dernier jour

Et si je devais mourir demain ?

Sans faire référence à la chanson d’Obispo, la question reste réelle. « Si on devait mourir demain, qu’est-ce qu’on ferait de plus, qu’est-ce qu’on ferait de moins ?« . Car le problème est bien là. Vous êtes-vous déjà posé la question de votre mort prochaine ? Je ne m’attends pas forcément à une réponse unanime, je sais que je suis quelqu’un d’assez morbide pour lesquelles mes idées ne sont pas une généralité sociétale. Je reprends, si vous ne vous êtes jamais posé cette question existentielle d’une importance cruciale quand on aime à réfléchir à sa propre mort, faites-le et essayez de formuler une réponse adéquate.

temps_mort_by_elle_cannelle

Alors ?

Je ne sais pas si vous avez joué le jeu ou non, mais j’en retiens que je ne ferais bougrement rien de cette journée. Au sens propre du terme. J’ai eu dans le premier temps l’idée d’aller au cinéma : « Pourquoi faire ? » me suis-je dit. La suite ne sortira que le mois prochain et je n’aurais pas le loisir de discuter avec mes amis de mon avis sur le film. Next. Je me suis dit que je pourrai aller faire une activité à sensation forte telle qu’un saut dans le vide. Mais à quoi bon ? Si je faisais cela un jour, ce serait pour en garder de bons souvenirs, hélas je ne pourrais plus garder aucun souvenir puisque je n’existerais plus. Next. Alors je pourrais proposer à des amis de faire une dernière soirée, mais considérant le nombre de personnes qui voudraient voir d’autres cercles d’amis ou ceux qui sont en couple et répondent de façon horripilante « nous » quand on leur demande « tu« , je me retrouverais sûrement bien seule. Next ! Je pourrais me venger de toutes les personnes qui m’ont un jour (ou plus longtemps) fait souffrir, hélas, je serais morte avant que je ne les retrouve et puisse les voir. Next … En fait, ma dernière journée consisterait à regarder le plafond en attendant avec impatience le lendemain.

Quand je me dis que demain pourrait être mon dernier jour, j’en ressens une immense satisfaction. Comme le fait d’être libérée d’un poids, de ne plus sentir les soucis sur mon dos. Abandonner cette fatigue, cette dépression qui me suit d’années en années, de plus en plus perfide et pesante, s’enrichissant de tous mes déboires avec délectation. Au même titre que ces derniers mois furent la quintessence de l’horreur, il est triste de se dire que seules les bonnes choses aient une fin. Alors qu’au fond, les mauvaises choses sont les seules pour lesquelles on ait le réel pouvoir d’y mettre nous-même une fin.

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