Mois: septembre 2008

Métro – Boulot – Dodo. Acte I

J’ai déjeuné avec l’un des meilleurs journalistes people du moment, tu sais celui du Figaro, hier midi, et il a été incapable de me dire de qui était enceinte Rachida Dati. Comme elle était dernièrement avec le pdg de Véolia je me demandais si … bla … bla …bla

Voilà ce que me disait ma collègue de bureau ce matin.

Evidemment quand on travaille dans le journalisme ce genre de phrases n’est pas isolé, il suffit juste de faire le tri automatique des informations entre celles anodines et celles un peu plus primordiales, liées au boulot de la journée. Mais peut-on parler de boulot quand on est un simple petit stagiaire à qui l’on refile généralement les travaux souvent fastidieux et généralement répétitifs ? Ce n’est pas vraiment du travail à proprement parler puisque j’ai le temps d’écrire des textes pour mon blog. Alors quoi ? On arrive le matin en prenant un café fumant en écoutant les demoiselles papoter célébrités et les messieurs argumenter politique et on se dirige d’un pas décidé à son bureau, content de retrouver un ordinateur, son propre ordinateur personnel, après un bon temps de transports en commun. A vrai dire un bon temps à se faire bousculer et à gueuler contre les autres, qui sont toujours fautifs.

metro

On arrive alors tranquillement, à moitié avachi par le sommeil et l’autre moitié de force restante évaporée dans les transports, on salue les quelques personnes que l’on reconnaît, que le maître de stage nous aura présenté ; approximativement cinquante personnes en un quart d’heure, ce qui explique assez facilement pourquoi je n’appellerai jamais une seule personne par le prénom qui la caractérise.

La matinée est parsemée de coups de fils reçus, coups de fils passés, avec à chaque fois les mêmes paroles à la virgule près à répéter à chaque interlocuteur, en précisant juste son nom lors de la conversation pour que celui-ci se sente concerné et unique, comme tous les autres avant lui.

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C’est le Chant du Psylo qui Supplie, Qui Joue Avec les Âmes et Ouvre les Volets de la Perception.

Un jour après l’autre, on se lève, un matin généralement, et on commence la journée en repoussant négligemment de quelques minutes le réveil qui vient de sonner, ce réveil posé à un bras de long des oreilles pour ne pas avoir à se lever pour l’éteindre.
Et là c’est le combat entre l’envie et le devoir, le calme et la raison ; la raison l’emportant souvent plus que d’elle-même c’est ainsi que jour après jour, on se lève, un matin généralement, et que l’on commence la journée.

Paris, Je T’Aime.

Paris pour certains, c’est la pollution, la chaleur, la pauvreté, les sdf sur les quais de Seine, du monde, beaucoup trop de monde, un vrai labyrinthe, un subway incompréhensible, du bruit, les hlm de banlieues, la violence, les alcooliques sous les ponts, les agressions dans le métro, les vols, les accidents, les meurtres et la Mort.

Paris c’est aussi pour d’autres les musées, le luxe, la plus belle avenue du monde, le modernisme, les grands magasins, les théâtres, la baguette de pain et le béret, la Tour Eiffel, les boites de nuit, Châtelet les Halles, les expositions, la Défense, la ville qui ne dort jamais, le strass, les paillettes et la Vie.

Paris je ne peux pas te critiquer, je vivrai avec toi en attendant de vivre pour toi. Je profite innocemment de tes points positifs en défiant tous les jours tes défauts. J’ai peur quand je rentre chez moi le soir quand il n’y a personne mais je suis en sécurité dans une rame de métro bondée quand je patiente pendant les vingt minutes de trajet qui relient la Défense aux Halles. J’ai peur des gens quand je ne les vois pas, je veux pouvoir me protéger d’eux en m’en rapprochant le plus possible.

Je suis naïve alors je me confie à toi, à tes loisirs le temps d’une nuit de fête de la musique, à tes musées quand je veux me ressourcer à travers les yeux de Mona Lisa, à tes parcs bondés et tes bancs discrets quand je me blottis dans les bras de mon homme en face de la bibliothèque nationale et du MK2 qui brille de ses mille feux.

Je t’aime mais j’aime te quitter quand tu me mets en colère en pensant avec culpabilité quels désirs tu fais naître chez les gens qui ne te connaissent pas bien. Tes habitants t’apprécient et te chérissent, ceux qui te veulent crachent sur toi avec mépris ou te regardent avec ce regard de fièvre qui semble dire Prends-moi. Tu donnes une image que tu maîtrises à la perfection, tu veux paraître désirable mais tu es pourtant tellement insaisissable et tu le sais.

___Feu_2____by_Yutichou

Paris, ville de lumières et ville de recoins sombres, je te connais en journée, je te connais de nuit, je te connais du quartier chinois aux Champs Elysées en passant par Notre très belle Dame mais je suis pourtant certaine que tu n’as pas encore tout dévoilé de tes facettes, ton marché souterrain que je fais marcher comment tant d’autres l’ont fait avant moi, ton fleuve qui laisse aussi beaucoup de mystères sous son lit, tes touristes que tu chéris de peur de les perdre, tes vendeurs à la sauvette sur le Champ de Mars, tes jeudis soirs before / during / after, tes logements hors de prix et tes cafés à trois euros, la mondialisation que tu subis en acceptant dans tes rues les Mc Do et les Starbucks, les KFC et les UGC, tes monuments historiques et ta butte de Montmartre réservés aux fans de Moulin Rouge.

A l’instar de Grand Corps Malade, je connaissais déjà Paris le matin, je n’arrive juste pas à savoir jusqu’où va ton hypocrisie. Comme tout je t’aime en te détestant, en disant de mal de toi, en te fuyant et en mettant de la distance entre nous deux.

Et quand je ne te vois plus, tu me manques, moi la petite parisienne très influencée bourgogne et chocolat, la fana de chaussures et de sac Longchamp qui semble crier « Regarde moi je suis parisienne, viens me draguer que je te repousse, viens m’offrir un verre que je parte avec, viens m’offrir une cigarette pour que je finisse au lit avec toi ».

Paris, juste un vice, une envie, un besoin. Paris je t’aime.