50 Nuances

Cinquante Nuances de Grey

Tout avait pourtant si bien commencé ! Nous sommes un dimanche soir, il est 19h07 et je me rends à l’UGC le plus proche de chez moi pour la séance de 19h10 de Kingsman. Quand soudain, stupeur et tremblements, la séance affiche complet. NOOOOOOOONNN. J’avoue vouer un véritable culte à Kyle MacLachlan (mon deuxième Pierce Brosnan) et je le pensais sur l’affiche, d’où mon attirance pour ce film, en plus du scénario en lui-même et des autres acteurs tout aussi classieux. Bon bref, c’est horrible, il faut se décider, mais pour quoi ? Peu de films sont finalement diffusés à cette heure là, sauf, vous l’aurez deviné si vos yeux ont frôlé le titre de cet article : 50 Nuances de Grey (232 places restantes alors qu’il devait commencer quinze minutes plus tard, bien fait !). J’arrive alors dans une salle hétéroclite, bourrée d’œstrogène, de pop-corn et de sourires béats. Au secours !

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Pour comprendre mon passif avec 50 Nuances (ouais tu vois, on dit 50 Nuances, on est in), il faut remonter deux ans en arrière (au mieux). Le livre est déjà sorti depuis pas mal de temps, mais cela fait quelques mois qu’il perce dans les rayons de « littérature » français. Au travail, les archétypes des femmes célibataires écervelées ne jurent que par ce bouquin. Et la description qu’elles en font me fait penser aux SAS que j’ai pu lire adolescente en été, en moins bien. Un an passe sans que rien ne se passe. Nous sommes maintenant début 2014 et je suis quand même curieuse. Je me dis que je suis pleine de préjugés et que, ça se trouve, je passe à côté de la nouvelle Simone de Beauvoir, pauvre ignorante que je suis. J’achète le premier tome : je perds une poignée d’euros et pas mal d’heures de ma vie, mais je ne le sais pas encore.

C’est clair, je n’ai jamais lu un livre aussi mal écrit de ma vie. On va me dire que c’est à cause de la traduction française. OBJECTION REJETÉE. On doit la traduction française à Denyse Beaulieu, et franchement, je pense qu’on lui donne toujours le même style de bouquins à traduire, la pauvre. Et pourtant j’essaye de temps en temps d’entretenir ma fibre féminine, j’ai lu le Diable s’habille en Prada (ok, je n’ai pas poussé le masochisme jusqu’aller voir le film), j’ai lu Bridget Jones (j’ai failli m’étouffer devant la qualité dramatique du troisième et dernier tome mais passons) ou encore Twilight (pour le coup, j’ai pris plaisir à lire les bouquins, comme un goût d’Harry Potter d’antan, à peu près). Tout ça pour dire que je me suis déjà essayée à de la petite littérature et que ce n’est pas une première pour moi. Néanmoins, je ne suis jamais tombée aussi bas.

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Pour la faire courte, car à la base je souhaitais critiquer le film, c’est mal écrit / mal traduit, il n’y a aucune qualité rédactionnelle, les personnages sont fades (quitte à faire un fanfic de Twilight, autant garder la description des personnages pour permettre une meilleure distinction et une meilleure approche de leur histoire), les actions sont vaines et elle jouit dès qu’on lui effleure la peau, peu importe la partie du corps, quel réalisme ! Ah, l’histoire est inexistante et il n’y a aucune espèce de rebondissement, mais ça c’est un détail. Inutile de préciser que je n’ai pas continué ma lecture sur les deux tomes suivants.

Pour ce qui est du film, je l’ai trouvé réussi quand on pense au matériau de base. La réalisation est bien faite, les scènes sont bien cadrées, bien filmées. On sent un souci du détail important, que ce soit au niveau des décors que des personnages. Les acteurs sont bien dans leur rôle. Dakota Johnson par exemple, parvient très bien à mettre en avant la différence d’assurance chez une femme avant / après qu’elle ait fait l’amour pour la première fois. Parfois avec trop de zèle mais je pense que c’était une volonté au niveau de la réalisation. Si on peut dire cela, j’ai préféré le film au livre (toutes proportions gardées), car il utilise une touche de comique inexistant dans l’ouvrage original. Vous apprécierez ce film si vous avez aimé le livre, mais franchement, il n’a quand même aucun intérêt. Il ne se passe pas grand chose, c’est niais, irréaliste, et cela me choque que des jeunes adolescentes vierges puissent penser que les relations sexuelles se passent comme dans un rêve à chaque fois. Je sais, c’est du cinéma, mais si vous souhaitez voir un film axé sexualité très réussi, allez voir Nymphomaniac. Somme toute, deux heures c’est trop long, mais ça a le mérite de m’avoir gâché moins de temps de ma vie que le premier livre.

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