2016

Elle [Film 2016]

Elle (1) Deuxième film du festival de Cannes de cette année que je suis allée voir, et quel film !

Si vous savez déjà de quoi le film parle, je me permets toutefois de revenir dessus car, de ce que j’ai vu de la salle, beaucoup de spectateurs avaient l’air de découvrir le synopsis en même temps que les scènes et donc se demander ce qu’ils faisaient là. Ce film est tellement poignant de réalisme et intense, qu’il faut pouvoir l’apprécier en sachant ce que l’on va voir.

Michèle Leblanc est agressée et violée dans sa grande maison de banlieue parisienne où elle vit seule. Elle ne porte pas plainte par la suite et reprend sa vie entre sa société de jeux vidéo qu’elle dirige avec son amie Anna, sa liaison avec Robert le compagnon de celle-ci, son fils Vincent, son ex-mari Richard, ses voisins Patrick et Rebecca. [Wiki]

Le film commence par la scène de viol et il est inutile de vous préciser que le coupable (agissant masqué) fait partie des principaux protagonistes. Je savais ce que j’allais voir mais j’ai été nettement touchée. Ayant moi-même été agressée, plusieurs scènes m’ont véritablement atteinte, souvent celles montrant qu’on peut se croire en sécurité en rentrant chez soi, alors que ce n’est pas toujours le cas.

Comme vous pouvez le voir sur l’affiche, pléthore de bons acteurs. Ils sont tous bons et véhiculent tous les bonnes émotions. Mention spéciale au « méchant » qui doit en plus tenir un double-jeu épatant. Épatant de réalisme, épatant de professionnalisme et épatant car cela m’a particulièrement touchée. Cela mis à part, je ne mettrai pas d’acteurs au-dessus d’un autre car ils sont tous véritablement bons.

Elle

Le film est dur car il affiche les faits tels qu’ils sont, tels qu’ils le seraient « dans la vraie vie ». Les cadrages montrent exactement ce qu’ils veulent montrer, la bande-son n’est pas utilisée à outrance (à part Iggy Pop à plusieurs reprises) et Paul Verhoeven nous montre encore (plus de vingt ans après Basic Instinct) qu’on peut flirter avec érotisme et thriller de façon presque parfaite.

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Dionysos au Grand Rex

Cela ne me rajeunit pas mais cela faisait déjà sept ans que j’avais vu Dionysos en concert pour la dernière fois.

Cette tournée, où la première date s’est déroulée au Grand Rex, est dédiée au huitième album studio du groupe : Vampire en Pyjama. Comprenant treize titres, il faut savoir que l’album a été écrit par Mathias Malzieu suite à son séjour à l’hôpital dont il a pu se sortir grâce à une greffe de moelle osseuse en 2014. Après un combat d’une année contre la maladie, il faut donc comprendre à quel point cet album est une véritable renaissance pour lui comme pour le groupe. Le livre Journal d’un vampire en pyjama se conjugue avec l’album quasi éponyme comme au temps de la Mécanique du Coeur.

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A cause de contraintes professionnelles, je n’ai pas pu assister à la première partie (où le son, m’a-t-on dit n’augurait rien de bon pour la suite de la soirée) et ne parlerai donc que du show de Dionysos.

Beaucoup plus « calme » et plus en maturité que certaines tournées qu’ils ont pu donner, ce concert revient aux sources des inspirations du groupe : le fort pouvoir des instruments face à la voix, où l’on entend finalement très peu Babet par exemple. Juste et franc, le concert ne s’est pas éternisé sur les succès passés du groupe. Il a mis en avant beaucoup plus de chansons récentes, en y mêlant les anciennes plus intimistes, comme Neige, avec un décor adéquat (photo ci-dessous). Par envie et par besoin de se sentir à nouveau en toute vitalité, Mathias Malzieu ne tient toujours pas en place et coupe allègrement les passages doux et mélancoliques par de vrais bonds électriques et des incursions dans le public toujours autant poussées.

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Véritable échange entre le public et le groupe, ce concert m’a prouvé que la salle du Grand Rex, dressée comme un théâtre, était le juste milieu entre une salle trop petite et une trop grande. La renaissance de Dionysos est en marche et c’est avec enthousiasme que je leur souhaite des dizaines de shows comme celui qu’ils ont donné ce soir-là.

Saison des festivals été 2016

J’en parlais dans un billet récent, la saison des festivals revient ! L’occasion de vous condenser dans un article un maximum de dates, de liens et de concerts possibles, pour vous faciliter la vie (liste non chronologique, non alphabétique et non exhaustive, aussi bien en termes d’événements que de concerts, où j’ai parfois donné la priorité aux têtes d’affiches, par souci d’ergonomie – cliquez sur le titre des festivals pour accéder directement au site dédié) :

Rock en Seine (26-28 août 2016 à Saint-Cloud)
Vendredi 26 : Birdy Nam Nam, Eagles of Death Metal, Caravan Palace…
Samedi 27 : Massive Attack, Wolfmother, Grand Blanc …
Dimanche 28 : Iggy Pop, Sum 41, Foals, Cassius …

Marvellous Island Festival (14-15 mai 2016 à Torcy)

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Solidays (24-26 juin 2016, Hippodrome de Longchamp)
Par ici le programme ! > General Electriks, Oxmo Puccino, Talisco, Patrice, Jeanne Added, The Avener, Mr Oizo, Louise Attaque, M83, Keziah Jones, Bloc Party, Naive New Beaters …

We Love Green (4-5 juin 2016 à Paris, Bois de Vincennes)

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Terres du Son (8-10 juillet 2016 à Monts – périphérie de Tours)
Qui va là ? > Lilly Wood & The Prick, La Maison Tellier, Brigitte, Oxmo Puccino (qui vient en voiture avec Mr Oizo et General Electriks depuis Solidays), Soulwax …

Download Festival (10-12 juin 2016, Hippodrome de Longchamp)

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Le Catalpa (24-26 juin 2016 à Auxerre)

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Le Chien à Plumes (5-7 août 2016 à Langres)
Rendez-vous en Haut-Marne pour Louise Attaque, Tryo, Caravan Palace, Miossec, Inuit …

Hellfest Open Air (17-19 juin 2016 à Clisson)
Juste un petit aperçu car il est très difficile de parler de tous les goûts et de toutes les couleurs, tellement la programmation est gigantesque :

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Le Boom Festival (11-18 août 2016, Portugal)
Trop d’artistes, trop de lieux : la programmation est ici 

The Peacock Society (13-17 juillet 2016, Parc Floral de Paris)

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Villette Sonique (27 mai – 1er Juin 2016 à la Villette)
L’enseigne Red Bull sera de la partie si vous avez du mal à tenir pour voir Belly Button, Vladimir Ivkovic, Boredoms, Jonathan Fitoussi, Suuns …

Festival Fnac Live (dates et informations à venir, Parvis de l’Hôtel de Ville de Paris)

Le Weather Paris Festival (3-5 juin 2016 à Paris – Le Bourget)
On y trouvera les Venetian Snares (et ça ce n’est pas tous les jours !), Dixon, DJ Nobu, The Black Madonna …

Festival Days Off (30 juin – 10 juillet 2016, Philharmonie de Paris)
Entre expositions et concerts

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Barrière Enghien Jazz Festival (dates et informations à venir, Casino Barrière d’Enghien les Bains)

Inox Park (3 septembre 2016, sur l’Ile des Impressionnistes de Chatou)
Le festival est d’ailleurs toujours en recherche de bénévoles ! Pour ce qui est de la programmation, elle ne saurait tarder …

Le Festival de Nimes (12-24 juillet 2016, à Nîmes évidemment)

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Main Square Festival (1-3 juillet 2016 à la Citadelle d’Arras)

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Les Vieilles Charrues (14-17 juillet, site de Kerampuilh à Carhaix-Plouguer)
Au programme : The Libertines, Pharrell Williams, Lana Del Rey, The Kills, Alain Souchon et Laurent Voulzy, Pixies, Etienne de Crécy, Guizmo, Michel Polnareff, Louise Attaque, Louane, Nekfeu, Mickey 3D, Lou Doillon, Jeanne Added et la liste est longue !

Les Eurockéennes de Belfort (1-3 juillet à Belfort donc)
Cliquez sur l’image pour accéder à toute la programmation :

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Les Francofolies de la Rochelle (13-17 juillet 2016 à la Rochelle)
La grille de prog’ comprendra Louise Attaque, Louane, Mika, Lou Doillon, Brigitte …

La Route du Rock (11-14 août 2016 à Saint-Malo)

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La Fête de l’Humanité (9-11 septembre 2016, La Courneuve)
Les pass 3 jours sont en vente, en attendant de découvrir la prog’ …

Le Jardin du Michel (3-5 juin 2016 à Bulligny)
Avec entre autres Manu Chao, Thiefaine, Nekfeu, Patrice, Rone (prononcez « Erwan »), Gérard Baste …

Le Rock Dans Tous Ses États (24-25 juin 2016 à Evreux)
Ce sera avec Redman, Method Man, Louise Attaque, Converge, Aaron …

Slasher

Autant les films d’horreur se font rares au cinéma, autant les séries d’horreur sont quasiment inexistantes, hormis AHS évidemment et Scream Queens, bien que cette dernière était aussi violente … que drôle. On sent donc un nouvel air frais quant au genre depuis quelques temps, et c’est Slasher qui ouvre cette année le bal macabre.

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Série américano-canadienne, elle est réalisée par Aaron Martin et se focalise, à l’instar de Seven, sur des meurtres liés aux sept péchés capitaux. Diffusée depuis le 4 mars 2016, huit épisodes seulement composent cette première saison. Sarah Bennet retourne dans la petite ville de son enfance, où ses parents ont été sauvagement assassinés. Très vite, une série de meurtres du même acabit se propage et les secrets enfouis depuis longtemps refont surface. Attention, n’allez pas consulter la page Wikipedia de la série car chaque victime du tueur en série est associée à un numéro d’épisode, il serait donc bête de commencer la série en sachant déjà la durée de vie des habitants de la ville (et donc en excluant de fait des suspects potentiels).

Faisant irrémédiablement penser à Seven de par le fil rouge des meurtres, mais également à Scream de par la présence du serial killer masqué, qu’on devine pourtant proche de nous en termes de personnage (voire même au Slender man quand on voit l’affiche), Slasher est une série qui montre qu’elle sait où elle va et qui n’hésite pas à rythmer ses épisodes par des décès bien sentis. Comme d’habitude nous avons droit aux clichés inévitables quant aux habitants : la vieille bigotte, le couple gay, le policier qu’on a dans la poche, la barjo, la belle héroïne, la femme qui est dans le coma depuis des années et un autre tueur qui nous donne des indices car il veut nous aider. Si ce n’est pas une belle brochette de suspects ça !

Si vous êtes fan du genre (meurtres en série commis au sein d’une petite communauté), je peux aussi vous conseiller Harper’s Island avec ses treize épisodes sortis en 2009, avec un côté plus jovial puisque l’action se déroule … lors d’un mariage =]

Trepalium

Je vous avais précédemment parlé de la série Ainsi soient-ils diffusée par Arte, et je continue de promouvoir cette chaîne par le biais de Trepalium, diffusée en février 2016.

Dans un proche futur, la population est séparée en deux par un mur. D’un côté, la « Zone », avec les 80 % de chômeurs, de l’autre, la « Ville » hébergeant les 20 % d’actifs. Izia Katell vit dans la Zone où elle élève seule son fils. Elle est sélectionnée par le gouvernement pour devenir une « employée solidaire » à Aquaville, du côté des actifs. Elle va travailler chez Ruben Garcia, ingénieur en dépollution dévoué à son travail, qui vit avec sa femme Thaïs et sa fille devenue mutique.@Wiki

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En six épisodes seulement, Trepalium nous plonge dans un monde pas si éloigné que cela de la réalité actuelle, et pour cause elle évoque le thème omniprésent du travail (d’où trepalium) et plus symptomatiquement du chômage et de l’aliénation de notre société. Rappelant évidemment le système des castes et encore plus celui des murs dressés entre les populations, Arte a frappé fort autant par le scénario que par les décors utilisés et la façon mi-futuriste, mi-archaïque de traiter le sujet.

Avec Léonie Simaga et Pierre Deladonchamps en personnages principaux, la série n’a pas besoin de s’embarrasser de pléthore de personnages secondaires pour parvenir à ses fins, bien que j’aie été passablement déçue du film L’Inconnu Du Lac, dans lequel a joué ce dernier, mais ceci est une autre histoire. Tournée en Ile-de-France (à Trappes, Pantin ou encore Paris), la série nous permet de nous identifier dans les décors, sans même que nous les ayons déjà vus auparavant, peut-être grâce à une volontaire sensation de proximité et, aussi étonnant que cela puisse paraître, de banalité.

La première saison se suffisant à elle-même, il n’y aura pas de seconde saison, bien que la productrice pense à utiliser d’autres thèmes pour d’autres mini-séries du même genre, comme par exemple le vieillissement de la population …

Baron Noir

Diffusée durant le mois de février 2016 sur Canal +, Baron Noir est la série française qui a fait flamber l’audimat de ce début d’année. Retour sur un succès bien mérité.

Série de huit épisodes, tous parus entre le 8 et le 29 février de cette année, Baron Noir est un thriller politique réaliste sous bien des aspects. Tout d’abord, les lieux principaux de l’intrigue sont Dunkerque, Paris et La Défense, des lieux dans lesquels il est facile de s’identifier quand on habite en France (et encore plus quand on est en région parisienne). Le pitch est bien simple, les rebondissements plus complexes : nous suivons les méandres politiques de Philippe Rickwaert, député-maire du Nord (joué par Kad Merad) et de son comparse Francis Laugier, candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle (Niels Arestrup). Du même bord politique, cela ne veut pas forcément dire que les deux vont s’entendre comme larrons en foire. Manoeuvres politiques (et fiscales), trahisons, mensonges … Les Echos ont bien raison de titrer « Baron Noir, plus fort que House of Cards« .

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D’autres acteurs français connus font bien entendu partie du casting. Je peux citer quelques noms (dont Alain Bouzigues et Anna Mouglalis), mais je ne vais pas tous les lister car bien souvent on ne sait pas forcément mettre un nom sur un acteur qu’on voit pourtant bien souvent dans des séries télévisées françaises.

Comme je le disais, seulement huit épisodes composent cette série, ce qui renforce l’aspect dynamique des événements. La réalisation de Ziad Doueiri bascule aisément entre cadrage intimiste et grandiloquent, ce qui ajoute à la tension narrative, au même titre que la bande-son de l’illustre Evgueni Galperine et Sacha Galperine. On ne sait pas si une deuxième saison verra le jour, mais Canal + nous a encore une fois prouvé que les séries françaises ont encore de l’avenir devant elles !