Mois: novembre 2010

La part du gâteau

Gateau_by_kiosuki

Christine ne peut pas s’empêcher de reluquer ce superbe gâteau. Qu’il soit, selon les goûts, aux fruits rouges, nappé de chocolat fondant ou bien encore caramélisé, elle le dévore des yeux à défaut de pouvoir le dévorer tout court. Elle le veut ce gâteau, le désire tellement qu’une simple part de rien du tout ne pourrait que la satisfaire. Car elle sait que ce dernier est hors de portée, qu’elle ne peut qu’y rêver. Pouvoir simplement y goûter la rendrait alors la fille la plus heureuse au monde.

Après bien des efforts et un énorme coup de pouce du destin, ça y est, elle l’a enfin, sa part du gâteau. Joie ou malheur, il est encore meilleur que ses rêves aient pu l’imaginer. Goût de liberté, de vœu enfin réalisé, de bonheur tout simplement. Seulement voilà, Christine ne veut et ne peut pas se limiter à cette simple part quand tout le reste l’attend à côté, encore plus inatteignable que ne l’était ce morceau pourtant si durement gagné. Si seulement elle ne l’avait pas goûté il aurait été plus simple de ne pas éprouver le désir si brûlant de tout avoir pour elle. Si seulement elle était restée sage, elle n’aurait jamais connu ce goût rendant ses lèvres si fébriles, lui manquant à présent. Mais c’est une vraie diabétique de l’Amour, elle veut s’en passer mais ne peut plus en ressortir le nez une fois concernée. Car elle sait que ça lui fait du bien et qu’elle en a besoin, mais les conséquences font aussi beaucoup de mal, trop, toujours trop. Elle en tremble à présent, elle ne peut plus se suffire à si peu tout en sachant que le reste sera mangé par autre qu’elle. Christine doit être la seule à obtenir ce qu’elle désire, sans en céder une miette.

Jusqu’à en risquer l’indigestion.

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La Personne de Trop : La Troisième !

S’il y a bien une chose qui me fait sortir de mes gonds (parmi un paquet de dizaines d’autres choses) c’est bien quand on m’adresse la parole en utilisant la troisième personne du singulier pour me désigner. Elle fait quoi dans la vie ? Premièrement, si tu t’adresses véritablement à moi, tu ne formules pas tes phrases comme ça. Tu m’as prise pour un nourrisson de deux mois qui ne sait ni parler ni comprendre ce qu’on lui dit ? Elle prendra du café comme tout le monde ? Oui, je reste un être humain et je crois pouvoir faire des efforts de socialisation quand on me le demande (même si boire un café n’est toutefois pas un effort pour moi), quand d’autres ont apparemment toujours des problèmes avec le respect et les bonnes manières. Subir pendant tout un après-midi ces (re)marques de condescendance, volontaires ou non, mais tout aussi désagréables un cas comme dans l’autre, pourrait amener ni plus ni moins à une clarification de la situation par le biais de mots orduriers, de phrases bien placées et d’ironie délicate.

Mais là où ça se complique, c’est quand lesdites paroles condescendantes sont prononcées par des personnes de cinquante années plus âgées que moi. La solution reste de simplement leur faire comprendre par un dialogue censé que je ne suis pas la jeune idiote qu’ils croient voir en moi et que la jeunesse ne rassemble pas tous les défauts. Dussent-ils oublier qu’ils sont aussi passés par là bien des années auparavant. Et elle, elle préfère se faire enterrer ou incinérer ?

Bref, il est minuit, l’heure de mon épisode de Nurse Jackie. Pour faire de beaux rêves, c’est le top. Et pour se détendre aussi ? J’en prendrai bien un deuxième alors.

Welcome To The Jungle !

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Certes, je raconte des bribes de ma vie sur mon blog, mais je me bride énormément par rapport à ce qu’on pourrait croire. Je raconte ce que je souhaite être su ? Oui et non. Car même s’il y a certaines choses que je souhaite être dites, je ne les dirai pas. Par égard des conséquences, concrètes ou non, par égard de possibles personnes concernées mais aussi et surtout, pour maintenir la délicate barrière invisible qui me sert de frontière entre ma vie privée et celle qui mérite de se faire pointer du doigt en étant le centre de potins, de regards compatissants ou de réflexions désagréables ; les uns n’empêchant pas les autres. Comme j’ai eu l’occasion de le vérifier à plusieurs reprises, quand certains de mes billets sont parvenus à dépasser les bornes sans que je ne le veuille. C’est aussi comme cela que l’on reconnait des lecteurs impartiaux à d’autres plus cléments, ayant plus de recul et donc plus de raison. La provocation fait partie de l’environnement de mon blog. Faire des articles sirupeux où tout le monde serait d’accord n’est pas forcément un atout utile à garder jusqu’à la fin de la partie. Le mélange des genres, des idées et des points de vue est enrichissant pour peu qu’on ne reste pas campé sur ses positions et ses idées préconçues sur la vie des autres. Fait encore plus dérangeant quand ladite vie se retrouve placardée sur le net par morceaux décousus, censés montrer plutôt que de juger et se faire juger. C’est pour toutes ces raisons que je continue le petit bonhomme de chemin de mon prétendu livre, qui, sous forme d’exutoire, me permet de récolter tous les articles et tous les mots plus ou moins doux s’étant fait recaler à la porte de mon blog. Contrairement à ce qu’on pourrait donc dire, j’ai tout de même une censure, grâce à (ou dirais-je à cause de ?) laquelle je ne poste que la moitié de tout ce qui me passe par la tête.

Tout n’est question que de réflexion après tout. Ce n’est pas que j’aime maladivement écrire, quoique le mot « écrire » puisse être remis en considération depuis l’omniprésence de l’informatique dans notre monde, plutôt que je réfléchis beaucoup. Qu’ils soient écrivains, mathématiciens ou scientifiques, tous passent leur temps à réfléchir sur des sujets qui les passionnent. Me concernant, mon écriture peut surtout se rattacher à ma faible mémoire. Par peur d’oublier, j’écris, par peur de ne pas me souvenir de moments adorés et adorables, de ne pas me remémorer les périodes moins fastes et ceux qui m’ont blessée, j’écris. Contre ce que pensent les gens, à l’inverse des normes vantant les mérites du beau et surtout du joyeux, j’écris. A tort ou à raison.