A Midsummer Night’s Dream

A Midsummer Nightmare

fluo

Il est de ces rares jours où la douleur paraît presque supportable. Pas non plus de ces jours où l’on peut être épanoui et heureux de respirer l’air frais non. Juste un jour, de temps en temps, où l’on sent la souffrance comme quelque chose de présent dans sa vie, dans son corps. Comme si cette dernière faisait partie d’un tout, faisait partie de soi. Et qu’on ne puisse pas passer un seul jour sans la ressentir sous toute cette couche de peau, de muscles, de chair et de graisse. Elle est là, elle sera toujours là tant que j’existerais car elle est incrustée en moi.

Partant de là, on finit par se dire que les moments de bonheur passés n’étaient là que pour conjurer le sort, qu’ils n’étaient là que par hasard et qu’il ne faut jamais s’en contenter, faire comme s’ils étaient acquis. Ce n’est pas la norme, la norme est d’être en perpétuelle aphasie. Pire encore, pour chaque instant de bonheur passé, une souffrance bien plus prononcée et plus durable viendra s’installer. Folie d’oser profiter du bonheur et folie de croire qu’il puisse se poursuivre. Folie de penser qu’on peut parfois s’en sortir sans traitement, même s’il vous rend infantile et à bout de toute énergie, sans pour autant prendre tout le mal et la peine que l’on a en soi.

Alors on reprend des médicaments qui plongent dans une sorte de sommeil éveillé. On ne vit que par le biais de souvenirs, qui deviennent regrets, puisqu’ils sont passés et ne reviendront jamais. On vit en se remémorant les bons moments, qui deviennent de vrais poignards dans le cœur quand on voit ce qu’ils sont devenus. Rien. Il n’en reste rien. Comme il ne reste plus rien de ma vie passée, que j’aurais voulu encore présente et à venir.

Publicités