Dernier Train pour Busan

Sorties cinéma de l’été 2016

J’ai fait un article à part pour Dernier Train pour Busan, car il m’avait vraiment fait bon effet. Les autres films dont il est question aujourd’hui ne sont pour autant pas médiocres, mais j’en ai tellement regardés que j’ai préféré les condenser dans un seul article. C’est parti !

Au rayon des films d’horreur, Dans le Noir est un bon film, même si je l’ai trouvé en-deçà des deux Conjuring, pour citer un exemple récent. Je le conseille toutefois car c’est un film d’épouvante très bien ficelé. On retrouve James Wan dans celui-ci, même s’il n’est qu’à la production de Dans le Noir et non à la réalisation comme pour Saw et Conjuring (entre autres). A noter que nous retrouverons également James Wan aux manettes du prochain Night Shyamalan, affaire à suivre…

Dans le Noir

Dans le Noir

Pour rire un peu j’ai pu aller voir Agents Presque Secrets et Un Petit Boulot. Agents Presque Secrets ne dispose pas d’un humour bien fin mais reste sympa à visionner. The Rock nous prouve encore qu’il est un très bon acteur, avec un bon sens de l’auto-dérision. Si vous comptez le voir, je vous invite à (re)visionner le reportage de quelques minutes sur le Honey Badger si vous voulez rire pendant le film, qui y fait une petite référence. Un Petit Boulot est quant à lui plus frenchy, avec Romain Duris et Michel Blanc, et est très plaisant à regarder. Les dialogues sont bons et la vue omniscience du personnage clé joué par Romains Duris est un bon choix de narration. Bien que l’idée de base soit simple (payer un chômeur pour tuer quelqu’un), les rebondissements et faits qui en découlent ne sont pas si évidents que cela, ce qui permet de ne pas se retrouver face à une comédie rabâchée, d’autant plus que – même si l’on rit assez – le ton comique n’est pas ce qui prévaut ici.

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Du côté des films plus connotés « action », Nerve se faufile à une bonne place aux niveaux des recettes, notamment grâce aux deux acteurs principaux, Dave Franco (le frère de) et Emma Roberts (la nièce de), de très bons acteurs en devenir qu’on a déjà pu voir dans d’autres productions précédentes. Le film traite de ce que chacun peut être prêt à faire pour gagner de l’argent. Sans rentrer dans des questions d’ordre sociétal et philosophique, il reste un bon divertissement. Le montage des images (celles visionnées sur ordinateur et téléphones) est d’un bon acabit et rend, en plus du scénario qui le nécessite, le film dynamique. Le dernier Jason Bourne n’est pas fou fou non plus, mais il se laisse regarder. Les scènes d’action sauvent le tout car elles sont bien traitées (notamment Vincent Cassel en mode GTA) mais il faudrait tout de même qu’ils mettent un point final à une licence qui devrait s’arrêter tant qu’elle est encore potable.

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Nerve

Passons sur ce que j’appellerais les « films d’auteur », même si cette catégorie reste à relativiser. Moka pourrait en faire partie, où Emmanuelle Devos cherche à retrouver le meurtrier de son fils ; un peu à l’instar de Daniel Auteuil dans Au Nom de ma Fille. Malgré des scènes assez lentes au début, on se retrouve tout de même pris dans l’histoire, jusqu’à se demander au fil de l’intrigue si nous sommes bien sur la bonne piste ou non. Et je finis par mon coup de coeur du mois : Nocturama. MadmoiZelle parle d’une claque, c’est à peu près l’effet que m’a aussi fait le film pendant la séance. Tourné pendant l’été 2015 (autant remettre les choses dans son contexte compte-tenu du sujet), il aborde l’histoire d’un groupe de jeunes adultes déterminés à commettre des attentats dans Paris et sa proche banlieue. De la préparation en amont, au stress pré/post attaques, aux attentats en eux-mêmes, à la résolution, tout est traité en 2h10. Des attaques de symboles plus que de personnes : place de la Bourse, ministère, statue de Jeanne d’Arc, la tour à moitié maquillée de Total à la Défense … Connaissant Paris, j’étais complètement dans le film. Nous suivons les personnages dans les lignes de métro au fil de la journée, pendant une nuit à l’intérieur de La Samaritaine, un peu partout dans les rues de Paris : tout est fait pour montrer au maximum les décors extérieurs, en insistant sur les noms des lieux, des métros, afin de paraître le plus ancré possible dans le monde réel.

Nocturama

Nocturama

Le montage est très bien réalisé et nous permet de visionner plusieurs scènes avec des cadrages différents, jusqu’à déterminer ce dont il était question. On suit par exemple un jeune qui entend un coup de feu sans que nous n’en sachions la provenance ; la scène suivante repartira quelques minutes avant, pour que l’on puisse rejoindre le lieu où le coup a été tiré. La bande son est également à tomber par terre, allant de Berlioz à des musiques minimales, en passant par la version de My Way de Shirley Bassey, en finissant par le générique d’Amicalement Vôtre pour l’acte final (les musiques passées l’étant quasiment dans leur intégralité à chaque fois). Si vous avez l’occasion d’aller voir ce film, j’aimerais avoir votre avis. Il m’a beaucoup troublée, même si je l’ai trouvé lent à démarrer, mais la seconde moitié du film rattrape les moments nébuleux du début.

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Dernier Train pour Busan

Qui dit vacances dit aussi cinéma, et heureusement, je n’ai pas abandonné suite à la séance de Jason Bourne (qui reste tout de même un bon divertissement, dans la lignée des précédents). Ce matin, j’ai donc pris un ticket pour le Dernier Train pour Busan.

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Film sud-coréen présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2016, il est plus orienté thriller que film horrifique, mais les deux catégories se complètement à merveille. Sok-woo et sa fille Soo-ahn prennent une ligne régionale afin de rallier la ville de Busan, où vit la mère de cette dernière. Mais alors que le train est prêt à partir, une personne contaminée monte à bord, infectant les passagers qui passent en mode survie, pendant que le reste de la population est également en proie au virus. Ici, virus = zombies.

Je ne m’attendais pas nécessairement à voir des zombies car cela faisait bien longtemps que j’avais abandonné l’idée de voir de nouveaux films d’horreur asiatiques au cinéma. Mais c’était sans compter sur la société de distribution ARP, sans qui ce long-métrage n’aurait pas forcément vu le jour en France.

Pour parler du film en lui-même, il est véritablement touchant. Et c’est d’autant plus notable quand on voit le genre dont il est question. Il permet aussi de viser assez large en brassant le plus d’émotions possibles, importantes car transmises aux spectateurs. Le format de deux heures passe très vite, puisqu’on a le sentiment qu’il est aux 3/4 quarts fait en temps réel. L’immersion est donc encore plus grande, en plus d’avoir face à nous des personnes lambda, face à une catastrophe qui pourrait arriver n’importe quand (je ne parle pas forcément des zombies hein, mais n’importe quel virus qui ferait perdre les pédales à une bonne partie de la population).

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La majorité des personnages principaux sont attachants et le film nous tient en haleine du début jusqu’à la fin. Quant aux effets spéciaux je ne trouve rien à y redire, mais j’aurais bien aimé voir la tête de leurs plateaux de tournage et de tous ces figurants, s’ils ne sont pas ajoutés en postprod. Sorti avant-hier, Dernier Train pour Busan est une belle réussite qui permet de remettre au goût du jour une catégorie de films, hélas, bien souvent tenue à l’écart du cinéma grand public.