Mois: juin 2011

NerdZ !

NerdZ, une série faite par des geeks, pour des geeks. Aucune surprise donc, à voir les épisodes diffusés actuellement sur Nolife TV (et disponibles sur le site d’Ankama), pour la quatrième et dernière saison.

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4 personnages principaux (et pour ainsi dire uniques) partagent un même appartement, mais sans vraiment partager les mêmes points de vue, passions et sujets de conversation. On y retrouve tout d’abord DarkAngel64, propriétaire de l’appartement en question, par le biais de ses parents. Joué par Monsieur Poulpe (<3, cf mon article sur les Rois de la Suède), Dark passe son temps vautré sur son canapé, manette à la main et part de pizza à la bouche. A côté, Régis-Robert, son meilleur ami, dont les capacités mentales sont assez restreintes du à ses deux parents, frères et sœurs jumeaux. Notre troisième comparse, Jérôme, n’est pas un geek dans le sens otaque, dans le sens hiki ou dans le sens nerd quoi. Mais plutôt un gars un peu paumé, fan de Godard, qui a du mal à se faire comprendre, tant son QI doit valoir autant que ceux de ses trois colloc’ mis à bout. Vient enfin Caroline, la fille de la bande. Inculte en mangas / jeux vidéo et pas très fut-fut, elle met tout de même en ébullition les hormones des mâles de l’appartement.

Même si les premiers épisodes peuvent en rebuter certains, qui rechercheraient une série à fort potentiel intellectuel et se retrouvent au final face à un grand WTF, NerdZ parvient à rendre les personnages attachants, à défaut de les rendre beaux et intelligents. Les épisodes durent en moyenne six à sept minutes et peuvent s’enchaîner avec une facilité déconcertante. Attention, NerdZ, c’est quand même du grand n’importe quoi : des dialogues sans queue ni tête, des blagues qui tombent à plat, des répliques ras des pâquerettes et des situations multiples qui donnent envie de se faire un Facepalm. Rien d’étonnant à ce que je vous dise qu’il faut être geek pour comprendre et apprécier la série. Et quand on l’est et qu’on comprend à quels mangas ils font référence ou encore à quel jeu vidéo ils empruntent des mimiques, on est content, mais après on commence quand même à avoir peur de penser qu’on pourrait ressembler à notre quatuor (et surtout duo) de NerdZ.

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Amanda Palmer Goes Down Under

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Voilà quelques temps que je n’avais pas parlé d’Amanda Palmer ici. Et pour cause, elle ne sort pas des albums tous les mois. Mais pour sa défense, l’album dont je vais parler est sorti il y a plusieurs mois déjà (en Février si ma mémoire est bonne), sans que je n’aie pris le temps de l’évoquer. Amanda Palmer Goes Down Under est un album enregistré en live lors de sa tournée australienne. Elle y chante avec une demi-douzaine de chanteurs et autant de musiciens différents. Solos et duos remplissent donc cet album, avec des chansons qui ne sont pas toutes composées par Palmer elle-même. Son précédent album solo, Who Killed Amanda Palmer ? (en référence à Twin Peaks, obviously) m’avait donné l’occasion de la voir en concert à Paris. Depuis lors elle s’est mariée avec Neil Gaiman, créateur, entre autres, de Coraline, et elle a monté le groupe Evelyn Evelyn dont j’avais parlé ici, mettant les Dresden Dolls au second plan. Ce premier album avait été un succès dans le milieu, car il faut préciser que le genre punk cabaret n’est pas le plus médiatique qui soit, à l’instar de ce dernier opus. On retrouve dans cet album l’humour des paroles écrites par Amanda et son franc-parler, tout autant que son envie de parler de choses qui ne nous viendraient même pas à l’esprit : la forme géographiquement vaginale de la Tasmanie, le Vegemite, sorte de Nutella australien apparemment dégueulasse, ou encore les pratiques sexuelles assez en marge, chantées par le groupe Mikelangelo. Un album qui sort des sentiers battus donc, qui ravira les fans du genre autant que ceux qui sont, comme moi, en admiration devant la voix d’Amanda Palmer.

Bad Kids

Article écrit en 10 minutes top chrono, le temps d’un Paris Saint-Lazare / Courbevoie.
Taux d’alcoolémie : moyen.

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Dans la rame de la ligne 13, je la regarde. Elle est belle. Malgré ses ongles rouges vernis et son maquillage outrancier de la même couleur. Comme des centaines, des milliers d’autres jeunes femmes de son âge, elle tripotte son téléphone portable pour actionner de la musique qui dépasse le cadre de ses oreilles. Les cheveux remontés sur le front, elle a le regard penché sur un livre de poche, livre bien trop épais pour que je puisse imaginer ce genre de filles le lire. Non que je reste bloquée sur son physique, qui parait en inadéquation avec son appétit littéraire. Elle sort en soirée, bien fardée, cela se voit. Elle veut qu’on la remarque.

Je l’ai croisée sur la même ligne, quelques heures plus tard. Le visage émacié, les traits tirés, le regard perdu dans le vague. Les effets de la drogue, remarquables au premier coup d’œil. Drogue dure à n’en pas douter quand je remarque ses mains s’agiter de manière frénétique, comme le ferait le métronome d’un pianiste. Restant toujours jolie à mes yeux, elle a perdu l’étincelle d’intelligence que j’avais démasquée chez elle. Paumée est le terme qui me vient à l’esprit en la regardant. Pour paraphraser je ne sais plus qui, je me demande comment une fille aussi jolie peut-elle être aussi malheureuse. Malheureuse au point de mettre sa vie en danger pour n’importe quelle contrariété venant à la gêner ? Elle a des amis borderline mais a toujours eu le recul nécessaire pour ne pas sombrer. Alors même qu’elle a mis sa vie en danger par deux fois au cours de ces derniers mois. Par désespoir ? Nul ne le sait, même pas elle je le crains.

Mais quand je la regarde dans l’image que renvoie son reflet dans la vitre, je sens qu’elle n’est pas si triste que je l’imagine. Ou en tout cas plus si triste qu’elle ait pu l’être auparavant. Elle semble hors de portée, peut-être l’effet de ses yeux creux et éteints. Tristesse sans nom et indéfinissable car je la sens au bord des larmes sans qu’elle ne soit elle-même en mesure de s’en rendre compte. Par peur de tout perdre, perdre tout ce qu’elle a difficilement acquis, perdre ce qui compte le plus dans sa vie puisqu’elle lui donne ainsi son sens. Elle a déjà perdu plusieurs hommes dans sa vie, tout comme elle s’est déjà perdue dans les bras de dizaines d’autres. Mais perdre le même homme une seconde fois demanderait une dose de courage qu’elle ne se sent pas prête à avoir si ce jour devait arriver. Mais comme elle n’en est pas là, elle sourit. Sourit de son présent, et au diable si son futur ressemble à son passé. On ne vit qu’au présent, et qu’une fois, Monsieur Bond.

Twin Peaks

Twin Peaks est l’histoire d’une série qui réinvente l’histoire des séries.

twin-peaks-elle-sweden-02-768x1024 Je n’ai jamais vu aucun film de David Lynch, ni Lost Highway, ni Mulholland Drive, bien qu’on me les ait férocement recommandés. Recommandés tout en me disant que si l’on ne comprend rien à l’histoire, c’est normal ; rien de bien engageant selon moi. Au même titre que ces deux films, on m’a aussi souvent conseillé Twin Peaks. Mais penser à une trentaine d’épisodes de 45 minutes, dont deux pilotes d’une heure trente, ne parvenait pas à me motiver. C’est là que France Inter intervient. Revenant de je-ne-sais-plus-quelle-soirée, j’allume mon autoradio et tombe sur l’émission ciné/TV de la station, ce soir là dédiée à Twin Peaks, en l’honneur d’Arte qui a décidé de repasser la série, 20 ans après sa toute première diffusion. Ni une, ni deux, étant accompagnée dans ma voiture, d’une personne autant intriguée par Twin Peaks que moi, nous nous sommes très logiquement installés devant Arte le lendemain soir. Cela a sans doute été l’élément déclenchant, toute seule, mon courage aurait sans doute eût tôt fait de s’étioler.

Twin Peaks m’a tout de suite conquise. Autant dire que France Inter m’avait mis l’eau à la bouche en vantant à merveille les particularités de la série. Car oui, c’est une série particulière sous bien des aspects (dont l’exemple le plus parlant reste Laura Palmer, une morte en guise de personnage principal). Commençant tantôt comme une série policière, elle dérive vers le fantastique sans que cela ne soit choquant ou déroutant. Le petit pitch : Laura Palmer, lycéenne de 17 ans, est retrouvée morte, le corps enfermé dans un sac plastique. Mais qui peut bien être le meurtrier, parmi la petite douzaine de personnages centraux ? Vue comme une icône dans sa ville, Laura Palmer voit ses secrets dévoilés suite à sa mort, venant ternir l’image de la belle lycéenne, reine de beauté propre sur elle. Petits amis multiples, accro à la cocaïne, escort-girl dans un hôtel de passes… les pistes se brouillent pour nous perdre volontairement dans la recherche du meurtrier. Et quand une autre fille est retrouvée tuée, la traque de ce dernier n’en devient que plus vivace…

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Pour mener les recherches, l’Agent Spécial du FBI Dale Cooper, joué par l’illustre et merveilleux Kyle MacLachlan (connu dernièrement pour son rôle d’Orson Hodge dans Desperate Housewives), est pour moi le personnage clé de la série. Maniaque, futé mais déjanté, élégant, serviable, sont autant d’adjectifs qui le décrivent à la perfection. Cooper se fie à ses intuitions, voire même ses visions, souvent psychédéliques, mais toujours vraies. On se rend d’ailleurs bien compte au bout de quelques épisodes, que Laura Palmer n’est pas le véritable personnage central, mais plutôt lui.

Twin Peaks nous enveloppe dans un univers sombre mais délicat, avec des couleurs qui pulsent, des personnages vivants et des rebondissements volontairement empruntés aux standards du soap opéra. Chaque personnage est unique : un nain, un géant, David Duchovny en travesti, un paraplégique, une borgne folle à lier, une femme se baladant toujours avec une bûche en bois, l’idiot du village, la secrétaire caricaturée, le manchot… tous les clichés y passent, au même titre que les personnages centraux tombent comme des mouches au fil des épisodes. J’ai été quelque peu déçue par le film Twin Peaks (Fire Walk With Me), paru après la série et racontant les derniers jours de Laura Palmer, qui est à mon avis incompréhensible pour quiconque n’a pas vu auparavant la série originelle.

Pour résumer Twin Peaks, tout le monde a quelque chose à cacher, certains avec plus d’importance et de volonté que d’autres, c’est ce qui en fait sa richesse et sa force. Et si vous ne comprenez pas tout à l’histoire, c’est normal.

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La loi des séries

Je devrais commencer à me méfier, tous les six mois ce blog me cause des problèmes. Il y a un an et demi, il y a un an, il y a six mois et maintenant aujourd’hui. Mélou je suis d’accord avec toi quand tu me dis qu’on peut y écrire ce que l’on veut, mais il y toujours des moments où trop d’ambigüité devient porteuse de préjudices. J’ai beau le dire, le répéter cent fois, même y consacrer une page, il y a et aura toujours des lecteurs et lectrices ne connaissant pas assez ce blog et moi-même, qui prendront tout au pied de la lettre. Ecrire est un plaisir, que ce soit pour Alice ou moi-même, mais j’ai l’impression que je devrais me cantonner aux articles d’actualité de la société, pas la mienne, ni celle dont je m’inspire. Moins de plaisir dans l’écriture en résulterait, mais moins d’embarras inutile également. Je devrais donc m’autocensurer pour ne faire que des articles qui plairaient à tout le monde, sauf peut-être à moi.

Ou alors créer un autre blog, beaucoup plus anonyme s’il veut continuer à être tout aussi malsain. Je ne sais pas, je suis énervée autant que je suis blasée. D’autant plus que j’avais prévenu, ce mois-ci allait être un mois expérimental concernant les articles. Ecrire a toujours fait partie de moi, peu importe le nombre d’articles psycho-dépressifs ou hors de la raison qui sont passés sur ce blog. Et plus le temps passe, plus je prends plaisir à écrire. Sur tout, n’importe quoi, lire et écrire sont deux leitmotivs à ma vie. C’est à prendre ou à laisser, je raconterai toujours autant d’absurdités ici. Lire ce que j’écris ou s’en abstenir, le choix est libre.

Roland Garros, mon Amant. [3/2]

Troisième article, sur deux prévus initialement. Un premier sur ma passion de toujours, le tennis, un deuxième sur le tournoi de Roland Garros en lui-même, côté spectateur. Et aujourd’hui un troisième et pour le moment dernier, toujours sur Roland Garros, mais côté staff cette fois-ci.

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Car derrière cet événement mondialement connu, des milliers de collaborateurs et hommes de main agissent dans l’ombre. Des arbitres aux journalistes, en passant par les hôtesses d’accueil, les vendeurs en tous genres, les policiers apprêtés pour l’occasion, les ramasseurs de balles, la sécurité intérieure et extérieure, les restaurateurs et les logisticiens, entre autres, car il me serait impossible d’en faire une liste exhaustive. Les célébrités que sont les tennismen et women ou encore les spectateurs et spectatrices à la Pippa Middleton ont en général tôt fait d’éclipser tout ce bas monde, difficile de dire si cela est à raison ou non. L’envers du décor est tel qu’il n’est pas amené à être dévoilé aux visiteurs lambda, dans l’optique légitime de maintenir la vision idéaliste et magnifique qu’est ce tournoi du grand chelem. Mais ne vous méprenez pas, travailler à Roland Garros n’a rien d’un enfer (avec un seul L à Roland s’il vous plait, tout le monde semblant s’être mis d’accord pour détruire ce prénom), cela reste juste un travail.

Et quoi de plus agréable pour un/une passionné(e) de tennis d’aller chaque jour fouler des pieds ce stade ? Comme de brandir son accréditation à l’entrée avec le moins de fierté possible ? De prendre son temps, avant de reprendre le travail, à la terrasse d’un stand Nespresso tout en écoutant un orchestre jouer la bande son de Super Mario ? Tout simplement de ne pas trainer les pieds en aller au travail, et ça, ça n’a pas de prix.