Un cri. Un bruit. Le silence.

Un cri. Non dans la nuit mais un cri tout de même, et pas des plus inaudibles.

Il me suffit de quelques secondes pour m’apercevoir d’où il vient : de la maison voisine sans l’être ; voisine car oui c’est la seule maison aux alentours de la mienne ; non voisine car elle est à une centaine de mètres et ses habitants ne m’ont jamais adressé la parole.

Viennent les premières paroles que je vais entendre de mes « voisins », une fois féminine, forte je vous laisse l’imaginer puisqu’elle arrive à me parvenir « Arrête de me frapper ! Arrête ! Arrête ! ».

Des bruits sourds et on ne peut plus bruyants, des portes qui claquent, et moi, allongée dehors qui me redresse peu à peu, mettant ma main en visière pour affronter avant tout le soleil.

Une fois le moment de surprise passé vient la question, question informulable, qu’on aimerait de pas avoir à se poser : Qu’est-ce que je fais ?

Je ne connais pas leur nom, pas leur visage non plus ; le propriétaire m’avait juste dit de ne pas trop faire de bruits en traînant la nuit dans les hangars environnants car son cher futur locataire pouvait arriver à tout moment …armé. Et j’ai bien vu à son regard qu’il ne rigolait pas.

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J’en étais là, en train de jouer à pile ou face avec le bon bout de ma raison, si fier à Gaston Leroux quand j’entendis une autre phrase troubler le silence, une phrase, un appel sans appel « Au secours ! Il veut me tuer ! » et puis une voiture avec un homme, seul, qui s’en va.
Etre sur le fait accompli et devoir réfléchir avant d’agir complique les choses au plus haut point. Le danger c’est pourtant ça qui m’attire, qui me passionne, le danger inconnu un peu moins. Appeler ? Pour décrire une scène courante, interprétée par des personnages que je ne connais pas, à un nom qui j’ignore et une adresse qui ne m’est ainsi dire pas familière ? Oui, car c’est comme ça que ça se passe, et là, il ne faut pas avoir peur des représailles, ni peur des autres. C’est ainsi, pendant dix minutes ou peut-être une heure que je m’interrogeais. Je vais voir comment elle va ? Que faire s’Il revient ? Toutes ces questions qui semblent dérisoires une fois formulées mais qui pourtant restent sans réponses.

Et là un bruit, plus qu’un bruit, un son. Un son qui ne m’est pas inconnu mais que je n’ai jamais entendu ici. Le son d’une sirène, une ambulance qui arrive, suivie par la gendarmerie.

Bien. Elle est en sécurité entre leurs mains désormais. Mais je n’ai rien fait. Et le bruit que fait le silence n’est là que pour me rappeler et faire résonner en moi le son de la culpabilité.

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6 commentaires

  1. superbe (enfin pas l’histoire mais la façon dont c’est écrit).. c’est clair que on réfléchit trop mais si tu t’étais prise un coup de bastos dans le cul…
    que faire dans ces moments là? seul le moment venu répondra à cette question

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  2. euh non elle est française, arrête de dire du n’importe quoi d’abord!
    seul quand le moment où on sera dans cette situation répondra a la question « que faire dans ces moments là »

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