir au plus profond de soi que cette personne était meilleure quand vous étiez avec elle, que ses démons n’étaient pas à la surface. Ressentir que vous ne parvenez pas à lui en vouloir car vous l’aimez trop pour ça et vouloir que tout redevienne comme avant, car en vous sauvant vous, vous le sauveriez lui.

Elato, ou les cauchemars d’Alex

Cela va faire cinq mois que Barbara a quitté Alex, pour probablement rejoindre Elato, avec qui elle avait déjà l’habitude de papillonner. Alex n’était que de passage dans la vie de Barbara. Mais pour lui, il a désormais le sentiment d’avoir raté la sienne.

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Tous les soirs il peine à trouver le sommeil, il prend des médicaments qui ne fonctionnent plus. Il aggrave son diabète en ne mangeant que du sucre, mais comme il n’a jamais faim c’est la seule chose qui lui permette de ne pas tomber dans les pommes. Il est une boule de nerfs de façon permanente, tantôt tremblant de douleur, tantôt s’effondrant en sanglots sur une simple pensée pour elle.

Ses jours sont hantés par le visage de Barbara, par ses souvenirs communs qui l’enfoncent de plus en plus dans les regrets. Ses nuits sont ravagées par la vision d’Elato sur elle, prenant ce corps qui auparavant était pour lui. Il se réveille chaque nuit en pleurant, sans parvenir à trouver à nouveau le sommeil de longues heures durant. Il se lève en ayant tous les jours conscience de l’absence flagrante de celle qui partageait sa vie. Il tente d’aller dans des bars ou au restaurant seul, pour conjurer le sort, mais cela ne parvient qu’à le renforcer dans sa propre solitude. Le renvoyant à tout ce qu’il a perdu. A tout ce qu’il espère retrouver. Car il n’a plus que cela à espérer.

Il s’appelait Elato.

La première fois qu’il le vit, Alex était avec sa compagne, Barbara. Alex a alors rencontré celui qui partageait les jours de l’être aimé, sachant qu’ils étaient tous les deux en cours ensemble. Alex a tout de suite remarqué qu’Elato possédait un physique vilain, un visage ingrat. Il a pensé que ce n’était pas étonnant puisqu’il étudiait dans le domaine des jeux vidéo, mais cette idée lui est vite passée. Après tout il a toujours trouvé sa moitié belle comme le jour. Alex s’est tout de même senti rassuré de voir qu’il n’avait pas de grande compétition pour garder sa compagne, dans le sens où Elato semblait gentil et qu’il ne pouvait en rien être un rival.

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@Sacriledge

La seconde et dernière fois qu’il a vu Elato, c’est quand ce dernier est rentré avec et chez Barbara, en pleine nuit, quasiment main dans la main. Alex a senti le monde s’effondrer autour de lui. Elato semblait quelqu’un de sincère mais il s’est rendu compte qu’il se vantait d’avoir un copain alors même qu’on trouvait facilement son profil sur Adopte un Mec. Alex s’est aperçu qu’Elato et Barbara étaient plus proches qu’eux deux ne l’avaient jamais été. Quand Barbara refusait d’aller au théâtre avec lui, elle allait voir la pièce d’Elato. Quand elle disait ne pas être disponible pour le voir, elle allait en soirée avec Elato. La vie d’Alex a toujours tourné autour de Barbara quand la sienne tournait autour d’Elato. Il a perdu son couple, à cause de cela il en a ensuite perdu son travail. Alex sait qu’il n’a plus rien à perdre et est conscient de sa propre déchéance. Avoir conscience d’une vie partie en lambeaux alors qu’il y a trois mois encore il était le roi du monde, est le pire qui pouvait lui arriver.