Mois: août 2014

Syfy, Wild Bunch & Co [1 jour : 4 films]

Une journée à la campagne, c’est synonyme pour moi de visionnage de films à foison. J’ai regardé quatre films aujourd’hui, à très forte tendance « horreur » (dans son sens général), petites critiques rapides de films dont je n’avais jamais entendu parler … avant de les voir.

American Horror House (2012) tout d’abord (ou Paranormal Initiation). Je crois que je me suis procurée ce film sans même lire le synopsis mais simplement le titre. J’aurais peut-être du, cela m’aurait évité de perdre du temps. Je passe rapidement sur l’histoire : on assiste au rite de passage de jeunes filles dans une sororité, la nuit d’Halloween, où vont se mélanger les vraies mises à l’épreuve et les actes fantomatiques. Produit par Syfy, ce film est une grosse daube. Mal tourné, pas apeurant, pas surprenant, pas drôle non plus, il n’a rien pour lui. Le peu d’effets spéciaux présents ne témoignent pas la moindre émotion et le jeu des acteurs est assez lamentable. Allez, suivant !

51

51

51 (sorti en 2011) fut mon deuxième film de la journée, produit par Syfy lui aussi. Il relate l’aventure de plusieurs journalistes venus voir de leurs yeux si des extraterrestres sont bel et bien présents dans cette fameuse zone 51 des États-Unis. Ce film est à voir au 36ème degré tellement il peut paraître cheap, mais totalement assumé. On rigole bien, on frissonne parfois ; ce n’est pas du haut niveau mais il fait en tout cas passer du bon temps.

Haunter maintenant, sorti en 2013, qui fut mon coup de cœur de la journée. Enfin un film inquiétant qui se tient de bout en bout ! Film d’horreur canadien, il raconte la vie de Lisa, pour qui les journées se suivent et se ressemblent. Pour cause, elle revit encore et encore la même journée, sans savoir pourquoi, ni comment stopper ce calvaire, qu’elle semble être la seule à réaliser. Produit par Wild Bunch (qui est une société française que je vénère particulièrement), ce long-métrage est prenant et assez stressant. Un bon film d’angoisse comme je les aime !

Haunter

Haunter

Finissons avec Flu / Pandémie (2013 aussi), film coréen qui traite de la propagation de la grippe aviaire H5N1 dans le pays. Bien construit, bien détaillé et réaliste comme il se doit, il fait évidemment plutôt partie de la classification « catastrophe » que « horreur » mais je préférais le laisser dans cet ensemble. Bien qu’assez convenu comme fil conducteur, nous suivons avec intérêt le parcours d’une mère urgentiste et sa fille, touchées par bien des aspects par la maladie, et les conséquences catastrophiques que peut avoir l’amour. Avancées de l’épidémie, efforts des secouristes, émeutes, tout se déroule avec une immense précision et un souci de réalisme indéniable, malgré des raccourcis faciles dans le scénario. Un film très fort donc, à voir sans conteste.

A vous les studios !

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Les Hormones en Costard

Nous accueillons Mélou, qui me (nous) fait l’honneur de participer à ce blog par un article de sa besace !

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Article égocentrique, quoi, je suis invitée, je peux tout me permettre :

 Les hormones en costard,

 Certaines personnes savent cuisiner les mangues, moi je suis la pro des salades composées. Attention, pas la petite salade avec 99% de feuilles vertes, non moi je fais une salade avec tous les ingrédients minutieusement découpés en dés de 2cm/2cm. Des petits dés telle une manique découpe un cheveu en 4 pour savoir s’il est 21h03 ou 21h04 pour régler son réveil. Mes salades, je n’avais rien d’autre à offrir le midi si une personne débarquait à l’improviste, mais on y trouvait un peu tout de moi dans cette salade : des couleurs, des opposés, des textures et le tout agrémenté d’une sauce hors pair. Oui en fait, je ne sais peut-être pas bien garnir un poulet avec des champignons, mais je fais des salades et quand la folie me prend, je fais un œuf sur le plat (malheureusement, il reste parfois bien collé à la poêle). Non, ce n’est pas un billet marmiton que je suis en train d’écrire, passons-en aux faits et « live for today » :


Certaines personnes gagnent des batailles dans l’herbe suite à une ballade en vélo, d’autres en gagnent dans la neige quand l’adversaire a le pied coincé sous une motte de neige.

Certaines personnes vous sourient au coin d’un couloir d’hôtel, d’autres vous réveillent avec une chanson bien trop courte dans laquelle on peut entendre « take my hand ».

Certaines personnes aiment écrire, oui Les Mots tel Sartre les avaient décrits, des mots à double sens tandis que d’autres s’éveillent simultanément en pleine nuit sans raison.

Certaines personnes rentrent en trombe à leur appartement et esquissent un large sourire en voyant le canapé déjà occupé, il n’y a plus qu’à laisser le trousseau de clé sur un bout de table et répondre aux « Viens ».

Certaines personnes resteraient des heures devant un feu de cheminée à s’en piquer les yeux tandis que d’autres se retrouveraient saouls, en chantant « Breathe Me ».

Certaines personnes, un peu imbibées de la veille appelleront pour prendre la route 3h après « A demain chérie », pour être accueillie dans un appartement bientôt vide.

Certaines personnes vous diront « plus jamais » mais reprendraient bien un peu de ces makis menthe/fromage/saumon devant un épisode d’une série désormais obsolète.


Quoi, les petits bonheurs ne résident-ils pas dans les fumées des barbecues d’été ? Ne résident-ils pas dans de longues balades nocturnes sans point de chute, tant qu’on marche, tout va bien, qui plus est sur un pont des arts ? Ne résident-ils pas dans une livraison de pommes inattendues ? Ne résident-ils pas dans le bruit d’une clé doucement introduite dans la serrure au petit matin ? Ne résident-ils pas sur une promenade en barque sous une légère pluie brumeuse à l’image de petites bulles de champagne ? Ne résident-ils pas dans des pique-niques improvisés au pied d’un château, d’une grotte miteuse ou d’une abbaye ? Ne résident-ils pas dans un réveil rouleau de printemps au fin fond de la Bourgogne ? Ne résident-ils pas dans une baignade sous un pont du diable désertique ? Ne résident-ils pas dans deux verres pression en terrasse ? Ne résident-ils pas dans le contact des mains sur « Heaven » donné en live devant vos yeux ? Bah quoi, y’a rien de plus beau et sensuel que nous deux non, à en voir ce reflet dans le miroir « Let me show you the world in my eyes ».


Mais un jour, la salade composée finie par se remplir à 99% de feuilles vertes, n’ayant plus personne à inviter, plus aucune raison de découper des petits dés. J’ai voulu prendre ce bout de chemin proposé « I follow you » mais tout était faux depuis le début. Je pensais être protégée des Orques mais on ne m’avait pas dit qu’ils rongeraient de l’intérieur. Que j’aille à droite ou à gauche, au bout c’était le fossé, assurément. Crédule ! J’étais bien trop concentrée à couper mes tomates en petits dés. Pourtant, ce n’est pas faute de m’être blessée à plusieurs reprises avec ce couteau qui ne cessait de disparaître. Comprenez alors, qu’il était naturel que, lorsque je le retrouvais, je m’occupais de couper mes tomates en petits dés « You take my self-control ». Mais le menu devenait répétitif, le couteau remuait la plaie et la photo d’un trèfle à 4 feuilles était supprimée.

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On finit donc par se fixer un autre problème (« Somebody’s watching me ? ») : un problème existentiel, obsessionnel, un problème qu’on peut régler, un but, un objectif dont nous seul avons le pouvoir pour renverser la tendance : régime powaaaaaaaaaa ! (bah oui, les filles, c’est comme ça).

On se met à grossir sans raison, alors on mange de moins en moins, et de plus en plus vert et de plus en plus cru, on fait du sport, encore et encore, midi et soir, semaine et week-end mais rien à faire. On se défoule (ouais baby, « Rock you like a hurricane »).

Certes, on recommence à remplir son armoire de breloques, on voyage, les gens applaudissent, ils sont contents, ils font même des articles, mais vous, ce que vous voulez, c’est passer du temps à couper vos ingrédients en petits dés, en tout petits dés pour atteindre la perfection des salades composées, celle qui reste indélébile dans les esprits, celle qui n’a de l’avenir que dans l’assiette de l’autre lorsque ses yeux pétillent.

Ça c’est un problème, un vrai, n’est-ce pas ? On va de l’avant, on y croit à fond, on se dit qu’on a eu une bonne journée parce qu’on a passé trois coups de fil, journée rentable, on a pris la meilleure décision de sa vie de femme youhou cotillon fanfreluches et string en l’air « Bonjour, je veux un stérilet, la pilule me fait grossir » « Bonjour je voudrais un rendez-vous avec la nutritionniste car je grossis sans raison » « Bonjour, je voudrais un rendez-vous avec Jojo car je grossis, est ce psychologique ? »

Mais suis-je bête, tout ceci c’est la faute des hormones !!! Le problème est-il cependant réglé quand on en connaît la cause ? Et bien non, doigt dans l’œil une fois de plus, un problème que je pensais pouvoir résoudre avec toute ma force intérieure, finalement, c’est une fois de plus un problème qui me passe devant mais qui laisse apparent son passage « with every heartbeat ».

WTF, il n’y a pas de consultations pour programmer des amnésies ?

Alors j’ai beau me refaire le film ; que je me rassure, c’est de la faute des hormones si j’me suis plantée de destin « Fade Out » ! Je deviendrai un gladiateur en costard « but not tonight » car ce soir, c’est moi qu’on a découpé en tout petits dés.

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Source GIF : http://blueisthewarmestcolormovie.wordpress.com/the-blue-analysis/scene-analysis/

Pour d’autres articles de Melou : c’est ici !

Pourquoi [N°2] : A-t-on une vision biaisée de la bipolarité ?

Je ne tenais plus mon blog à l’époque où est sortie la série télévisée Homeland, mais ce que j’entendais de part et d’autre au travail ou dans des soirées me rendait folle. Le trouple bipolaire qui touche le personnage de Carrie Mathison dans la série n’est absolument pas représentatif des cas de cyclothymie qui touchent entre 2 à 6% de la population mondiale.

Les troubles bipolaires, et les personnes qui en souffrent, peuvent porter bien des dénominations. Maniaco-dépressifs, psychotiques, hypomaniaques, cyclothymiques ou fous, j’écris cet article pour contrebalancer toutes les fausses idées véhiculées par les médias ou tout simplement l’ignorance de la maladie.

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Car la bipolarité (appelée psychose maniaco-dépressive (PMD) ou maladie maniaco-dépressive (MMD)) est bel et bien une maladie psychiatrique. Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), elle est même la sixième cause de handicap dans le monde. Néanmoins, celle-ci va prendre diverses formes et ne sera bien entendu pas aussi impressionnante suivant les degrés (ou « types ») du trouble.

Pour être brève (et généraliste), les symptômes de la bipolarité vont être de fréquents (et violents) changements d’attitudes et d’états d’esprit sur des périodes très rapprochées. J’utilise ici le mot violent dans son sens large, qui englobe le fait que ces changements vont arriver sans signe précurseur, aussi bien d’un point de vue extérieur qu’intérieur. Je vais parler des types de bipolarité, en partant des plus graves (comme celle de Carrie par exemple) jusqu’aux plus courantes qui, sans les minimiser, sont bien moins aiguës que les premières et permettent de « vivre avec » sans passer par des séjours en hôpitaux psychiatriques.


Les personnes bipolaires de Type I, autrement appelées maniaco-dépressives, alternent phrases d’euphorie et de dépression profondes. Ces deux états d’esprit sont souvent très proches en termes de temps mais si éloignés de par leur nature, qu’ils font vivre un réel calvaire aux malades. On trouve nombre de témoignages sur les internets pour étayer ces symptômes, comme celui-ci :

« […] mes journées sont rythmées par une alternance incessante de mon humeur entre euphorie et anéantissement total. Il m’arrive de changer de comportement jusqu’à huit fois dans une même journée. Durant les moments de dépression, plus rien ni personne n’existe ; je ne veux voir personne, je suis odieuse et coupée du monde, les pensées pleine d’idées noires et violentes. A l’intérieur de moi, je livre une vraie bataille, pleurant, hurlant, allant parfois jusqu’à m’automutiler pour ne pas faire de mal autour de moi.

Les moments d’euphorie, quant à eux, sont exactement l’inverse. Je peux déménager la maison, les meubles, faire le ménage en un temps record, avoir mille idées à la minute et entraîner toute ma famille dans mes élans. Je chante, je suis heureuse et sûre que tout va bien… jusqu’à ce que tout redescende. »

Survient également dans un tiers des cas, une sexualité compulsive (hypersexualité), appelée satyriasis ou nymphomanie dans le domaine courant.

©2009-2014 g-idiomatique

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Pour le Type II, nous trouvons le symptôme d’hypomanie, qui entraîne dans le même laps de temps des émotions divergentes et donc très fatigantes pour l’individu. Néanmoins, la classification dans le Type II dépend du fait que les signaux sont beaucoup plus discrets et que les malades sont bien intégrés dans la société. Ils parviennent à mener une vie de famille et de bonnes relations entre amis ou au travail, sans que la bipolarité ne se ressente d’un point de vue extérieur, avant tout face à des personnes pour qui les relations sont de l’ordre de la simple connaissance.

Le Type III englobe quant à lui les troubles bipolaires forts, qui sont la conséquence de l’absorption de médicaments et traitements. Ce sont pour la plupart des antidépresseurs qui vont, soit générer ces troubles, soit les réveiller chez l’individu.

Les troubles cyclothymiques plus légers sont classifiés dans le Type IV. Ils correspondent aux attitudes des personnes que l’on appelle « soupe au lait ». Le cyclothymique va osciller, comme pour les précédents cas, entre des passages de joie non dissimulée et des moments d’irritabilité extrême, sans pour autant que cela fasse référence à de la maniaco-dépression. Psychiatre allemand, Ewald Hecker qualifie ce trouble de « maladie circulaire de la sensibilité émotive » (Gemütserkrankung), concept qui résume bien la situation.

Dernier cas de figure, le Type V qualifie les personnes atteintes d’hyperactivité. Et plus particulièrement l’hyperactivité qui va développer des activités créatives (musique, peinture, etc.). Egalement, les phases de manie sont plus ciblées : rapidité du débit de paroles (logorrhée), phases de tachycardie, ou encore incapacité à fixer son attention.

Attention toutefois, le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) distingue seulement trois types de troubles bipolaires : trouble bipolaire de type I, de type II et cyclothymie.


Dans sa globalité, la bipolarité sous sa forme dépressive va présenter les effets suivants : perte du sommeil, d’énergie, de l’appétit (ou troubles, perte ou gain de poids selon les individus) et de tout goût de vivre ou bouger. S’y ajoutent une forte mise en retrait social, des pensées suicidaires (pour 60% des personnes bipolaires) ainsi que des signes d’agressivité extérieure ou contre l’individu lui-même (d’où les formes d’automutilation). Dans le cas de l’euphorie, les effets seront l’extrême inverse, ce qui rendra encore plus difficile le cycle quand il basculera à nouveau sur la phase de dépression.

Je ne vais pas m’attarder sur les causes de la maladie (qui peuvent être génétiques, psychologiques ou sociétales) ou sur ses traitements. Je souhaitais avant tout montrer que le cas de Carrie Mathison est bien loin d’être la norme en ce qui concerne les troubles bipolaires. Ils touchent aussi bien les hommes que les femmes et ne sont pas toujours permanents. C’est souvent un élément déclencheur qui va venir provoquer ces cycles de bipolarité, qui dureront alors entre plusieurs semaines à une année (généralement). Les traitements existent et sont bien plus faciles à trouver que l’acceptation de la société face à cette maladie.

Pourquoi [N°1] : Les gens se font-ils du mal ?

Suite à de nombreuses réflexions, je sais qu’il y a beaucoup de questions que je me pose. Dans le même temps, j’ai peut-être des éléments de réponse face à des interrogations plus générales souvent demandées. Je crée donc une rubrique « Pourquoi ? » qui tentera de répondre à ces questions, en tordant le cou aux clichés ou en enfonçant les portes ouvertes. Tout article sera évidemment et scandaleusement objectif, car je ne détiens malheureusement pas encore ni la science infuse, ni la vérité absolue.

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Le premier article de cette série est dédiée aux personnes qui se font sciemment du mal, sur le plan physique. On parle d’automutilation en tant que globalité, mais cela est souvent réduit en tant que : scarification et coupage de veines. Cela en fait bien sûr partie, mais est bien loin d’en être la majorité. Exit donc les brûlures volontaires et la trichotillomanie par exemple, sur lesquels je reviendrai un peu plus loin. Dans le même temps réside une totale incompréhension face à ce genre de comportements, que je vais tenter d’élucider.


Déjà, rétablissons les vérités sur les formes d’automutilation de façon générale. Outre le fait de se scarifier (pratique médicale ou sociale dans un premier temps), beaucoup d’autres actions peuvent être faites par ces personnes, bien souvent à tendances suicidaires. En effet, près de la moitié des hommes et femmes se mutilant meurent. Non pas des suites de leurs blessures, qui sont le plus généralement superficielles (superficielles = non mortelles, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit), mais d’un acte de suicide commis par la suite.

L’automutilation va donc prendre plusieurs formes, dont il est difficile de faire une liste exhaustive. On peut parler des brûlures corporelles faites de façon intentionnelle, de griffures, de cognement (se frapper la tête contre les murs au sens premier du terme ou contre le marbre d’une table de chevet par exemple), d’ingestion de substances dangereuses (l’eau de Javel pour ne citer qu’elle) ou bien encore de trichotillomanie. Appelée également trichomanie, elle consiste en l’arrachage de cheveux de façon systématique et compulsive. Comme beaucoup des actes d’automutilation, elle est considéré comme un TOC, au même titre que l’onychophagie (le fait de se ronger les ongles).

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Les personnes procédant à ces actes inconsidérés vont également être confrontées à la phobie d’impulsion (ou obsession impulsive). C’est à dire être dans un climat de peur permanent de se faire du mal ou à autrui. Concrètement, l’individu incriminé éprouvera une répulsion à marcher dans la rue, par peur de se jeter sur un coup de tête sous une voiture. Ou bien évitera de se retrouver seul dans une cuisine, toujours par peur de se saisir d’un couteau de manière impulsive et de se trancher la gorge. J’utilise ici le mot peur, bien que l’obsession impulsive ne soit à proprement parler pas une phobie, mais bien un Trouble Obsessionnel Compulsif. On peut comparer cet état d’esprit à celui des femmes lors de la période post-partum, qui seront amenées à maltraiter leur nouveau né, ou a minima à le penser. On tombe alors dans la névrose obsessionnelle de Freud, où se mélangent l’envie et la peur de faire une action (grosso modo, car je n’ai jamais su interpréter la plupart des théories freudiennes de façon simple).


Retournons à l’automutilation donc et maintenant à ses explications, ses motivations. Je vais évidemment mettre de côté l’algolagnie, qui ne correspond pas vraiment au thème de ce billet. Même s’il est facile de faire des parallèles partout, je doute que le BDSM ou la volonté de se faire étrangler en faisant l’amour fassent partie des formes de mutilation liées à des tendances suicidaires. Egalement, je mets sciemment de côté la destruction corporelle qui passe par l’anorexie et son inverse (toutes les formes de troubles de la conduite alimentaire en fait), préférant me concentrer sur les actions qui engendrent directement de la douleur physique.

Pourquoi donc certaines personnes souhaitent-elles de leur plein gré s’infliger une souffrance physique ? Il y a plusieurs raisons à cela. Commençons par la plus terre-à-terre car la plus scientifique. Nous savons que beaucoup de facteurs psychologiques influent sur ce genre de comportements. Pour citer Wikipédia (mes plus plates excuses), nous pouvons déjà savoir que : « Un environnement dans lequel les parents punissent leurs enfants de leurs émotions, telles que l’expression de la tristesse ou de la douleur, peut contribuer à une difficulté d’exprimer certaines émotions et s’exposent à des risques élevés d’automutilation. Tout type d’abus ou de traumatisme durant l’enfance est considéré comme facteur de risque élevé, incluant le deuil et certains troubles des relations parentales ou avec un partenaire« . D’un point de vue psy, ce comportement a des bases solides et ne pourra être endigué que par un traitement sur le long terme ou, à défaut, par une très grande volonté. Pour l’explication scientifique dont je vous parlais plus haut, il faut comprendre que l’automutilation libère de l’endorphine. Chaque acte de mutilation corporelle, peu importe sa nature, va procurer du bien à la personne. Comme avec toute drogue qui libère de l’endorphine, va venir l’accoutumance et donc le besoin de se mutiler plus souvent et / ou plus fort. On peut alors parler d’une euphorie venant avec la douleur où ces actes deviennent un réel besoin.

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En outre, l’automutilation s’apparente sous bien des formes à une réelle punition. Une punition physique, comme beaucoup d’enfants ont pu le ressentir lorsqu’ils faisaient une bêtise. Une personne souhaitant se faire du mal, va par exemple se donner de fortes claques (souvent même en s’insultant) comme pour stopper le mal psychique qui l’occupe au moment M. Comme pour se punir d’être triste. La claque, ou la scarification profonde, ou le fait de rentrer dans un bain bien trop brûlant, a ici un rôle d’électrochoc dans l’idée de sortir de cet état de torpeur, de tristesse et de soumission face à ces émotions négatives. L’effet est la plupart du temps à court terme, ce qui implique une automutilation à répétition, comme dans le cas expliqué par l’endorphine.

Egalement, l’expression physique de cette douleur mentale est un vrai appel à l’aide. Qu’il s’additionne ou remplace les deux tentatives d’explication précédentes, cet acte montre tout de même une envie de s’en sortir, grâce aux autres. L’individu présentant des bleus ou des marques de brûlures pour ne citer que ces exemples, souhaite montrer qu’il souffre et attend qu’on lui tende la main pour l’aider à s’en sortir. L’automutilation étant un trouble de la personnalité borderline, la personne concernée aura aussi bien une mauvaise image d’elle (repli sur soi, envie de se cacher), qu’une volonté de se montrer ainsi que ses blessures. Quand on se réfère aux caractéristiques de la TPB citée dans la phrase précédente, on comprend que l’automutilation, comme le suicide ou du moins ses tentatives, sont des manières de décharger l’angoisse de l’homme ou la femme.


Je vais m’arrêter là, car je sais pertinemment que je ne pourrais pas me stopper si je continue à parler des troubles cités par le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), dont l’automutilation fait évidemment partie. Je pense que c’est une réelle maladie et qu’elle se soigne. Il faut donc qu’elle soit traitée, le plus tôt possible si vous en avez l’occasion. J’ai l’impression de dramatiser le sujet mais il faut également savoir que c’est un état d’esprit en dents de scie. L’automutilation va survenir sur des périodes pouvant aller de quelques semaines à des années, selon les circonstances. Evidemment, plus les rechutes sont fréquentes (pour bien des raisons : mort d’une personne proche, déception amoureuse, mal-être général, etc.), plus la période de passage à l’acte sera longue. Si vous connaissez des personnes atteintes, ne les blâmez pas, rassurez-les, comprenez-les tout en les encourageant à exprimer leurs émotions par le biais d’autres supports : lecture, dessin, chant, etc. Les occupations les plus simples, qui se rapportent bien souvent à l’enfance, sont tout aussi efficaces. Soyez près d’elle mais ne les étouffez pas, car se sentant surveillées, elles auront tendance à expier plus facilement leur désespoir par la mutilation, synonyme également d’interdit, une fois seules.

La Planète des Singes : L’Affrontement

Suite directe du reboot La Planète des singes : Les Origines, sorti en 2011, La Planète des Singes : L’Affrontement (Dawn of the Planet of the Apes) nous offre du grand spectacle sans tomber dans les travers attendus de la part d’un blockbuster de l’été. Explications.

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Je vais tenter d’être la plus concise possible sans spoiler, ce qui expliquera en partie pourquoi je ne m’étends pas sur certains sujets ou certaines questions, qui ne peuvent être discutés qu’après avoir vu le film. Pour la première fois dans un film de science-fiction, il est pour ainsi dire impossible de déceler des défauts dans les effets spéciaux. La qualité de la motion capture est maintenant telle qu’on ne parvient plus à dissocier les éléments de tournage réels de ceux ajoutés en postproduction.

Affiche-du-film-LA-PLANETE-DES-SINGES-LAFFRONTEMENT Devant un tel titre, on pouvait s’attendre à de l’action par dessus la tête (pas forcément comme The Raid 2 mais pas loin), alors que le film s’exprime via des scènes prônant la construction plus que la destruction. Je n’avais pas vu la bande-annonce et je crois avoir bien fait, car je me suis demandée pendant 1h30 si l’affrontement allait finalement avoir lieu ou non. Honnêtement, je n’en voulais pas. La Planète des Singes : L’Affrontement se focalise sur la civilisation créée par les singes et les rapprochements qui se font entre les sociétés simienne et humaine. Evidemment il y a de l’action, évidemment il a l’affrontement dont tout le monde parle, mais il est bien amené et est expliqué par la peur plus que par la soif de tuer, comme on pourrait s’y attendre.

Le film fait également quelques clins d’œil au précédent, ce qui permet de garder la bonne continuité de l’histoire. Je tiens en outre à mettre en avant le jeu des acteurs qui est très appréciable, quand on sait qu’il est toujours difficile de s’imaginer ce que l’on peut voir, et donc augmente l’effort à fournir pour véhiculer des émotions.

Plus de deux heures pour un film que certains pourront trouver long s’ils s’attendent à rentrer dans le vif du sujet dès le début. J’ai pris plaisir à voir les singes dans leur état quasi naturel, dans leur envie de se recréer une communauté et dans leurs défauts semblables aux humains. Je me suis émerveillée devant l’avancée technique des effets-spéciaux et je me suis émue face aux personnages, qu’ils soient humains ou non. Je conseille évidemment ce film à ceux qui ont vu le premier comme à ceux ne l’ayant pas vu, pour la prouesse technique, pour le déroulement des scènes et pour le plaisir d’aller au cinéma.