L’Ultime Sacrilège.

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A ma gauche un ordinateur et un gentil geek pianotant intelligemment devant une partie de Callof. Droit devant moi, évidemment, mon laptop blanc crème avec ma souris, blanche elle aussi, blanc pomme. Mes yeux oscillent entre les deux écrans et les fenêtres de conversation clignotantes. Je m’arrête toutes les cinq minutes le temps de relancer le téléchargement des épisodes d’un anime, et ce temps perdu, le reste surtout pour mon pauvre petit cerveau qui perd, à chaque arrêt, le peu d’élan d’imagination qu’il avait jusqu’alors emmagasiné. Il fait froid. Ou plutôt, j’ai froid. Je me faufile jusqu’à une chambre proche et saisis le premier blouson que je sens sous mes doigts : un blouson noir avec une croix satanique et le logo du groupe Chimaira. Tant pis pour la gueule du blouson, j’ai froid après tout. Les basses Ashdown, branchées à un ukulélé, font résonner sous mes pieds, le son nostalgique d’une fin de soirée tranquille.

Allant fumer un joint dehors, je réfléchissais à ce que je pouvais rajouter à ce texte qui ne semble rien dire de bon. Et puis il n’est pas vraiment glauque non plus, bizarrement. Encore plus bizarrement, je n’ai aucune idée de tristes pensées à coucher sur le fichier word, ouvert depuis maintenant plus d’une demi-heure. Peut-être ai-je fait le tour de tout ce qu’il y a de méprisable en ce monde. Non, bien sûr que non. Un blog n’y suffirait pas. Mais quand je ne pense à rien de tel, rien de sombre, de choquant, il ne me vient à l’esprit que d’arrêter mon blog. Les aventures rose-bonbon, les histoires lancinantes de naïveté, les nouvelles qui donnent envie de sourire sont tellement rares et par définition si naïves et rose-bonbon qu’elles ne méritent pas que l’on s’y attarde. On m’a souvent félicitée pour mes derniers écrits et faite culpabiliser pour les horreurs que j’y racontais. Mais si ces écrits sont poignants, c’est parce qu’ils sont réalistes, et le sont bien trop à mes yeux. J’écris autant pour expier mes fautes que celles des autres.
Et j’attends avec impatience ce jour. Le jour où je n’aurais plus rien de sombre à raconter, le jour où toutes mes plaies se seront enfin cicatrisées.

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4 commentaires

  1. Au départ je pensais que tu nous faisais ton « avant que l’ombre » des ptits adieux, mais ta phrase de fin me fait dire « ouf, je vais encore avoir de la lecture alors » :d:d

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