Maxime Chattam

Auteur français aussi vénéré à mes yeux que Jean-Christophe Grangé ou encore Franck Thilliez, Maxime Chattam nous livre des polars avec de réelles intrigues et un franc parler adéquat, qui nous permettent de plonger véritablement dans une angoisse et une possession telles, qu’on ne peut pas lâcher un de ses ouvrages sans l’avoir dévoré de bout en bout.

CHATT

Attention toutefois aux âmes sensibles car je connais peu de personnes de mon entourage à qui je pourrais recommander cette littérature. Elle n’est pas à mettre entre toutes les mains. J’avoue que certains passages m’ont moi-même troublée. Glaciale, dérangeante, dégoûtante, pourraient être des adjectifs pour la décrire alors que je la trouve avant tout intéressante, prenante et réaliste. Oui, Chattam met en avant la lie de l’humanité et les horreurs qui peuvent être effectuées par les hommes : meurtres, mutilations, agressions, sadisme … mais cela ne représente-t-il pas réellement notre société et ce qu’elle est en train de devenir ?

A titre d’exemples, la Conjuration Primitive nous montre que le nouveau virus touchant notre société à venir est celui du meurtre. La Théorie Gaïa (et la trilogie dont elle est issue) nous met également sous les yeux les preuves des changements que nous imposons à la planète – que je rapprocherais du livre Inferno de Dan Brown et dans le même temps de la Forêt des Mânes de Grangé (que je vous conseille fortement). Le Sang du Temps nous plonge dans l’univers des sociopathes et des difficultés à faire confiance à tout un chacun, même au narrateur de l’histoire. Dans les deux parties du Diptyque du Temps, il nous fait remonter dans le temps pour nous prouver que le mal habite la société depuis un grand nombre de décennies déjà…

Bien sûr, les écrits de Maxime Chattam sont dérangeants. Mais ne le sont-ils pas car nous savons au fond de nous qu’ils abordent une large part de vérité ? Qu’il suffit de regarder les flux d’actualité pour être abreuvés de nouvelles aussi sordides, les détails pratiques en moins ?

cycle-homme

Et puis c’est bien écrit, c’est essentiel. Les enchainements sont limpides et les chapitres bien souvent courts, pour donner l’envie à chaque fois de commencer le prochain. Egalement, l’aspect dramatique est à mon avis une des raisons pour laquelle il est si simple de s’identifier au(x) narrateur(s). Ils sont tout aussi faillibles que nous, pouvant même mourir en plein milieu du livre, sans crier gare… Ce qui n’est pas courant pour un personnage principal qui raconte sa propre histoire.

Je vous conseille ses livres si vous souhaitez vous pencher dans ce qu’il y a de pire dans l’esprit humain, dans ses faiblesses, dans ses aberrations. Mais je vous les conseille si vous avez le coeur bien accroché, car il n’y a ici que peu de place pour de l’espoir et pas du tout pour de la tendresse.

Je me dis bien souvent que si je devais écrire des romans, j’aimerais écrire les siens.

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