GRIM REAPER, TELL ME : WHO’S LEAVING TODAY ?!

« Toc Toc » « Oui ? » « C’est encore la Faucheuse. » « Ah je vous attendais, entrez. »

099

Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas frappé à ma porte. Quand je lui ai ouvert, elle était d’une blancheur affligeante comme pour me prouver que je n’étais pas la seule à qui elle rend continuellement visite. Ca allait bien faire un an qu’elle ne m’avait plus donné de ses nouvelles, jamais elle ne m’avait laissé un pareil temps mort. Et je ne m’en plaignais pas. Plus j’y pense et moins je ne souhaite l’approcher.

Quand j’ai entendu parler d’elle pour la première fois, je l’ai tout de suite détestée. Détestée et admirée à la fois. Mais pour rester dans le politiquement correct, j’utilise des adjectifs négatifs à son encontre lorsque je suis en société. Admirée car elle m’a toujours impressionnée de par le mystère qui l’entoure tel un halo, comme lorsque je l’ai vue alors que j’étais toute gamine, elle, déjà morte de fatigue.
Elle était venue pour prendre un grand frère, ou en tout cas un garçon que je considérais comme tel, sous prétexte d’un accident de la route. Puis tout est allé très vite, ses visites se faisaient plus fréquentes jusqu’au jour où elle importa d’un coup cinq personnes de mon entourage. Encore sous cette foutue excuse d’accidents de la route. Elle transforma cinq de mes amis, cinq humains en cadavres en l’espace d’un seconde. La seconde de trop.

Je ne voulus plus jamais entendre parler d’elle. Quand on l’accusait de mille maux aux journaux télévisés, cela me passait au dessus de la tête. J’avais connu la Mort de trop près pour avoir le pouvoir de ne plus me sentir concernée par tous les désastres mondiaux qui me frôlaient la mort dans l’âme.

Elle m’a rattrapée une nouvelle fois l’année dernière. Puis la semaine dernière, encore plus tranchante qu’auparavant. Elle ne m’avait jamais joué un aussi mauvais tour. Mourir sans raison est une chose, mourir en se donnant volontaire en est une autre.
Pour ceux qui le connaissaient de loin, il a été retrouvé mort un matin de novembre dans son lit. En ce qui concerne ses intimes, les gendarmes sont passés les voir le jour même pour leur dire la nouvelle. Et ses explications, si explications il y a. Il s’est pointé une chevrotine sous la mâchoire, le jour même de la fête de sa défunte épouse. Même Kurt Cobain ne parvient plus à me faire esquisser un sourire.

Culpabilité, remords et peines sont les seuls sentiments que la Faucheuse me dépose sur le bord de mes lèvres cramoisies avant de refranchir le pas de ma porte en me chuchotant « A bientôt ».

Publicités

Un commentaire

Laissez un commentaire si le coeur vous en dit !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s