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Métro – Boulot – Dodo. Acte II

Métro-Boulot-Dodo. Acte I

Les presque quatre heures de la matinée passées vient le moment de s’octroyer une pause, excusable cette fois-ci, contrairement aux allers – retours cafétéria – bureau – trottoir que tout le monde fait sans pouvoir s’empêcher de regarder son voisin d’un air culpabilisant quand c’est à son tour d’aller fumer sa cigarette.

Le midi il n’y a que l’embarras du choix. D’un côté le « restaurant d’entreprise », au titre aussi pompeux que peuvent l’être des cadres en devenir avec leurs cravates très sobrement rabattues sous leur col ou les cadres encore mieux encadrés par de belles donzelles grâce à leurs cheveux grisonnants et leur œil bleu vif digne d’une pub Nespresso. De l’autre des dizaines de brasseries concentrées dans l’un des plus grands centres d’affaires parisiens avec leurs serveurs à l’affût des employés cherchant un endroit bruyant où parler boulot hors du boulot et où leurs yeux brillent autant que leur carte gold.

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Métro – Boulot – Dodo. Acte I

J’ai déjeuné avec l’un des meilleurs journalistes people du moment, tu sais celui du Figaro, hier midi, et il a été incapable de me dire de qui était enceinte Rachida Dati. Comme elle était dernièrement avec le pdg de Véolia je me demandais si … bla … bla …bla

Voilà ce que me disait ma collègue de bureau ce matin.

Evidemment quand on travaille dans le journalisme ce genre de phrases n’est pas isolé, il suffit juste de faire le tri automatique des informations entre celles anodines et celles un peu plus primordiales, liées au boulot de la journée. Mais peut-on parler de boulot quand on est un simple petit stagiaire à qui l’on refile généralement les travaux souvent fastidieux et généralement répétitifs ? Ce n’est pas vraiment du travail à proprement parler puisque j’ai le temps d’écrire des textes pour mon blog. Alors quoi ? On arrive le matin en prenant un café fumant en écoutant les demoiselles papoter célébrités et les messieurs argumenter politique et on se dirige d’un pas décidé à son bureau, content de retrouver un ordinateur, son propre ordinateur personnel, après un bon temps de transports en commun. A vrai dire un bon temps à se faire bousculer et à gueuler contre les autres, qui sont toujours fautifs.

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On arrive alors tranquillement, à moitié avachi par le sommeil et l’autre moitié de force restante évaporée dans les transports, on salue les quelques personnes que l’on reconnaît, que le maître de stage nous aura présenté ; approximativement cinquante personnes en un quart d’heure, ce qui explique assez facilement pourquoi je n’appellerai jamais une seule personne par le prénom qui la caractérise.

La matinée est parsemée de coups de fils reçus, coups de fils passés, avec à chaque fois les mêmes paroles à la virgule près à répéter à chaque interlocuteur, en précisant juste son nom lors de la conversation pour que celui-ci se sente concerné et unique, comme tous les autres avant lui.