Amour

Une Nuit pour en finir

C’est Liam Neeson qui le dit.

C’est marrant les jours qui passent. J’ai l’impression qu’ils se ressemblent tous mais d’une semaine à l’autre tout peut être différent. Il y a tout juste une semaine je renaissais, me sentant comme une cougar pleine de vie. Une femme fière de son corps et qui plaît encore. C’est fou comme ce sentiment emplit d’estime personnel et fait rayonner.

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Une semaine après, aujourd’hui, c’est la mort à tous les étages. Pour des raisons qui n’ont d’ailleurs rien à voir avec la semaine précédente. Mais celle de ne même plus être capable de se poser la question de quand viendra une vie après l’échec, mais si une vie après l’échec viendra vraiment un jour. Si réussir sa vie est avoir une Rolex ou bien un mari et deux enfants, je suis décidément sur le banc de touche.

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Pire Saint Sylvestre à jamais

Je t’aime. Mensonge. Je ne vois personne d’autre. Mensonge. Je ne te quitterai pas. Mensonge. Je ne te trompe pas. Mensonge. Je n’ai pas de temps à t’accorder. Mensonge. Je te quitte pour être seul. Mensonge. Même dans les phrases les plus douloureuses il n’y a que des mensonges.

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L’année 2014 aura été une fois de plus une année à mensonges. Une année où aura prôné l’irrespect, la malhonnêteté et l’absence totale d’intégrité. Une année où les mensonges se seront tellement accumulés qu’ils se sont contredits et auraient même pu être risibles s’ils n’étaient pas si poignants.

Une année où six mois de bonheur auront fait face à six mois de détresse et de dépression. Et malheureusement, même si la Terre va passer en l’an 2015, ces mois ne seraient pas près de s’arrêter comme on claque des doigts en pensant prendre des résolutions que l’on ne tiendra jamais.

Les mois de détresse ont commencé par une immense déception, une énorme peine, suivie par une dure claque pour se finir avec pertes et fracas. Quand quelqu’un mise autant sur la confiance et l’honnêteté, il n’y a rien de pire que de découvrir que charité bien ordonnée ne passait pas par soi-même. Que toute la franchise et la vérité que cette personne demandait, elle ne l’appliquait même pas. Et pire encore, faisait culpabiliser que l’on puisse croire qu’elle mentait. Alors on doute, on se dit qu’on pense à mal parce qu’on a souvent été quittée, souvent été trompée, et que l’on n’a juste plus confiance en personne. Et puis on se rend compte, comme sous le choc d’une bombe, que cette personne qui se voulait si digne de confiance, qui se plaçait si au-dessus des autres, mentait autant que les précédents, voire plus.

Avant cela, je me sentais merdique. Si cette personne ne veut plus de moi, ne veut plus me voir, même pas en ami, c’est que je dois être l’être le plus lamentable, le plus misérable que la Terre ait porté. Si cette personne fait aussi peu preuve de compassion à mon égard, c’est que je ne le mérite simplement pas.
Mais après cela, je me suis senti encore plus merdique, alors même que je pensais que cela ne puisse pas être possible. Merdique au point que l’on passe son temps à me mentir, à me tourner le dos, à me dénigrer, à me considérer comme un simple mouchoir jetable froissé jusqu’à le casser.

Tous ces articles où je pensais qu’Elato existait, mais que ce n’était qu’une simple paranoïa de ma part, étaient bel et bien vrais. Toutes ces fois où je me réveillais en pleurant et tremblant d’imaginer des choses que je ne pensais pas vraies, j’ai réalisé qu’elles l’étaient. Quand votre compagnon vous présente une amie en souriant, jamais, jamais, vous n’auriez osé penser qu’il vous quitterait quelques semaines plus tard pour se mettre avec elle. Tout en soutenant mordicus qu’il n’en est rien.

Vous qui entrez ici, dans une histoire comme celle-là, avec une personne comme celle-ci face à vous, abandonnez tout espoir de connaître une vie heureuse. Vous finirez broyé, détruit, comme une carcasse décharnée à l’intérieur de laquelle il n’y a rien que du désespoir. Mais jusqu’à la fin, vous continuerez de fredonner la chanson Crying, Waiting, Hoping.

Je te souhaite à ma pire ennemie…
Oh oui, je t’imagine agrippé à son bras,
Prêt à éventrer à tout moment
L’espèce de bout d’amour,
Qu’elle essaie de construire.

Je voudrais presque la sauver,
Lui tendre la main la réconforter,
Lui dire combien je sais qu’elle souffre,
Et qu’elle n’a pas fini de mourir plusieurs fois.

Mais savoir au plus profond de soi que cette personne était meilleure quand vous étiez avec elle, que ses démons n’étaient pas à la surface. Ressentir que vous ne parvenez pas à lui en vouloir car vous l’aimez trop pour ça et vouloir que tout redevienne comme avant, car en vous sauvant vous, vous le sauveriez lui.

La Saint-Valentin et toutes ces conneries

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Alexandre est en couple avec Tom depuis maintenant près d’un an. Alexandre est bien avec lui, il se laisse porter par les jours successifs qu’ils vivent ensemble mais n’arrive pas à fermer les yeux sur les zones d’ombres qui lui amènent autant de tristesse que cette relation n’en amène de bonheur.

« Serait-ce parce que je réfléchis trop ? »

Alexandre ne peut pas m’empêcher de repenser sans cesse à ces fois où Tom lui a fait du mal. Et sans même s’en être rendu compte. Il repense à toutes ces fois où il restait devant son ordinateur pendant que Tom allait faire la fête avec ses potes et oubliait de lui envoyer ne serait-ce qu’un texto pour la nouvelle année. Il repense à tous ces moments où il lui faisait mal et où il ne s’en apercevait même pas. Rendant la peine plus insupportable encore.

Alexandre n’est pas quelqu’un de matérialiste à l’extrême mais il adore faire des cadeaux. Et pour lui, c’est en général un donné pour un rendu lors des grandes occasions. Alexandre a fait exploser son budget pour Tom à l’occasion de la Saint-Valentin, voulant lui faire plaisir et lui montrer qu’il tenait à lui. Mais dans le fond, il voulait surtout que Tom fasse de même, n’ayant jusqu’alors jamais entendu de réels mots d’Amour sortant de sa bouche. L’anniversaire d’Alexandre était passé depuis peu et ce dernier pensa que Tom allait faire d’une pierre deux coups pour lui faire passer une superbe soirée en amoureux. Mais en échange d’une bouteille de parfum de marque et d’un nouveau téléphone portable pour son aimé, Alexandre ne récolta qu’un livre, que Tom avait dû prendre à la va-vite au dernier moment. Le livre n’étant même pas emballé.

C’est la deuxième fois qu’Alexandre encaisse un si gros coup alors qu’il venait même de lui payer le restaurant le soir même à l’occasion de cette fête stupide. Mais il n’ose pas le dire à Tom, pas peur de passer pour « la chiante » dont Tom le traite sarcastiquement quand il est en colère. Car le problème est là, il a peur de le perdre et c’est bien la cause de tant de malheurs.
Alexandre se jura intérieurement qu’il ne laissera pas se passer une troisième peine comme celle-là.

Ca passe, ça lasse, ça casse. Encore faut-il que Tom s’en rende compte.

Elato, ou les cauchemars d’Alex

Cela va faire cinq mois que Barbara a quitté Alex, pour probablement rejoindre Elato, avec qui elle avait déjà l’habitude de papillonner. Alex n’était que de passage dans la vie de Barbara. Mais pour lui, il a désormais le sentiment d’avoir raté la sienne.

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Tous les soirs il peine à trouver le sommeil, il prend des médicaments qui ne fonctionnent plus. Il aggrave son diabète en ne mangeant que du sucre, mais comme il n’a jamais faim c’est la seule chose qui lui permette de ne pas tomber dans les pommes. Il est une boule de nerfs de façon permanente, tantôt tremblant de douleur, tantôt s’effondrant en sanglots sur une simple pensée pour elle.

Ses jours sont hantés par le visage de Barbara, par ses souvenirs communs qui l’enfoncent de plus en plus dans les regrets. Ses nuits sont ravagées par la vision d’Elato sur elle, prenant ce corps qui auparavant était pour lui. Il se réveille chaque nuit en pleurant, sans parvenir à trouver à nouveau le sommeil de longues heures durant. Il se lève en ayant tous les jours conscience de l’absence flagrante de celle qui partageait sa vie. Il tente d’aller dans des bars ou au restaurant seul, pour conjurer le sort, mais cela ne parvient qu’à le renforcer dans sa propre solitude. Le renvoyant à tout ce qu’il a perdu. A tout ce qu’il espère retrouver. Car il n’a plus que cela à espérer.

Le bleu est une couleur (très) chaude – L’avis d’Adèle

J’arrive après la bataille et je le sais. J’ai enfin lu la bande-dessinée Le bleu est une couleur chaude, puis vu le film qui s’en est librement – et largement – inspiré : La vie d’Adèle – Chapitres 1 & 2. Je vais essayer de rendre cet article le plus clair possible, même si je sais que je vais plus parler du film que de l’oeuvre originale. Je ne spoile pas la fin mais fais référence à de multiples scènes présentes sur les deux supports.

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 La bande-dessinée est très facile à lire et se parcourt même avec rapidité. Le croquis est léger et comporte beaucoup de scènes marquantes, bien qu’elles ne soient pas tout le temps approfondies (confer l’épisode d’adultère qui est assez bâclé). A l’inverse, le film est très long et prend son temps sur beaucoup de moments mais omet ceux qui m’ont semblés capitaux dans la BD. C’est le cas de la scène où Clémentine (Adèle pour le film) qui se fait mettre à la porte de chez elle quand ses parents découvre son homosexualité, qui est pour moi une des scènes les plus poignantes de l’histoire.

lCIPsFB Mais commençons par le commencement. Si j’ai mis tant de temps à voir La Vie d’Adèle, c’est que je ne voulais pas forcément le visionner tant que ça. J’avais eu beaucoup d’échos de critiques négatives, me parlant des scènes crues d’un point de vue déplaisant, de la longueur du film et du jeu d’acteur mitigé de Léa Seydoux. Le premier film que j’ai vu avec cette dernière était La Belle et la Bête et son jeu ne m’a pas choquée (en sachant vraiment que c’était elle j’entends, car je ne m’en souviens pas dans Mission impossible : Protocole Fantôme et Minuit à Paris. J’avais donc beaucoup d’apriori sur le long-métrage, mais mon avis va converger vers celui de Durendal : ce film m’a plu (sans m’avoir chamboulée) alors que j’aurais pensé tout le contraire.

Le film est long, c’est une certitude. Lors de certaines scènes, je me suis même demandé pourquoi c’était si long : pourquoi rajouter tant de scènes par rapport à la BD ? Je pense à la scène de la « garden party » (au sens littéral du terme, ils sont dans le jardin) qui est finalement là pour montrer le décalage qu’il peut y avoir entre les deux personnages. J’oubliais ! Le pitch ! La vie d’Adèle nous raconte bien sa vie, ses premières amours, ses déchéances et l’impact que l’adultère peut avoir sur un couple, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel.

Je sens que je suis en train de m’égarer, je n’ai fait aucun plan d’écriture avant de commencer cet article donc ça va continuer de partir dans tous les sens, mes plus plates excuses.

Concernant les scènes d’actes sexuels, les deux premières ne m’ont absolument pas dérangées. La première car c’est la première fois d’Adèle avec un homme (chose qu’elle ne fait d’ailleurs pas dans la BD), la deuxième car c’est sa première fois avec une femme. Il est donc normal qu’elle apprenne autant son corps que celui de l’autre. Ces deux scènes sont pour moi de l’ordre de la découverte et ont tout à fait leur place dans le film. Les autres sont à mes yeux superflues, voire même lourdes, et pourtant j’ai adoré Nymph()maniac, cherchez l’erreur. On sent Abdellatif Kechiche provocateur dans la volonté d’incorporer ces scènes, dont une, si je me souviens bien, a lieu chez les parents d’Adèle et une autre chez les parents d’Emma, sa compagne. Des scènes qui ne sont pas si fréquentes et si osées dans la bande-dessinée, à tel point que Julie Maroh, l’auteure, regrette qu’elles aient été mises à l’écran.

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Encore un décalage qui m’a gênée entre la BD et le film : le fait d’occulter complètement la relation d’Emma avec sa compagne quand elle rencontre Adèle. On devine qu’elle l’a quittée pour cette dernière mais aucune scène, aucun remous, contrairement à la bande-dessinée. J’aurais aimé voir la fin de leur relation, rien que pour le parallèle entre celle-ci et la relation suivante, avec Adèle. Emma trompe sa compagne de l’époque pour Adèle, mais va devenir hermétique à ce même comportement à son encontre. La comparaison entre les deux situations si proches auraient pu être intéressante à mettre en scène.

ET PUIS LA FIN ! Je ne vais pas spoiler le film je vous rassure. Pour la BD, on connaît la fin dès la première page : Clémentine / Adèle meurt. J’aurais préféré cette fin pour le film également. Celle du film est beaucoup plus cruelle à mes yeux. Adèle perd sa raison de vivre lors de sa rupture avec Emma. Elle la perd une nouvelle fois en apprenant que cette dernière ne l’aime plus. Cette peine est encore plus forte que la précédente et est à mes yeux plus forte que la mort elle-même. Quand la personne que l’on aime meurt, on ne peut pas s’en vouloir, on ne peut pas forcer le destin. Quand la personne que l’on aime ne souhaite pas revenir, on ne peut pas s’empêcher de vouloir la convaincre, de la voir, de la toucher, rendant la douleur parfois pire que la perte physique de la fin de vie.


Maintenant je vais quand même vous dire mon avis. Fiou, il était temps. Je suis déçue par toutes les différences entre les deux supports car j’ai trouvé la plupart des situations bien mieux traitée dans la bande-dessinée. Dans le même temps, le film met très bien en scène la violence des mots lors d’une altercation au lycée entre Adèle et ses camarades quand ils la devinent lesbienne. A part cela j’ai quelques « détails » qui m’ont fait tiquer, comme le fait qu’Adèle donne l’impression de passer son temps à gober des mouches et que le film ne semble être qu’à base de gros plans et qu’il est dommage de ne pas voir les décors utilisées pour les scènes. Pour le reste, le film reste prenant comme peut l’être un épisode « tranche de vie », comme un biopic dont le personnage principal est un pur inconnu. Je ne suis pourtant pas fan des films romantiques mais celui-ci est touchant.

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Je n’aurais pas donné la palme à ce long-métrage, pour son adaptation trop libre avec (parfois) un manque de rythme et (souvent) un manque de plans larges. Ce n’est pas un film qui peut faire l’unanimité mais il a sa propre logique qui parlera avant tout aux personnes ayant été dans les situations mises en scène.

De prime abord, la bande-dessinée ne m’a pas énormément bouleversée, mais je l’ai très appréciée après avoir visionné le film, comme s’il l’avait sublimée. Les deux sont complémentaires pour pouvoir aborder un grand nombre de situations présentes dans la vie sentimentale d’un homme ou d’une femme. Pour cela, malgré sa fin poignante, l’oeuvre originale offre un meilleur message d’avenir, une vraie porte sur le futur, face au film qui ne permet pas de rebondir aussi facilement.

Valérie Trierweiler, Merci pour ce livre

Au départ par curiosité, par plaisir coupable, puis par analogie avec ma propre histoire, j’ai voulu me laisser séduire par le livre très médiatisé de Valérie Trierweiler. Dépassant à ce jour les 450 000 ventes, Merci pour ce moment ne s’associe pas à un simple lavage de linge sale en public. Il est un cri du cœur d’une femme trompée, humiliée et bafouée.

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Bien qu’ayant eu un soupçon de culpabilité en passant à la caisse avec le livre, je ne regrette en rien de l’avoir acheté. Car je ne l’ai pas acheté par souci d’entendre des ragots, mais pour trouver une porte de sortie et m’inspirer de la force de cette femme, où je lis des tournures de phrases qui pourraient être miennes.

Edité par Les Arènes, j’ai dévoré Merci pour ce moment en l’espace d’une journée. Ce livre est juste et franc. Il balaye toutes les idées préconçues que l’on peut avoir, que ce soit selon les informations reléguées préalablement dans les médias ou selon sa propre orientation politique. A titre exemple, je ne partage pas les idéologies politiques de Valérie Trierweiler, mais j’ai été touchée par ses mots, sa volonté de prendre du recul malgré tous les événements.

Je suis malheureusement bien placée pour comprendre, à mon échelle, le drame personnel qu’elle a pu vivre. Me servant de ce blog, et ayant même proposé un livre à des maisons d’édition, pour expier un sujet semblable. L’écriture sert ici d’exutoire. Sans servir à régler ses comptes et tirer à vue, écrire permet de voir sa vie en hauteur, d’analyser la situation pour fermer un pan de sa vie. Le mal d’Amour est un mal pernicieux, presque létal. Mais il reste toujours à relativiser quand on pense à d’autres épreuves que subissent tous les jours des personnes dans le besoin, sans emploi, en pleine guerre à travers le monde ou encore en proie à des violences conjugales. Valérie Trierweiler le dit elle-même sans faux-semblant : « Je traverse une épreuve, pas un drame » (p. 33). Cette phrase est le déclic qui permet de se rendre compte que le recul est pris, qu’il faut avancer, bien que cela n’efface ni la douleur, ni les larmes.

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Valérie Trierweiler, en plus d’une notoriété et d’un sujet nationalement connu qui permet aisément d’ouvrir facilement des portes dans le milieu de l’édition, est une femme qui parvient à décrire ses sentiments. Je fais une critique du livre mais je me permets un parallèle avec ma propre histoire. Je me revois, il n’y a pas si longtemps que cela, dans le bureau d’Arash Derambarsh, directeur de collection au Cherche-Midi, l’entendant me conseiller et me dire, suite à la lecture de mon manuscrit, qu’il faut que je parvienne à décrire plus en détails ce que je ressens, quelle joie ou quelle peine a pu m’épanouir ou me déchirer. J’utilise toujours un bon nombre de métaphores ou de phrases bien tournées, là où Valérie Trierweiler sait utiliser le pouvoir descriptif des mots, alors même que ces douleurs sont indéfinissables.

Merci pour ce moment se lit comme un roman, car à nos yeux, simples lecteurs, il est bien tourné et nous happe plus comme une histoire où l’on peut se reconnaître, plutôt qu’un simple reportage impersonnel. J’ai souffert, j’ai connu moi aussi « l’éternelle naïveté des femmes fidèles » (p.297). J’en ai écrit un livre, bien qu’encore non publié. Je comprends ses raisons d’avoir voulu coucher sur le papier toute cette douleur. Dans une volonté d’aller de l’avant, mais dans une optique de réhabilitation également, elle-même consciente de l’image négative qu’elle avait véhiculée sans le vouloir. Je comprends la retenue de certaines personnes à la publication du livre, s’offusquant qu’on puisse … écrire ce que l’on pense. Mais libre à ceux qui le souhaitent, de le lire ou non. J’ai beaucoup souffert pour moi, mais ici j’ai souffert pour elle. En lisant la référence, page 62, à la séquence au Grand Journal où Julie Gayet « ne dément pas et minaude », je suis allée voir cette vidéo à nouveau, qui ne m’avait à l’époque pas interpellée. En la visionnant à la lumière d’éléments nouveaux, j’ai eu mal. Je me suis reconnue en Valérie Trierweiler regardant cette émission, dans sa peine, dans son incompréhension, dans cette douleur qui broie sans qu’on ne puisse trouver un moyen de la faire passer.

Les phrases ne sont pas perfides, elles claquent. Elles sont l’instrument de la tristesse et non de la vengeance. Bien des mots que j’ai pu écrire à des personnes m’ayant fait beaucoup de mal, ont été mal interprétés. Les personnes en tort s’imaginent plus facilement qu’on leur en veut, plutôt que d’être responsables du malheur d’autrui. C’est dans cette même optique que j’ai lu les pages de ce livre, les unes après les autres.

J’ai aimé et je défends Merci pour ce moment car je m’y suis reconnue, toutes proportions gardées. Non, ce livre n’est pas un torchon pour des lectrices en attente du nouveau numéro de Grazia. Ce livre est un message d’espoir, pour elle et pour toutes celles et ceux qui peuvent être amenés à affronter des situations similaires, où l’être qu’on aime est devenu « tellement différent, indifférent » (p.63).