Angoulême

News Avril 2016

chorus

Le festival Chorus, c’est en ce moment et jusqu’au 10 avril à la Défense ! Comme chaque année et depuis vingt-huit éditions (déjà !), s’enchaînent concerts payants et concerts gratuits, avec cette année Nekfeu, Dionysos, Lou Doillon, Caravan Palace ou encore Oxmo Puccino.

Outre ces concerts ayant lieu sur l’esplanade de la Défense, n’oublions pas le festival Chorus dans son ensemble, qui présente dans le même temps d’autres spectacles dans les salles des Hauts-de-Seine, comme Mickey 3D, Yael Naïm, Jeanne Added, Vianney …

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A savoir que depuis quelques jours une effervescence a secoué les amateurs de BD, puisque le festival international d’Angoulême (FIBD) a déjà publié les dates de sa prochaine édition. Et je me dois de vous dire que l’ensemble des hôtels de la ville et de sa périphérie sont déjà réservés. Privilégiez les chambres d’hôtes un peu plus éloignées (ce fut mon cas), je crois qu’il y reste encore de la place, à condition d’être véhiculé …

Et pour les provinciaux, n’oublions pas non plus le festival Catalpa qui a lieu cette année encore à Auxerre, grâce à la salle de spectacle le Silex, les 24/25/26 juin 2016 !

Vous le sentez ce bon air de renouveau et de soleil ?

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Le bleu est une couleur (très) chaude – L’avis d’Adèle

J’arrive après la bataille et je le sais. J’ai enfin lu la bande-dessinée Le bleu est une couleur chaude, puis vu le film qui s’en est librement – et largement – inspiré : La vie d’Adèle – Chapitres 1 & 2. Je vais essayer de rendre cet article le plus clair possible, même si je sais que je vais plus parler du film que de l’oeuvre originale. Je ne spoile pas la fin mais fais référence à de multiples scènes présentes sur les deux supports.

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 La bande-dessinée est très facile à lire et se parcourt même avec rapidité. Le croquis est léger et comporte beaucoup de scènes marquantes, bien qu’elles ne soient pas tout le temps approfondies (confer l’épisode d’adultère qui est assez bâclé). A l’inverse, le film est très long et prend son temps sur beaucoup de moments mais omet ceux qui m’ont semblés capitaux dans la BD. C’est le cas de la scène où Clémentine (Adèle pour le film) qui se fait mettre à la porte de chez elle quand ses parents découvre son homosexualité, qui est pour moi une des scènes les plus poignantes de l’histoire.

lCIPsFB Mais commençons par le commencement. Si j’ai mis tant de temps à voir La Vie d’Adèle, c’est que je ne voulais pas forcément le visionner tant que ça. J’avais eu beaucoup d’échos de critiques négatives, me parlant des scènes crues d’un point de vue déplaisant, de la longueur du film et du jeu d’acteur mitigé de Léa Seydoux. Le premier film que j’ai vu avec cette dernière était La Belle et la Bête et son jeu ne m’a pas choquée (en sachant vraiment que c’était elle j’entends, car je ne m’en souviens pas dans Mission impossible : Protocole Fantôme et Minuit à Paris. J’avais donc beaucoup d’apriori sur le long-métrage, mais mon avis va converger vers celui de Durendal : ce film m’a plu (sans m’avoir chamboulée) alors que j’aurais pensé tout le contraire.

Le film est long, c’est une certitude. Lors de certaines scènes, je me suis même demandé pourquoi c’était si long : pourquoi rajouter tant de scènes par rapport à la BD ? Je pense à la scène de la « garden party » (au sens littéral du terme, ils sont dans le jardin) qui est finalement là pour montrer le décalage qu’il peut y avoir entre les deux personnages. J’oubliais ! Le pitch ! La vie d’Adèle nous raconte bien sa vie, ses premières amours, ses déchéances et l’impact que l’adultère peut avoir sur un couple, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel.

Je sens que je suis en train de m’égarer, je n’ai fait aucun plan d’écriture avant de commencer cet article donc ça va continuer de partir dans tous les sens, mes plus plates excuses.

Concernant les scènes d’actes sexuels, les deux premières ne m’ont absolument pas dérangées. La première car c’est la première fois d’Adèle avec un homme (chose qu’elle ne fait d’ailleurs pas dans la BD), la deuxième car c’est sa première fois avec une femme. Il est donc normal qu’elle apprenne autant son corps que celui de l’autre. Ces deux scènes sont pour moi de l’ordre de la découverte et ont tout à fait leur place dans le film. Les autres sont à mes yeux superflues, voire même lourdes, et pourtant j’ai adoré Nymph()maniac, cherchez l’erreur. On sent Abdellatif Kechiche provocateur dans la volonté d’incorporer ces scènes, dont une, si je me souviens bien, a lieu chez les parents d’Adèle et une autre chez les parents d’Emma, sa compagne. Des scènes qui ne sont pas si fréquentes et si osées dans la bande-dessinée, à tel point que Julie Maroh, l’auteure, regrette qu’elles aient été mises à l’écran.

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Encore un décalage qui m’a gênée entre la BD et le film : le fait d’occulter complètement la relation d’Emma avec sa compagne quand elle rencontre Adèle. On devine qu’elle l’a quittée pour cette dernière mais aucune scène, aucun remous, contrairement à la bande-dessinée. J’aurais aimé voir la fin de leur relation, rien que pour le parallèle entre celle-ci et la relation suivante, avec Adèle. Emma trompe sa compagne de l’époque pour Adèle, mais va devenir hermétique à ce même comportement à son encontre. La comparaison entre les deux situations si proches auraient pu être intéressante à mettre en scène.

ET PUIS LA FIN ! Je ne vais pas spoiler le film je vous rassure. Pour la BD, on connaît la fin dès la première page : Clémentine / Adèle meurt. J’aurais préféré cette fin pour le film également. Celle du film est beaucoup plus cruelle à mes yeux. Adèle perd sa raison de vivre lors de sa rupture avec Emma. Elle la perd une nouvelle fois en apprenant que cette dernière ne l’aime plus. Cette peine est encore plus forte que la précédente et est à mes yeux plus forte que la mort elle-même. Quand la personne que l’on aime meurt, on ne peut pas s’en vouloir, on ne peut pas forcer le destin. Quand la personne que l’on aime ne souhaite pas revenir, on ne peut pas s’empêcher de vouloir la convaincre, de la voir, de la toucher, rendant la douleur parfois pire que la perte physique de la fin de vie.


Maintenant je vais quand même vous dire mon avis. Fiou, il était temps. Je suis déçue par toutes les différences entre les deux supports car j’ai trouvé la plupart des situations bien mieux traitée dans la bande-dessinée. Dans le même temps, le film met très bien en scène la violence des mots lors d’une altercation au lycée entre Adèle et ses camarades quand ils la devinent lesbienne. A part cela j’ai quelques « détails » qui m’ont fait tiquer, comme le fait qu’Adèle donne l’impression de passer son temps à gober des mouches et que le film ne semble être qu’à base de gros plans et qu’il est dommage de ne pas voir les décors utilisées pour les scènes. Pour le reste, le film reste prenant comme peut l’être un épisode « tranche de vie », comme un biopic dont le personnage principal est un pur inconnu. Je ne suis pourtant pas fan des films romantiques mais celui-ci est touchant.

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Je n’aurais pas donné la palme à ce long-métrage, pour son adaptation trop libre avec (parfois) un manque de rythme et (souvent) un manque de plans larges. Ce n’est pas un film qui peut faire l’unanimité mais il a sa propre logique qui parlera avant tout aux personnes ayant été dans les situations mises en scène.

De prime abord, la bande-dessinée ne m’a pas énormément bouleversée, mais je l’ai très appréciée après avoir visionné le film, comme s’il l’avait sublimée. Les deux sont complémentaires pour pouvoir aborder un grand nombre de situations présentes dans la vie sentimentale d’un homme ou d’une femme. Pour cela, malgré sa fin poignante, l’oeuvre originale offre un meilleur message d’avenir, une vraie porte sur le futur, face au film qui ne permet pas de rebondir aussi facilement.

Melou & The Minibar

Vendredi 29. 9h25. Tout va bien.

Je suis dans le train qui me mène de Paris à Angoulême, avec entre temps, un arrêt à Poitiers et changement d’une partie des voyageurs du TGV.
Au début, je remarque et envie seulement les multiples boucles d’oreille de la jeune fille qui vient de prendre place à un seul rang d’écart de moi.
Et puis ses écouteurs, ses lunettes, son style, sa coiffure, mais aussi et surtout elle, elle-même ; tout en elle me pousse à penser que je la connais, et que je sais qui elle est. Je commence à douter fortement et essaye d’apercevoir son nom lorsqu’elle se met à sortir ses billets. Je ne vois pas plus son nom mais vois à la place des multiples billets de concert qu’elle rangeait avec celui de la sncf. Mon désarroi et mon doute vont grandissants. Des billets de concert.

Et là je suis en train d’écrire ces mots au lieu d’aller lui parler et de tenter un furtif Mélissa ? Ce ne peut pas être elle, ce serait trop irréaliste. Cela fait presque un quart d’heure qu’elle est à mes côtés en train d’écouter de la musique. Je fais la même chose. Sauf que mon esprit est bien plus embrouillé à l’heure actuelle, pire que d’habitude.
Alors je me réfugie dans l’écriture face à la peur d’aller agresser cette jeune demoiselle.
Mais si je ne le fais pas, je m’en mordrai les doigts toute ma vie, et elle aussi.