campagne

Rats des villes, rats des champs

Bimbo__by_Celi_Art

La campagne, l’automne, c’est se réfugier au coin de la cheminée dès que la nuit tombe. Regarder les flammes danser derrière la vitre légèrement teintée de suie, un livre à la main et les doigts de pied s’enfouissant délicatement dans les poils épais du tapis s’imbibant de la chaleur ambiante.

Cette description répondant aux clichés les plus répandus concernant les maisons de campagne n’est pas fausse mais pas tout à fait exacte non plus car incomplète au possible. Outre la poussée de champignons tant attendue à cette saison, la saison de la chasse battant son plein et les piqures de châtaignes qui meurtrissent sournoisement le bout des doigts, tout n’est pas aussi rêveur qu’il n’y parait. Outre les blessures déchirant les mains, le froid présent n’est pas là pour arranger tout cela, bien au contraire. Après avoir attendu plusieurs heures que la cheminée daigne réchauffer la maison, on peut enfin quitter son polaire et ses gants. L’eau n’est pas plus chaude quand on pénètre à l’intérieur de la maison, après n’y avoir pas mis les pieds pendant quelques semaines. Pas de connexion internet évidemment, auquel s’ajoute même une rupture des câbles téléphoniques une fois l’an, du à une énième chute d’arbre sur lesdits câbles. En outre, pas d’activités ou sorties nocturnes à prévoir avec le voisinage, dont la moyenne d’âge tourne en général autour des 70 ans.

Je ne fais pas non plus l’apologie de la ville, qui a elle aussi bien des inconvénients. Le tout est de faire chaque chose en son temps et choisir la saison qui sera la plus propice au lieu choisi, pour profiter des petits bonheurs présents dans chacun de ces endroits, tout simplement. Eurk, qu’est-ce que c’est niais.

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Au nom de quoi ?

Être rebelle et parfois faire des actes insensés pour épater la galerie m’étonneront toujours. Se prétendre heureux de vivre et vouloir profiter de tous les moments de la vie n’excusent pas tous les comportements, encore moins ceux qui, en pleine contradiction, mettent leur propre vie comme celle des autres en danger.

14 Juillet, plus de 2h du matin. Deux conducteurs : un sobre et un saoul, ce dernier auquel appartient la voiture. Moi, sobre en l’occurrence, exige de conduire avant de m’entendre dire de la part d’un des cinq convives que, si je ne suis pas contente je n’aie qu’à effectuer le chemin du retour à pied et laisser conduire l’autre jeune homme puisqu’il le désire tant. Mais oui, avouez, c’est drôlement plus fun de rouler à tombeau ouvert en plein milieu de la route sur des routes de campagne non éclairées que de rentrer en toute quiétude en réduisant les risques mortels.

Trois. Il y a maintenant une poignée d’années de cela, j’ai perdu trois proches lors de deux accidents de la route différents. Et pour l’un d’entre eux, cinq personnes se trouvaient dans la voiture. Toutes finirent éjectées à des dizaines de mètres du véhicule, cet accident ne laissant aucun survivant. L’information occupa à l’époque deux minutes du journal télévisé, se mélangeant sans distinction aux nombreux faits divers du même genre. Perdre trois amis c’est assez pour évaluer – dans la mesure du possible – les risques de danger. A ceux qui veulent jouer les ados décontractés, ne se prenant pas la tête et confondant dangereusement jeu et réalité, j’ai envie de leur faire prendre conscience de ce qu’ils encourent. Je sais malheureusement à quel point un carnage peut arriver facilement, aussi brutal et vif qu’un éclair dans le ciel. Je me souviendrai toujours de ce pompier, arrivé parmi les premiers sur les lieux de l’accident, me disant à propos du chauffard ayant embouti mes amis, et seul rescapé (la justice n’existe pas) : « Quand on l’a retrouvé, il tenait encore son verre d’alcool à la main ».