cinéma français

Grave [Film 2017]

Vive Julia Ducournau, vive Grave !

Ayant vu en surabondance des films d’horreur au cours de ma vie, dont une partie non négligeable de films français, je ne donnais pas forcément cher de la peau de Grave, film d’horreur franco-belge sorti en France le 15 mars de cette année (après une apparition lors du dernier festival de Cannes).

Interdit dans les salles françaises aux moins de 16 ans, Grave c’est l’histoire de Justine, issue d’une famille de végétariens assez obtus. Nous la suivons lors de son intégration en école vétérinaire (où sa grand soeur étudie également) et de son bizutage, où elle va devoir manger de la viande crue. Justine va par la suite y prendre goût, plus qu’elle ne l’aurait imaginé …

Garance Marillier joue le personnage principal de Justine, qui était déjà intervenue auprès de Julia Ducournau lors d’un de ses premiers courts-métrages. Peu connue pour le moment, je pense qu’elle se fera une bonne place dans le cinéma français, vu sa prestation ici. Certaines scènes de ce film sont évidemment assez dures mais le tournage a du être également assez éprouvant, je lui tire donc mon chapeau. Rabah Nait Oufella joue également un rôle important, qu’on a récemment vu dans l’excellent NocturamaL’Ascension, mais aussi Patients, encore à l’affiche.

Le film a eu une publicité atypique puisqu’un couple s’est évanoui lors de la projection au festival international du film de Toronto en septembre dernier. Depuis, pas d’incident, mais j’ai entendu quelques hoquets de dégoût lors de ma séance (qui était pleine, chose rare pour un film d’horreur francophone). Je ne vais pas spoiler le film mais je peux néanmoins vous dire ce que vous n’y verrez pas, car je pense que cela est toujours utile. Pas de violence sur animaux, pas de nécrophilie et finalement pas de scènes gore à outrance. Certains passages seront désagréables selon les frayeurs de chacun, mais largement supportables et bien souvent courts.

La bande son est bien mise en avant selon les scènes, avec tantôt des musiques fortes et graves, et tantôt des pistes plus joyeuses, puisque nous suivons le quotidien d’une étudiante en école vétérinaire, avec tout ce que cela comprend (cours et vie étudiante). Le film ne se focalise donc pas uniquement sur le cannibalisme, et va jusqu’à diffuser une chanson d’Orties (rock / rap gothique, groupe qui a eu sa simili heure de gloire il y a quelques années, mais si vous ne connaissez pas je ne serais pas étonnée). J’étais en tout cas bien contente d’entendre ce groupe – je ne m’y attendais pas – sachant qu’ils n’ont même pas cédé à la facilité en diffusant leur single Cannibales

Bref Grave est un bon film car l’histoire a un bon fond et un vrai dénouement. Les scènes que nous ne comprenons pas au début du film nous sont expliquées par la suite et il fait partie des longs-métrages d’où l’on sort en ressentant un petit quelque chose, voilà pourquoi on peut prendre plaisir à regarder des films d’horreur.

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Sorties (au) ciné février 2017

Mois le plus court de l’année, mais pourtant celui où je n’étais pas allée autant de fois au cinéma depuis longtemps. Il faut dire que beaucoup de (plus ou moins) bons films sont sortis en ce début d’année, aussi bien du côté américain que du côté français. Retour donc sur les 8 films que je suis allée voir ce mois.

Le Cercle – Rings

Fan des livres originaux de Kôji Suzuki (à qui l’on doit pour le grand public la saga Ring et Dark Water), j’avais été déçue des adaptations américaines faites il y a une quinzaine d’années maintenant. Je ne saurais dire pourquoi Ring revient maintenant au goût du jour, mais voilà, le mal est fait. Rings n’est pas un bon film, c’est un nanar dans le bon sens du terme : « il amuse par ses défauts ». En effet, les UGC s’opposant de plus en plus à la diffusion des films d’horreur, c’est le cinéma de Châtelet qui permet encore d’en voir quelques uns. A l’heure de la sortie du travail, je me doutais que la séance serait, disons, dissipée. Elle l’a été, en bien moins pire que ma séance d’Annabelle à titre d’exemple. Mais c’est bien la première fois que je n’en avais rien à faire, cela ne m’a même pas énervée. On sentait que les spectateurs n’étaient pas là pour mettre le bazar, mais qu’ils se sont retrouvés comme moi devant un film nul. Alors tant qu’à être là, autant en rire. Rings peut faire peur à ceux qui ne sont pas habitués des films d’horreur et ne s’attendront pas à certaines surprises, mais franchement, le coup du jumpscare avec le chien qui aboie … Le film n’est pas bon – j’étais pourtant contente d’y voir notre ami de TBBT Johnny Galecki – mais l’important c’était finalement de passer un bon moment devant un nanar so 90’s.

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Jackie

Natalie Portman en Jackie Kennedy, une icône représentant une autre icône, c’est dire si le casting faisait parler de lui longtemps avant la sortie officielle du film. Personne n’ignore le destin tragique de son mari, mais cela était un bon pari de prendre le point de vue de Jackie afin d’illustrer un des passages les plus marquants de la vie politique américaine. Souhaitant volontairement passer rapidement sur la tuerie en elle-même, le film en devient très plat. Les talents d’actrice de Natalie Portman ne sont plus à démontrer, mais cela ne suffit pas à sauver le film car elle ne peut pas le porter à elle seule. Ayant un fil directeur assez simplet, Jackie va se contenter d’être une succession de scènes dramatiques et de démonstration de force, sans véritablement créer un sentiment d’immersion.

Seuls

Je ne connaissais pas Seuls, pas même de nom. J’ai découvert l’univers par la bande-annonce, qui n’a réussi qu’à me faire penser à la série de livres d’Autre-Monde de Maxime Chattam. Pour faire simple : une petite poignée d’adolescents se réveillent dans leurs quartiers ne montrant plus aucune trace de vie, avec un brouillard approchant des limites de leur ville. Bien que sensiblement tourné vers les adolescents, le film dénote d’une certaine maturité. Je trouve dommage de devoir le souligner mais Seuls est un long-métrage français, mais qui assume complètement sa périphérie et ses environnements urbains.

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Tournées en grande partie en banlieue de Pontoise à la Défense (quoi de plus simple pour filmer des paysages vides que l’esplanade de la Défense alors que le jour se lève à peine), les scènes ne trichent pas avec pléthore d’effets spéciaux mais essayent de montrer ce qu’il y a de plus effrayant, mais également de plus beau, dans la sensation de solitude. Déjà vus par-ci par-là, les acteurs n’en sont pas à leur coup d’essai et sont globalement dans le bon ton. J’ai été déçue par une fin un peu trop attendue mais ce n’est ici qu’une adaptation, il est donc difficile de critiquer l’histoire en elle-même. Je m’attendais à une espèce de remake français du Labyrinthe ou autre adaptation à la mode mais c’était une bonne petite découverte pour ma part.

A Cure For Life

De son nom original A Cure for Wellness (il faudra m’expliquer pourquoi le titre français reste un titre en anglais mais différent), A Cure for Life suit un jeune financier envoyé dans les Alpes Suisses pour récupérer un collègue qui a souhaité partir quelques temps en cure. En cure de quoi ? Bah c’est assez difficile à dire. Je dirais comparable à un centre thermal bien sous tout rapport. Du moins dans la première demi-heure du film.

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On retrouve Gore Verbinski à la réalisation (qui ne fera hélas pas l’adaptation du tant attendu Bioshock – personne ne la fera en fait), avec Dane DeHaan et Jason Isaacs (aaah Lucius Malefoy) en tant qu’acteurs principaux, accompagnés par la jeune Mia Goth, qu’on avait déjà vue dans Nymphomaniac. A Cure for Life m’a bien plu mais les critiques post séance m’ont assez refroidie. Il m’a plu car je suis rentrée dans l’intrigue d’un seul coup, pour n’en ressortir que 2h30 après. Alors bien sûr il y a un lot d’incohérences qui dépasse beaucoup la suspension d’incrédulité, mais pour autant j’ai été scotchée sur mon siège du début à la fin du film. Au premier visionnage de la bande-annonce, mon cerveau a directement fait tilt en pensant « Shutter Island« . En effet, le film montre des rapports évidents avec lui, mais ouvre de nouvelles perspectives. Je ne vous cache pas que je n’ai pas tout compris tout le temps, mais l’ambiance angoissante et l’aspect esthétique du film sont particulièrement bien réussis pour prendre plaisir à le regarder.

Alibi.com

Ok ok, vient là le moment où j’avoue que des films facilement critiquables me plaisent. Je suis fan de Philippe Lacheau depuis peu puisque je l’ai connu via le premier Babysitting. Très drôle et surtout très frais dans un cinéma français un peu rabougri, j’ai pourtant été un peu déçue par le second. Alibi.com est donc arrivé comme un changement dans une espèce de continuité : on reste sur le même style comique mais on arrête de verser dans une licence qui va vite devenir redondante.

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Avec des acteurs connus et reconnus (Didier Bourdon, Nathalie Baye, Michèle Laroque…), mais aussi des participants divers (La Fouine, JoeyStarr, Norman …), le film maîtrise parfaitement le comique de situation, où (quasiment) chaque action du film aura ses répercussions à un moment où à un autre. Et bien souvent quand on s’y attendra le moins. Evidemment, il y a des scènes équivoques où on saura à quoi s’attendre, mais là encore, on parvient à être surpris, notamment par des références, par exemple, à Assassin’s Creed ou François Hollande, tombées d’on ne sait où mais qui font leur petit effet. Alibi.com est ce qui se fait de mieux dans le comique cinématographique français de ces dernières années et cela fait du bien de rire un peu. Beaucoup.

Chez Nous

Olala encore un film français, mais qu’est-ce qui m’arrive ? Hé bien j’adore André Dussollier et j’aime beaucoup la politique. Le sujet de ce film ? La montée du Front National en toile de fond, mais en premier plan une femme (de père communiste) qui va se porter candidate dans le Nord sur des listes électorales très à droites. Le principal enjeu de ce film étant les relations entre les personnages et les réactions – souvent malavisées – des voisins / amis / collègues quand ils apprennent pour qui elle vote. Deux points de vue donc : d’un côté est-ce renier qui l’on est en votant FN ou de l’autre, est-ce plutôt renier quelqu’un qu’on a toujours connu et qui est le même, sous prétexte de savoir quel bulletin il met dans l’urne ? Ne prenant absolument pas parti, le film va montrer les petits bas coups bas de la politique et l’intérieur des campagnes. Pour avoir déjà pris part à des campagnes électorales en étant colistière municipale, je me suis peut-être plus sentie concernée par l’ambiance décrite que tout un chacun. Pour autant, le film est abordable et va plutôt critiquer le système et mettre en avant l’affect des personnages, plutôt que de faire l’apologie d’un parti ou un autre. Un peu longuet dans sa première moitié, ce n’est pas le film de l’année, mais il a l’avantage de traiter la politique sous un angle particulier : en ne parlant presque pas de politique.

Raid Dingue

Je ne m’en sers pas comme d’une excuse mais je suis allée voir Raid Dingue suite à la critique dithyrambique faite par Durendal. Prétendûment film comique je ne l’ai pas trouvé si drôle que cela. Attention, je n’ai pas dit « nul », mais il était plus sérieux qu’il n’en avait l’air au visionnage de la bande-annonce. Sans faire du prosélytisme, je ne suis pas sortie de ce film avec des barres au ventre tellement j’avais ri, mais plutôt avec la fierté d’avoir un groupe d’intervention qui nous protège en cas d’attaque et en mettant pourtant la vie de ses membres en péril à chaque sortie.

Le film va mettre en avant un certain nombre de gags mais c’est le budget effets spéciaux qui m’a complètement soufflée. Je ne vais pas vous spoiler mais sachez qu’ils font exploser un grand moment français (non, pas la Tour Eiffel, quelque chose de bien moins attendu) que jamais je n’aurais imaginer voir exploser dans un film. Et surtout avec une netteté de traitement si propre. Raid Dingue n’est pas le film de l’année – j’ai préféré les autres cités plus haut – mais cela reste du divertissement, que Dany Boon a cette fois-ci axé sur un thème un peu plus grave.

Split

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Avec A Cure for Life (et prochainement T2 et Alien Covenant), Split était l’un des films que j’attendais le plus en ce début d’année. ATTENTION ! Ne regardez pas la bande-annonce pour apprécier au maximum ce film. Il est vraiment dommage de se gâcher un film de M. Night Shyamalan et je trouve que la BA en apprend déjà un peu trop.

Chapeau bas à James McAvoy pour l’incarnation des multiples personnalités présentes dans ce film. Je n’ai jamais vu aussi pertinent depuis l’époque de United States of Tara avec le talent de Toni Collette. Le film est bon mais j’ai trouvé que trop de détails étaient dévoilés dans la bande-annonce, qu’il aurait été plus cohérent de garder secrets. Pour autant l’ambiance est très travaillée, avec des moments de huis clos à la 10 Cloverfield Lane et des questionnements d’ordre physique et psychologique assez travaillés. Hélas, on voit la fin venir (je ne parle pas de la « toute toute toute fin » présente après le dénouement mais avant le générique de fin, que je ne m’attendais absolument pas à voir) car tout est délicatement distillé au fil du long-métrage, contrairement aux premiers films du réalisateur. Un bon cru toutefois du Shyamalan 2016, qui nous promet manifestement de belles choses à venir …

Et Ta Soeur

et_ta_soeur_120x160 Sorti en ce début d’année, Et ta Soeur fait partie des films français agréables à regarder en salles. Réalisé par Marion Vernoux, qui a fait des longs-métrages tragi-romantico-comiques sa spécialité, le film se focalise sur le trio Marie / Tessa / Pierrick, respectivement Virginie Efira / Géraldine Nakache / Grégoire Ludig (connu pour le Palmashow).

Pierrick vient de perdre son frère. Il accepte l’invitation de sa meilleure amie Tessa dans sa maison familiale, pour y passer une semaine seul à réfléchir sur sa vie. Mais il découvre à son arrivée la présence de Marie, la demi-sœur de Tessa, venue se remettre d’une blessure amoureuse. Après une soirée bien arrosée et l’arrivée inattendue de Tessa elle-même, la situation va faire apparaître des révélations inattendues…

Après une première demi-heure assez longuette, le film prend vraiment ses marques et de l’ampleur. Remake français du film Ma meilleure amie, sa sœur et moi, ce dernier est frais et marque par le jeu des trois acteurs principaux et uniques. Les deux femmes sont pétillantes malgré leurs tares et les dialogues sont bien sentis. Le comique de situation peut paraître déjà vu mais se fond parfaitement dans le décor créé par la réalisatrice. Sortez de chez vous et donnez donc un coup de pouce au cinéma français !

Le Talent de mes Amis

Affiche_film_Le-Talent-de-mes-Amis Le Talent de mes Amis est un film français coécrit et réalisé par Alex Lutz. Alex Lutz, on l’avait déjà vu dans OSS 117 ou Hollywoo, pour ses apparitions les plus remarquées. Il est surtout très présent à la télévision puisqu’il apparaît dans SODA, Kaamelott ou encore La Revue de presse de Catherine et Liliane, accompagné de Bruno Sanches, présent également dans Le Talent de mes Amis. Il sera également au casting des Visiteurs 3 : La Terreur, prévu pour avril 2016.

Je n’attendais pas grand chose de ce film étant donné que je connaissais peu Alex Lutz et que je n’avais pas vu la bande-annonce, ni même lu le synopsis. Finalement, ce fut une bonne surprise. Alex est un homme de 35 ans qui travaille en tant que conseiller clientèle dans le domaine des assurances. Il a une vie à peu près bien rangée, voire même déjà toute tracée. Il se rend également compte qu’il ne veut pas de cette vie là. Il va donc tenter l’aventure de la chanson, car il adore la musique depuis très longtemps.

Ce qui m’a surprise dans ce film est la qualité de la réalisation. Alex raconte son histoire en voix off et commente parfois même certaines scènes. Les effets de réalisation (notamment quand il réalise qu’il n’aime pas son travail) sont assez surprenants car rares dans un film franco-français. On retrouve la pétillante Audrey Lamy, l’inébranlable Jeanne Moreau et la forte Sylvie Testud, mais aussi Monsieur Poulpe ou encore Marc Lavoine en guest stars. On sent beaucoup d’autobiographie dans ce film, comme a pu le faire Guillaume Gallienne avec Les Garçons et Guillaume, à table ! mais aussi beaucoup de réalisme, d’autodérision et d’espoir. J’ai beaucoup ri, j’ai été émue également, et rien que pour cela je suis contente que l’industrie française du cinéma continue à faire des films.

Nos Femmes

Plus le temps passe, plus j’ai l’impression de ne pas pouvoir passer une semaine sans aller au cinéma. Et cela, c’est grâce à cette industrie toute entière, française comme internationale, qui continue de nous faire rêver et de nous divertir.

Je vois néanmoins très peu de films français, pourtant j’aimerais y aller plus souvent. Par fierté française, par envie de soutenir les petits (et gros) producteurs de l’hexagone. Hélas, les films proposés ne me tentent pas vraiment, encore plus quand ils ont leur succès : je ne suis pas allée voir La Famille BélierSupercondriaque ou Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu par exemple. J’ai fini par les visionner, mais je ne suis pas allée me jeter dans une salle obscure pour fêter le renouveau du cinéma français.

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Je vais de moins en moins au théâtre ces derniers temps mais c’est un art que j’apprécie beaucoup. Nos Femmes est l’adaptation de la pièce éponyme représentée à Paris dernièrement. « Max, Paul et Simon sont amis depuis 35 ans. Une amitié joyeuse, assidue et sans nuage. Si leur vie professionnelle est une réussite, le bilan de leur vie privée est plus mitigé. Un soir, nos trois amis ont rendez-vous chez Max pour une partie de cartes. Simon apparaît anéanti, et raconte qu’il s’est disputé avec Estelle son épouse et que dans un accès de colère, il l’a étranglée. Max et Paul sont saisis d’effroi. Surtout quand Simon les supplie de lui fournir un alibi afin qu’il puisse échapper à la prison. Max et Paul hésitent. Mentir à la justice ou dénoncer leur meilleur ami ?« 

C’est donc une pièce sur fond de violence conjugale qui se joue ici. Je suis allée voir ce film car j’apprécie beaucoup les trois acteurs principaux que sont Daniel Auteuil, Richard Berry et Thierry Lhermitte. En revanche, je ne suis pas du tout fan de Thomas Langmann en tant que producteur (condamné à quatre mois de prison avec sursis en 2008 pour des violences commises sur la mère de sa fille BTW), à qui l’on doit Le Boulet, Double Zéro, Le Mac et autres films du même acabit. J’adore les trois acteurs, mais il faut faire attention car, comme me l’a très justement dit un collègue, même si tu aimes le Nutella, le foie-gras et le fromage de chèvre, tu n’aimeras pas forcément les trois en même temps. L’exception qui confirme la règle est que j’ai apprécié de voir réuni ce trio d’acteurs.

On voit clairement que le film est une adaptation d’une pièce, avant tout par la façon de cadrer les plans et le fait que tout soit tourné quasiment dans une pièce unique. Hélas, la réalisation donne l’impression de vouloir filmer comme si l’on était réellement au théâtre, il y a donc quelques focales qui m’ont donné un peu le tournis alors que le plan en lui-même passerait sans problème sur scène. Egalement, le cadrage et les cuts lors de discussions sont parfois brutaux. Je pense à une scène en particulier qui m’a marquée, où deux des personnages échangent, l’un dos à la fenêtre ensoleillée, l’autre dos à la bibliothèque, dans une forte pénombre. Les décalages flagrants de luminosité entre les deux protagonistes sont assez choquants pour l’œil lors de leur discussion, ce qui n’aurait pas dérangé le moins du monde au théâtre.

Le film fait rire, a quelques mots bien placés, des phrases percutantes, mais le tout est creux. Les trois-quarts des scènes intéressantes sont dans la bande-annonce et la fin retombe comme un soufflé. Il y a quelques perles inattendues comme Pauline Lefèvre ou la scène de danse de Richard Berry que je ne vais pas spoiler, mais on sent de la fatigue dans ce film. Fatigue de cette volonté de devoir faire rire à tout prix. En tant que pièce de théâtre je valide Nos Femmes, en tant que film malheureusement beaucoup moins.